‹ Réflexions d'un solitaireChapitre 1 sur 84 · REPRODUIT EN TÈTE DE CE TOME · texte numérisé non relu

REPRODUIT EN TÈTE DE CE TOME

L'iconographie de Grétry est abondante et les œuvres évoquant la figure du maître liégeois sont encore légion. Il en fut et il en est encore de nombreuses, signées des plus grands noms : M"ie Vigée-Lcbrun, Houdon (i), Pajou, Isabey, Moreau le Jeune, Pierre Adam, Flatters, David d'Angers, Stouf, Robert Lefèvre, Ruxthiel, etc., exposées pour la plupart aux Salons de Paris de l'époque en 1781, 1783, 1810, 1812.

La « Maison Grétry », à Liège, possède toute une collection de miniatures et de dessins, de gravures et de lithographies, de pastels et de peintures.

Le buste reproduit en tête de ce deuxième tome exista en marbre; il n'en subsiste que le plâtre, qui appartient au Musée des Beaux-Arts de Liège, où il est communément dénommé : le « buste de Pajou », comme le porte le catalogue de ce Musée. Un moulage existe à la Maison Grétry.

Or, cette œuvre n'est pas de Pajou, à qui cependant elle avait été commandée pour être placée « sur l'avant-scène du théâtre de la ville », le 2 3 septembre 1780. Ce buste serait du sculpteur liégeois Evrard, ainsi que nous le savons par le discours prononcé, lors de la cérémonie d'inauguration, par Fabre d'Eglantine, vantant notamment « les charmes du ciseau » de l'auteur. Et pourtant, au Salon de Paris de 1781, était exposé, de Pajou, un « Grétry, buste- marbre pour les États de Liège, patrie de ce célèbre musicien, pour être placé sur le théâtre delà ville ». L'envoi du sculpteur n'était toutefois qu'un plâtre, comme nous l'apprend une brochure anonyme du temps !

Que faut-il croire? Il y a lieu de penser que le buste de Pajou ne fut pas livré, pour une raison ou une autre, et que la municipalité de Liège commanda à un artiste liégeois un buste en marbre qui n'aurait été que la réplique ou

(i) Commauilé pout le îoycT de l'Opéra (i7''^5).

plutôt la copie de Tncuvrc du célèbre slatuaire tVan»,ais, étant doiuiée l'identité à peu près absolue des deux bustes, identité constatée par M. Henri Stein, historiographe de Pajou.

Au reste, quoique l'ensemble, l'allure générale et les détails matériels des deux bustes soient en effet semblables, l'œuvre française donne une impression plus àprement vivante que le buste d'E\rard, qui ne serait donc t]u'unc copie. Une galette de l'époque, la Galette de Liège, écrivait d'ailleurs, le 25 septembre 1780, au surlendemain de la fête de commémoration en l'honneur de Grétry : « Ce buste est exécuté d'après l'excellent modèle fait à Paris par le sieur Pajou. "

Au « Salon de la Correspondance », en 1783, le buste de Grétry par Pajou réapparaissait.

Cette œuvre est encore, actuellement, à Paris, et fait partie de la Collection David Weill, à Neuilly s/Seinc.

Le buste ici reproduit serait donc le « buste » de Pajou... par Evrard.

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