B^UN HOMMB DE QUALITÉ
tés ; discret par rapport aux affaires publiques et domestiques ; discret dans les égards qu on doit aux autres , soit pour ne les blesser en rien, soit aussi pour ne les pas flatter bassement et impertinemment ; discret quand on sait quelque chose, pour ne pas en faire parade, et plus discret encore quand on ne sait rien, pour couvrir du moins un peu son ignorance ; discret à Të* gard des jeunes gens qui ne taisent rien , des femmes qui rapportent tout , des vieillards qui se fâchent aisément , des gens en place qui ob« servent jusqu*aux moindres choses , des littérateurs qui cherchent à railler , des hommes malheureux qui croient qu'on insulte à leur malheur. Cet article entraînerort des dëvéloppemens infinis. Un bon esprit y suppléera aisément.
L'homme de qualité traite souvent avec des inférieurs , et il leur doit de k vigilance , pour qu'ils remplissent leurs devoirs ; de la douceur, pour qu'ils ne sentent pas trop leur dépendance ; d€ la bienfaisance , pour qu'ils soient soulagés dans leur misère. Un grand doit être un homme d'ordre , un homme plein â*humanité , un homme toujours prêt à faire du bien. Sans Tesprit d'ordre un homme de qualité est pillé et mal servi par ses inférieurs ; sans Tesprit de douceur, il est détesté et abandonné ; sans l'esprit de bienfaisance , il n'est ni aimé ni estimé. Quand Tordre manque dans la maison d'un grand , la douceur et la bienfaisance deviennent en lui des vertus inutiles;
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quand 11 n est pas bienfaisant, l'esprit d^ordre le porte à l'avarice ; c^uand il est d'une humeur difficile , on ne lui tient point compte de sa bienfaisance. Ùordre règle la bienfaisance , et la douceur ajoute aux bienfaits»
Je viens aux devoirs de Thomme de qualité par rapport aii public ; et je crois qu'ils se réduisent à Famour du prince et de la patrie , à fapplication au travail , au bon exemple.
Un grand doit tout au prince et a la patrie.
Si Tun et Tautre avoient été indiffêrens sur le mérite de sesi ancêtres , ce grand , cet homme si décoré aujourd'hui de titres et de prérogatives , ne seroit rien de plus que les citoyens les plus obscurs. Les premiers Montmorenci , les premiers Gontaut , les premiers Créqui qui furent illustrés , ily a quelques siècles , étoient âes Heiros; mais q^e le prince et la patrie les eussent laissés sans distinctions et sansv récompenses, ils se seroient ennuyés, dégoûtés, dé* courages ; et ils auroient préféré une oisiveté tranquille à un service in&uctueux. Ceux qui ont succédé à ces grands hommes ont profité et profitent encore des avantages que leur pères ont retirés de leurs travaux; Ces descendans doivent donc, par honneur, par veconnoissauce , par justice , avoir pour le prince et pour Ta patrie le même zèle qjii'eurent les auteurs de leur illustration. L*amour du prince et de la patrie s*afToiblit en raison de Taccroissement du luxe , de Tamour des plaisirs , et de l'irréligion» Un grand tout occupé de sou faste , de ses ve-