‹ RéflexionsChapitre 103 sur 109 · SUR L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

SUR L'ÉDUCATION

sentimens, ils* sont sans éclat dans la société, ils ne pàroissent dignes de toute amitié et de toute confiance qae quand il s'agit d* obliger. Alors leur belle ame se développe ; et la sincéyité pure avec tous ses charmes joue un rôle que tout l'art des courtisans ne peut imiter. Il en est de même de ceux que la nature n'a pas favorisés d'un extérieur attrayant, d'un abord engageant , d'une manière de s'expliquer grâeieuscLa sincérité habite souvent dans ces hemnie;3^qiie la société rebute C'est l'occasion qui met en œuvre cet or caché. Mal à- propos se pré- Tiendroit-on contre les apparences-L* expérience &it voir que le cœur est* indépendant d'un accessoire souvent trompeur , et quela physionomie est un mauvais interprète des sentimens.

Dans les détails de Téducation , on doit extrêmement insister sur ces deux aimables vertus , la simplicité et la sincérité; Les exemples de Tune et de l'autre ne sont pas rares dans l'histoire de la religion. David fit de grandes fautes dans sa vie; mais il eut le cœur droit , et cette qualité précieuse lui attira les faveurs dtr Ciel. Le saint homme Tobie fut un modèle de candeur et de sincérité. Ses exemples et ses leçons feroien% désirer que tous les hommes avec qui Ton est obligé de vivre , lui ressemblassent. Daniel et ses compagnons firent triompher la< vérité dans une coup livrée au'mensonge. Le vénérable vieillard Ëléazar aima mieux périr dans les tourmens que de donner la moindre atteinte a la sincérité des* sentimens dont il faisoit pro-

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fessi'on. L'apôtre saint Paul disoît que et gui faisait sa gloire , e ^itoit de s ^étre comporté avee un eœur survie et sincère devant Dieu, non selon la prudence de la chair, mais sehn la grâce de Dieu (i). Il nV a 9 en effet, que la grâce , qui donne la simplicité et là sincérité évangélique; Les meilleurs earacl^es abandonnés à euxmêmes ne feront que â*honnêtes païens; ils pourront plaire au mondé , mais le cœur n*étant point droit selon Dieu , ils n'auront pour récompense que la considération dont on jouit parmi les hommes.

(i) a Cor. I. 12,

DEVOIBS

Wm HOMME DE QUALITÉ.

Un homme de qualité ^ et de profession militaire^ demande quels sont les devoirs de ce qu *on ap^ pelle un honnête homme envers les particuliers auxquels il a affaire , et le public dont il fait partie.

Les devoirs d'un homme de qualité , envers les particuliers et le public , ne sont pas coD^me les devoirs des personnes du commam Un homme de qualité doit se regarder comme placé sur la terre par la Providence, pour contribuer, plus que les personnes ducommun , au bonheur des particuliers et du public.

Un homme de qualité ,. qui sauroif réfléchir, devroit se dire à soi-même : £n remontant de* puis moi )usqu à Noé, le réparateur du genre humain , il n'y a qu environ* six: vingt générations , et il n'y en a ni plus n» moin« depuis le dernier des citoyens , jusqu'à la même époque. Cette considération établit une grande égalité entre moi et tous les hommes. Mais la Providence a voulu que , depuis quelques siècles ,

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non-seulement à n'avoir point d'ami», raais \ être haï , fui et méprise de tout It monde.

La tolérance des défauts d*autrui n'est pas moins nécessaire ; et elle est presque aussi difficile. Un sage a dtt que» pour être content des » meilleures personnes , il falloit savoir se con- » tenter de peu et souffrir beaucoup. » A entefndre les enthousiastes ou les flatteurs des so*ciétés y on trouve , dans le grand monde , de^ hommes clïarmans , adorables ; mais cela ne se vérifie que dans un moment de conhnerce, et se détruit dans des rapi^orts suivis. Quiconque traite avec les personnel du grand nrbûde, doit être disposé à leur passer tout, sans quoi on sera obiservateur chagrin , médisant , misân-^ thrope , insoôiafolé , et voilà les pestes du com-^ merce enlre égaux. It n'y a proprement que la charité chrétienne qui donne la tolérance des défauts d'autrui ; et c*est à quoi Thomme de qualité devroit tendre : mais comme on ne touche pas ici l'article de la religion, je dis qu'au moins il faut faire un effort de vertu humaine pourrie pas s'aigrir cotvtre les défauts des hommes , contre leurs rodomontades , conti*e leurs puérilités, contre leurs jalousies, contre leurs malignités, contre leurs fadeurs , contre leurs perfidies, contre leurs faussetés, etc.

La discrétion suppose tant dé sagesse , tant de réflexion, et un si bon esprit , qu'il est infiniment rare de la trouver parmi les gens du grand monde. Il faut être discret dans le choix des amis , dans les confidences , dans les intimi-^

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