BEMAEQUES SUR LE TOUT
après Tautre , et j'ai trouvé dans Toraison qu'il y avoit là un progrès admirable d'idées. II y a des sensuels qui veulent goûter tout , des cu-^ rieux qui veulent savoir tout , des avares qui veulent posséder tout, des ambitieux qui veulent êtFe tout ; ces gens-'là sont des aveugles. Pour goûter tout , il faut n'avoir de goût pour rien^; pour savoir tout , il faut désirer de ne rien savoir ; pour posséder tout, il faut souhaiter, de ne rien^ posséder ; pour être tout , il faut vouloir n'être rien.
Il y a des gens peu sensuels, mais curieux de science , mais fort jaloux de posséder quelque chose *, enfin il y a des gens qui ne se soucient ni de plaisirs , ni de science , ni de richesses-, mais qui veulent être quelque chose dans le monde ; et ce dernier état est la manie de tous les hommes. Un manœuvre veut avoir de la cansidération dans son ordre et parmi ses égaux ; et nul , hors les amis et les disciples de saint Jean de la Croix , ne dit dans le fond de son cœur : Je veux n'être riefir
Voici donc un grand travail : pour entrer dans le tout de IKeu , il faut renoncer à la sensualité , à la curiosité, à l'esprit de propriété , à la vanité ;. il faut embrasser la mortification , l'abnégation, la désappropriation , rhumiliation : c'est cette quadruple nuit où il est nécessaire de se plonger pour parvenir à la lumière du iouL
3\ï considéré le tout de Dieu , et j'ai connu qu'il éloit toute suavité , toute science f toute