‹ RéflexionsChapitre 17 sur 109 · SELON LA DOCTRINE DE SAINT JEAN DE LA CROIX · texte numérisé non relu

SELON LA DOCTRINE DE SAINT JEAN DE LA CROIX

ii'usAGE en est saint , puisque l'Eglise l'autortse et le recopmande ; mais il faut joindre à cet usage les réflexions suivantes :

i.^ Les images ne sont honorées que d'un culte relatif aux objets qu'elles représentent « comme Jésus-Christ , sa sainte Mère, les saints, etc.

2.^ Il ne faut point attacher son cœur aux images ; ce seroit vouloir satisfaire le cœu^ par les sens. Les images doivent servir à l'élévation du cœur vers les objets qu'elles représentent , elles ne doivent pas le fixer.

3.® C'est une illusion que de rassembler beaucoup d'images , de les arranger d'une certaine manière, de les habiller selon lès nouvelles modes, de choisir les plus précieuses ou les mieux travaillées. Ceux qui en usent ainsi ont souvent le cœur très-vide de Dieu. Si on leur ôtoit un beau crucifix pour leur en donner un de bois ou de papier , ils seroient au désespoir;; preuve que leur affection est toute naturelle.

4«® Il faut avoir des images décentes , mais

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communes ; leur porter du respect , maïs sans attachement naturel ; prier Jësus-Christ et les saints en présence de ces images, .mais détacher son esprit et son cœur de ces figures matérielles, et se reposer uniquement dans les objets dont on a voulu se rappeler le souvenir par les images. 5.^ Les saints eurent peu d^images , se contentèrent des oratoires les plus simples , des chapelets ou rosaires les plus communs. Tout respiroit , dans rextà*ieur de leur dévotion , la simplicité et la pauvreté ; mais ils et oient riches en sentimens : tout leur intérieur étoit amour. La tue d'une image quelconque les enflammoitv parce que leurs sens n étoient que les admoniteurs , et non les auteurs et les fondemens de leur dévotion ; parce que Iç Saint-Esprit prioit dans eux , et que leur cœur prenoit son vol vers les biens intellectuels , sans s'arrêter aux objets sensibles.

DE L'IKTÉRIEUB

MEDITATION

De la vie de Jésus-Christ en lui-même , de rintérieur de Jésus-Ghrist,

Lia vie de Jésus-Christ, à l'extérieur, n'e'loit que vertu et que miracle ; mais fiotérieur de l'Homme-Dieu dont tout cet extérieur était animé, fut quelque chose de bien plus noble encore et de plus divin. Entrons dans le foud de son ame , pour ainsi dire , et quand nous au» rons compris quelque chose de ce qu'il e'ioil au dedans , efforyons-nous de l'imiler en ceci beaucoup plus encore que dans tout le resle. C'est ce qui s'appelle être vraiment intérieur , et c'est en quoi consiste principalement le vrai religieux.

Ou peut distinguer dans l'arae de Jésus- Christ , comme dans la notre , trois sortes d'opérations : celles de l'esprit , celles du cœur, et celles de la faculté qu'ont nos âmes de mouvoir les puissances corporelles, et d'agir au dehors.

1" Point. L'esprit de Jésus-C/irisl, A quoi pensolt-11, et quels jugemens formoit-il de toutes choses? Ses pensées étoient toutes en Dieu, et jtoutes pour Dieu. L'extérieur ne le touchoit qu'autant

DB JÉSUS-GHBIST. ^3

qu autant qu'il pouvoit le ramener a Bleu. Dans toutes les créatures , comme dans un miroir , il rencontroit la puissance , la grandeur , la sagesse de Dieu. S'il méditoit quelques desseins , s'il se permettoit de former des projets , c'étoit uniquement pour la gloire de Dieu. De là cette facilité qu'il avoit à s'entretenir avec Dieu les nuits entières , sans distraction et sans dégoût ; à se tenir uni à Dieu dans les occupations de sa mission les plus dissipantes et les plus embarrassantes ; à revenir aussi aisément de l'action à la prière , que les autres hommes passent volontiers de la prière à Faction..,. S'efforcer de l'imiter en ceci , c'est le premier pas à la vie intérieure. L'inutilité de tant de pensées vaines , auxquelles volontairement nous nous appliquons, est la cause de ce tumulte involontaire dont notre esprit se trouve agité au temps qu'il voudrolt le plus se recueillir. Il ne s'agit pas ici de pensées mauvaises ou dangereuses : on en sait trop le crime et les suites funestes. Mais , outre que la mortification des pensées inutiles est la mort des pensées mauvaises , et que des unes aux autres le pas est toujours très-facile à faire pour un esprit qui n'apprend pas à se cap'-: tiver ; est-ce aimer Dieu de tout son esprit (i) , que de permettre à son esprit de s'occuper de ce qiii n'a pas de rapport à lui. Perd- ou moins de temps à penser , qu'à parler inutilement , et doit-on craindre beaucoup moins d'en rendre compte ^ La solitude extérieure sert donc de

(r) Luc. xo. 27,

OEuvr^ Spir, V. D

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peu a qui ne se fait pas un esprit solitaire ; elle nuit même beaucoup quelquefois. Dans ces lon^s momeiis de rêverie;^,, si Ton ne p^/^e. paç. au cnme r on pense à des vanitiéa-; et les passiiOfns. ne se fortifient guère moufs par 1a i^e^r^entation des objets abs^ns-v que par Ut jouissance des objets présens qui bs flattent* Spfiu }ainais d*esprit d*orai^n ; et quelle p^te ^ si. bors de Toraison même oa ne sid fait une lai de ne sq sépar,er jan\ais volontairement deDie^n par la: pensée !... On craint de s^enanj^r^, c^* p^eofîaot toujours à Dieu., ou à quelque chp^e d^rbon :: mais cje^.pr^miers ennuis. seraient suivie bientôt, d*une heureuse habitude > qui (eroît tfnxt». la force et toute laxoinsqlation dci npti^ nt*^ On ^ dit : L*ame de Jesus-.Ctu:i$t , unie comme elle; étoit à la. divinité ^ ne pouvvoit pas même nf) point penser à Dieu , oa penser. W& 4e;lui> à quelque autre chose. Ji\ est vrai.; mais, ili m, s'en . servoit pas moin^ dés secomrs^ e?^iem:;$i i^ qui eusseiit pi^ lui rendi'e Dieu toujpuFS>p?éaent ; Ja solitude , le silence , le neCtUeiUemenC des senS' et de Timagination. Cest en cela, qu!on veut qpe nous rimitions. : la g^âce aidera, ces pre* nners efforts ; et.il se pourra.former dans nous une vue deDieu si intime, qu ellefera, en^quelque^ sorte, ce que faisait dans Famé du Sauveur Tur nion nécessaire avec la divinité. Ainsi l'éprouvèrent tant.de saints, pour qui là présence et la pensée de Dieu étoiçnt devenues comme naturelles» Mais avec de telles pensées , quels étoieut les jugemens de Jésus-Christ? Je juge ^ disnit-il

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