‹ RéflexionsChapitre 28 sur 109 · AU PÈRE ETERNEL · texte numérisé non relu

AU PÈRE ETERNEL

Je me représente lé Père étemel créant le moi^ de , envoyant son Fils sur la terre , et soumettant ce cher Fils à la mort. Je reconnois , dans ces trois grands événemens, la puissance , la bonté 9 la justice infinie de mon Dieu.

Puissance mfinie de mon Dieu dans là création. Quel autre que le Tout - Puissant a pu choisir cet univers entre une infinité d^autres^ mondes possibles qu'il voyoit dans sa divine essence ? Quel autre a pu faire que ce qui n étoit pas commençât à être ; établir Tordre et l'harmonie entre toutes les parties de ce tout

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immense ; donner la lumière aw^ astres « la fécondité aux plaptes, Tinstinct aux animaux; former des substances capables de connoUre , de raisonner , d aimer ?

Bonté infinie de mon Dieu dans la mission de son divin Verbe qu il a uni à notre nature. Le monde étoit perdu; il avoii besoin d'un réparateur , d'un législateur, d'un modèle. Le Yerbe incafné remplit celte triple fonction , et le genre humain sort en quelque sorte une seconde fois du néant. La grâce rauime les esprits ; le germe de Timmorlalité est rendu aux corps ; tout l'homme est renouvelé , vivifié , ivmise.

Justice infinie de mon Dieu dans le sacrifice de ce cher Fils Tobjet de ses complaisances. Il faut que Thomme satisfasse pobr le péché ; il ne le peut par ses propres forces : le péché , dans sa malice , est d*un ordre supérieur , parce qu il outrage une majesté infinie. Cette justice divine , dont les droits surpassent toute mon intelligence, frappe THomme-Dieu ; et la satisfaction est complète, surabondante, infinie.

Dieu infini dans votre puissance, dans votre bonté , dans votre justice ! qui suis-je pour m'occuper, en votre présence, de tant de merveilles? Vous avez dit, et tous les êtres qui remplissent cet univers ont existé. Je ne sonde point cet abîme de puissance, cette force ^'opéralion qui surpasse toutes les conceptions des anges et des hommes. Quand je demanderois à Moyse , comme saint Augustin le dési*

roit, quil me développât de plus en plus Torigine des choses, il ne me diroit que ce qu'il a écrit : Dieu a tout fait, et tout ce qu'il a fait étoit très-bon» Mais ce qui me touche , et ce qui me remplit d'un respect prpfond pour votre adorable majesté , c'est que toutes ces créatu^ res y l'ouvrage de vos mains , quoique très-distinguées de vous , puisqu'elles sont finies , sont toujours en vous, et que vous êtes toujours en elles. Le Ciel et la terre ne vous contiennent pas , puisque vous êtes infini , mais vous les contenez dans votre immensité ; vous êtes le lien de tout ce qui existe, et vous n'êtes que dans vous-même. Oui , mon Dieu , tandis que )e me prosterne à vos pieds , que je forme quelques désirs pour m'approcher de vous , vous êtes déjà dans moi. Hélas ! rien ne devroit m'étre aussi familier que Texercice de votre sainte présence; mais ma dissipation, ma légèreté , mes passions élèvent un mur de division entre vous et moi.

Du moins, Seigneur, ce mystère ineffable de Jésus-Christ devroit m' engager à me tenir auprès de vous. Par Jésus-Christ et avec Jésus- Christ j'ai contracté avec vous une alliance toute divine. Vous habitez par vous-même une lumière inaccessible; mais Jésus-Christ , mon di- ' vin médiateur , me prend comme par la main , et m'introduit dans ce sanctuaire. Vous étiez un Dieu caché pour les Juifs et pour les gentils ; mais vous vous manifestez aux chrétiens , parce qu'ils sont les frères de Jésus-Christ et

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les héritiers de voire royaume. Gomment se faitil donc que îe ne vive pas en vous , puisque je <dois vivre de Jésus^Christ , et en Jésus-Christ, comme TApôtre?

Ah ! si je ne saisis pas ce nœud de mon alliance avec vous , )e dois craindre tous les fléaux de votre justice. Jésus^Ghrist a satisfait pour moi ; mais ses- satisfactions ne me seront point appliquées si je i^is toujours loin' de lui et de votis. Jésus-Ghrist , immolé pour moi , m'apprend à concilier votre bonté infinie aveiî votre justice infinie, et par là je triomphe de tous les vains raisonnemens de Timpie. Mais me suffira-t-il de nêtre pas incrédule , si je suis lâche et inconstant dans votre service , si je ne mets pas à profit les miracles de votre bonté et de votre justice, si Jésus-Ghrist sur le Calvaire ne m'apprend pas que je ne suis plus à moi , mais à vous ? Je verse des larmes à vos pieds , ô Dieu de toute majesté ! et je vous conjure , par les plaies sacrées de mon rédempteur, de me concentrer en vous seul qui m'avez créé, qui m'avez racheté , qui m'avez imprin^é le sceau de l'adoption divine. Au moment de ma mort , on dira à mon ame de partir au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit , de cette adorable Tri-nité de qui je tiens tout. Ah ! que dès ce mo-^ ment je parte du monde et de moi-même pour me réfugier en vous , Dieu trois fois saint ! Qu'à ma mort il ne se fasëe point d'autre changement que celui qui me délivre de cette habitation ter^ pestre et qui me transporte dans la région des

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Tivans ! Que je puisse dire alors : Mon créateur et mon Dieu, )'ai toujours vécu dans vous et pour vous, recevez tnon ame, et placez-la irrévocablement dans votre sein avec Jésus-Christ et av€c tous vos saints !

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