‹ RéflexionsChapitre 31 sur 109 · QUATRIÈME STATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME STATION

A LA SAINTE VIERGE

.Mous ne connoissons point assez la sainte Mère de Dieu. Peut-être avons-nous quelque dévotion pour elle; mais du reste peu d idée de sa grandeur et de son mérite. Il me semble que trois choses doivent nous attacher à elle,' et nous insph*er uxkt grande confiance dans son intercession: i.° le bonheur quelle eut de con* verser avec Jésus-Christ durant trente ans :

aJ^ le silence que gardent les évangélistes" sur la plupart des actions de sa vie : 3.*" les sentimens contenus dans son admirable cantique.

Nous désirerions quelquefois avoir vécu dans le temps que Jésus-Christ se manifesta au monde î il nous semble que nous aurions été du nombre de ses admirateurs et de ses fidèles disciples. Marie enteùdit de sa bouche , durant trente ans , les paroles de vie. Quels effets produisit dans cette sainte ame un commerce si intime ! A quel degré de contemplation parvintelle ! Quelle connoissance acquit-elle des mysr tères de 'Dieu!

Nous sommet quelquefois surpris que, les évangélistes rapportent si peu de chose de cette

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bienheureuse créature. C'est ce qui fait sa gloire; elle vécut dans la retraite, occupée de ce qu'elle avoit appris à l*école de son Fils. Les saints ne sont jamais plus admirables que quand on a recueilli très-peu de leurs actions. C'est une preuve qu*ils se sont bien cachés ; et se cacher est l'héroïsme des saints. Marie excella en ce point : elle renferma tout dans son cœur , selon l'expression de FEvangéliste (i). Les hommes n'ét oient pas dignes de pénétrer dans ce sanctuaire où la divinité avoit formé des liaisons si intimes avec nous.

Nous avons récité cent fois le cantique de la bienheureuse Yierge , et nous n en avons pas connu k sens caché : c'est tout ce que la foi , l'humilité, et la reconndissance ont pu produire dé plus exquis. Méditons-le désormais, et notis apprendi^ons de la boBche même de cette sainte Mère de Dieu ce que nous devons être.

O Vierge sacrée , dans qui le Verbe s'est fait ehair, j'implore votre sainte protection pour VEglise , à qui vous avez donné Jésus-Christ ; pour tous ceux qui ne connoissent pas encore ce Dieu sauveur, l'objet de votre tendresse; pour les chrétiens lâches et indifférens qui vous connoissent peu , parce qu'ils ne connoissent pas Jésus-Christ, ou qu'ils ne le connoissent qu'imparfaitement ; enfin , pour moi-même qui veux sincèrement appartenir à Jésus^Christ. A qui puis- je mieux qu'à vous remettre mes inté-

(i) Luc. a. 19.

rets et confier mes sentimens ? vous fûtes la dépositaire des secrets du Très-Haut. Obtenez pour moi le don d^une vive foi dans ces temps malheureux où le nombre des vrais fidèles est si borné. Obtenez-moi quelques degrés dé cette humilité profonde qui nt vôtre caractère. Que je cherche , à votre exemple , à être ignoré du monde, et à m'anéautit" devant Dieu. Vous eûtes tt)us les titres qui peuvent distinguer une pure, créature , et vous n*en connûtes que plus parfaitement l'avantai^e de n'être rien eii la présence de FEtre suprême. Je mérite, au contraire, d'être le rebut du monde, et je m'oublie au point de briguei" son estime : que votre exem-

Fle m'instruise et m'humilie. Eiifin obteneÀ-^moi amour de Jésus-Christ votre Fils , et le bonheur de mourir en prononçant son saint nom et le vôtre. Ainsi soit-il.

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