‹ RéflexionsChapitre 35 sur 109 · Et mon esprit s'est réjoui en Dieu^ auteur de mon saiuL · texte numérisé non relu

Et mon esprit s'est réjoui en Dieu^ auteur de mon saiuL

Mon esprit , par une joie toute divine , est transporté , non en moi-même, ni en aucune au- 1^ créature , mais en Dieu seul , mon créateur, mon bienfaiteur , mon salut et mon tout ; mon

OMwr.spir. V. F

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esprit est ravi en Tessence divine , non par mes industries, ni par mes efforts, mais parle Veri>c, par mon fils , pa;r mon Dieu incarné dans mon sein , par Fopération du Saint-Esprit cet amour

incrée.

3. Parce quil a regardé la bassesse de sa ser-z vante , voici que toutes les générations me nomme-' ront bienheureuse.

Non , je n'aurcfîs jamais osé lever mes yeux vers le Ciel, si le Très-Haut n'eût daigné le premier jeter ses regards favorables sur la petitesse de sa servante (i)* Oui , toutes les générations m'appeileront bienheureuse , parce que ce n*est que par le fruit béni de mes entrailles qu'elles seront heureuses elles-raêrnes. \

4. Carie Tout-puissant a opéré en moide gran^ des merveilles , et son nom est saint.

Si toutes les générations m'appellent bienheureuse, ce n est pas que je m'attribue rien ; j'eu reiLVoie toute la gloire à Dieu qui a opéré en moi , non une chose grande, mais plusieurs grandes merveilles ; il m'a choisie vierge , modèle de k pure virginité choisie entre toutes les

(x) Remarquez, dit saint -Bernard ; elle' est élevée jusqu'à la maternité de Dieu même , et elle se nomme sa servante. Agar avoit été servante de Sara , mais servante orgueilleuse et désobéissante , tout oQcupée d'elle-même ; et Marie n'ose se nommer par son nom, mais par celui de servante : tant l'humilité véritable donne de l'oubli et du mépris de soi. Foici que toutes Us^ générations jiC appelleront bienheureuse^ Par son cœur si dilaté en pieu , par t^i entrainemeiit prophétique , elle voit toutes les générations, tant de la terre que du Ciel ; car, selon l'Apôtre', il y a une paternité de pu^ amour, dans les anges du Cial,, nommés les «ifam du Très- Emt

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femmes , pour me faire Tauguste mère du Sauvem* du monde , du créateur de l'univers , du Verbe étemel de Dieu lui-même. Je rapporte toutes ces grandeurs , non à moi , mais à celui qui est puissant j et la toute-puissance même. C'est pour lui , pour sa gloire , qu'il a réuni en moi tant de miracles; c*est ainsi qu'il a manifesté sa sainteté et sa bonté infinie ; car il n'y a que lui seul de saint et de bon. Que le grand Dieu trois fois saint sait donc à jamais sanctifié dans les hommes.

5. Sa miséricorde s'étend de lignée en lignée sur ceux qui le craignent. .

Son nom ineffable s'appelle miséricorde , répandue de génération en génération jusqu'à la fin des siècles ; répandue de la Judée jusqu'aux gentils , principalement sur ceux qui le craignent , Grecs ou barbares , maîtres ou esclaves, hommes ou femmes ; car la crainte est le com* mencement de la sagesse , et celui qui craint sans aimer , n'est qu'un esclave ou un mercenaire.

6. // a fait éclater la force de son bras , // a fait avorter les desseins des superbes.

Oui , la toute-puissance , le bras du Trèshaut , le Verbe qui est dans mon sein a , dès le commencement , dispersé les anges rebelles : ils avoient été en étroite union avec Dieu même ; dans leur folie ils voulurent , hélas ! se plonger dans la multiplicité de leurs orgueilleuses pensées : quelle chute , grand Dieu ! C'est ainsi que le preinier des séraphins devint Satan , ce

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grand dragon quî fut précipité avec ses angeç rebelles dans les airs , dans les abîmes les plus profonds : leur place ne se trouva plus dm$ It Ciel ; car rxirgueil n'est aulre chose qu'un pea de poussière ique le vent disperse. Nos premiers parens, imitateurs dei ces anges apostats, ^ou-^ lurent aussi quitter leur recueillement en Bieo ; et les Toilà exilés , chassés du paradis , erraiis et dispersés sur une terre maudite ; les oiseaux mêmes du Ciel , les animaux de la terre , les poissons des eaux , créés à Tusage et obéissaQ9 à la voix de ces premiers hommes , le$. fuient aujourd'hui, et se sentent encore de Uur. disr^ persion. Oui, c*est le Verbe, mon fils, quîroonfondit les Içmgues de Babel , et en disperfiiales constructeut^s; c*est lui qui rejets^ Torgueilbi^â sypagQgiie^9 et dispersa ses ^fans iagrat^ dw4 le vaste univers*

T.Iladiposé de ktir trône k^.puksam, et y a éUvé les humbles et le$ petits^

Oui , c'est mon fils , juge sqpréme d<^s viys^q^ et des morts , qui détrôna ces fières puissance^ des Gieux.; elles devinrent tout-à-coup d'horribles démons d'enfer: c'est lui qui choisit lefli hommes ide terre et de limon , pour monter sur des si^es ai brillans , que ces dooiinations cé«. lestes ne surent point garder* Oui , c'est le juste juge qui iPqirouva l'olivier franc, ce peuple ci* devant peuple de ])ieu , et appela l'olivier saun vage qu'il enta sur le firanc , ces pauvres gentils ; c est.lui qui, répudiant la synagogue 9 lui 9xà>B^. titua son E^ise catholique. Oui , c'est nvnn

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£ls , qui fil descendre de son^ trône le rm de Nmiye , pour £aiure pénitence dans \t je4n€ , la cendre et le cilice ; qni déchira le royaume de Saûl ponr le donner à Datid , qui étoit selon le cœur de Dieu : c'est le Imt^s puissant et étendu j qui renverse aTec éqilnté les empires et les hommes vains qui se croient bien affermis danft leurs places et leurs bien^.

&. Il a umpU def iiens hs nécessiteux ^ eiaré-^ duit les riches h la mendicUé^

Par Fesprit propliétique du Seigneur , fe Ils l'avenir renlermé dans le préisent ; je vois aussi ceux qui meurent ^une faim canine pleinement rassasiés , et les plus riches dans la mendicité eiK.lrême sur cette terre. Je vois bien différemment dans ks Gieux : les anges fidèles désirent de voir Dieu ; en le voyant toujours face à face, à clairs rayons , et à découvert sans interruption , leur faim et leur soif est sans peine , leur satiété sans dégoât ; Tune et Fautre béatifiantes, et remplies de déUoes toujours nouvelles , toujours anifiennes.

q. lia pris entre ses brns Israël son enfant , s* étant souvenu de samisMcerde.

Le prédestiné Jacob garde son nom tant qu'il habite la Mésopotamie, tant qu'il est dans les travaux et les fatigues extérieures des troupeaux ,• tant qu41 est dans les sueurs d'une vie active ; le Verbe , mon fils , ne lui donne le nom d'Israël , que lorsqu'il a lutté contre Fange du Seigneur , et qu'il est devenu fort avec Dieu même. Jacob est la figure de la vie active , et Israël de

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la vie contemplative. SUtant souvenu de sa miséricorde : Quatre mille ans s'ctant écoulés , les )ustes de ces siècles avoient soupiré , ils avoient demandé le Désiré des nations : au sens humain , le Seigneur avait comme oublié ses anciennes miséricordes \ mais le Verbe , la sagesse éternelle, fit voir quil s*en souvint au moment marqué , et qui étoit en la puissance du Père. Le voilà incarné dans mon sein virginal ^ le Yerbe se fait chair ; il vient enfin offrir son sacrifice sur le Calvaire ; le genre humain va être racheté ^ et la justice de Dieu infiniment satisfaite»

10. Selon la parole qu'il en a donnée è no^ pères , à Abraham et à sa postérité pour jamais.

Cest ainsi que le tabernacle étoit couvert de dix rideaux , que le décalogue contenoit les dix préceptes de votre loi ; c'est ainsi , ô mon Dieu , que , dans les dix versets de mon cantique Y vous expliquez aux hommes vos mystères sacrés ^ votre Evangile et votre Eglise catholique. Abraham l'a vu ; et sa postérité spirituelle ,, qui n'est comptée qu en Jésus mon fils, le coa*- • noîtra jusqu'à la fin des siècles.

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