‹ RéflexionsChapitre 66 sur 109 · PSAUME LXII · texte numérisé non relu

PSAUME LXII

Je lis , dans le titre de ce psaume , qu'il fut composé par David , quand il ëtoit dans le désert de l'Idumée, On voit, par l'histoire de ce saint roi , qu'il fut en effet obligé de chercher un asile dans le désert contre les persécutions de Saiil , et contre les attentats d'Absalon. Mais les expressions de ce cantique sont trop sublimes pour être bornées à cet exil passager du Roi prophète. Les Pères de TEglise et les saints contemplatifs y ont reconnu les désirs de toute ame juste soupirant après la céleste patrie.

I. O Dieu, 6 mon Dieu, je veille en cotre présence dès le commencement du jour,

NOTES

Quoique je reconnoîsse le vrai sens du Prophète dans la version de rEglise, je trouve cependant une nouvelle source de lumières et d'édification dans le texte original qui porte : O Dieu, vous êtes mon Dieu , je vous cherche dès te matin. Dans ce peu de mots sont contenus les actes de foi ^ d'espérance et de charité ; de foi dans cette exclamation : â Dieu! d'espérance, dans cette déclaration si précise et si pleine de confiance : vous

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êtes mon Dieu ; de charité enfin , dans cette aspiration de Tame vers cet auteur de tous les biens : je vous cherche dès ie matin*

RâBliEXIONS.

Voilà les avantages du désert, les biens inestimables de la solitude. Rien n* y met obstacle à l'union de Famé avec Dieu ; l'intervalle qui sépare l'être infini de la créature disparoît en quelque sorte. Les sens ne sont point troublés par la multitude et le faux éclat des objets y Tesprit n est point détourné par le tumulte des affaires ; le cœur n'est point séduit par les firîvoles bienséances da monde , ou par les prétextes insidieux des passions. On peut vous dire. Seigneur, en toute liberté et à tous les momens: O Dieu i vous êtes mon Dieuj vous êtes la vie de mon ame , vous êtes le seul bien auquel f aspire.

A quoi pensent les esclaves du monde , dès que la lumière ie$ arrache d'entre les bras da sommeil ? Quelle foule de pensées profanes leur dérobe la vue de Dieu ! Toutes les passions se déchaînent en quelque sorte pour s'emparer des premiers momens de la journée. L'avare se rappelle ses trésors ; l'ambitieux pense à la route qui doit le conduire aux honneurs ; le voluptueux se promet des plaisirs ; l'homme de lettres s'occupe du plan de ses travaux ; le négociant se porte par la pensée à tous les objets de son commerce ; la femme du monde médite les moyens de plaire ; le malheureux qui ne connoît

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pas le prix des souffrances , commence par verser des larmes , prélude affreux d'un )our de trouble , de crainte , de dépit et de désespoir. Personne ne dit : ô Dien, ô mon Dieu! je me réveille pour vous servir , pour vous bénir , pour accomplir votre sainte volonté.

2. Mon ame est altérée de vous\ ma chair même brûle du désir dé vous posséder.

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