II
fortune (i). Mais jusques-là , étoit-il un sentiment plus naturel que cc désir de la part du Roi , d’étre en secours a des hommes dévoués si long-temps à son service , et qui avoient été, sous ses propres yeux , les innocentes victimes de leur attachement et de leur zèle ? Ah ! qu’on change donc notre nature, qu’oji détruise au fond des cœurs tous les sentimens dont l’humanité s’honore , si l’on veut convertir en crimes un mouvement généreux ; mais en admettant cette révolution dans les idées morales, il’faudroit encore avoir de l’indulgence pour les habitudes d’un Roi.
L’Europe demandera, s’iln’est pas atissi permis aux Princes d’étrejustes , lorsqu’elle verra permi les accusations , dirigée! contre LOUIS XVI , les payemens faits par la Liste civile , aux personnes attachées à l’éducation de ses frères ^2) ; lorsqu’elle verra , qu’on a fait de meme un reproche à ce Monarque de la pension continué de sa part à Mesdames. On oublie qu*il ncquittoit ces diverses dépenses des deniers de sa Trésorerie particulière, et l’on s’obstine à présenter sa Liste civile comm® une munihcence Nationale, tandis que rigoureusement, elle étoit en totalité ou en grande partie, le simple remplacement du, revenu des Domaines appartenans à la Maison de France^ Domaines dont l’Assemblée NStionale avoit reconnu elle-mêm« l’immense étendue. Ce principe incontestable, une fois admis, le Roi pouvoit-il , sans dureté, se dispenser d’étre en secours aux sœurs de sou père ; le pouvoit-il , avec justice , n’importeî le pays, n’importe le lieu qu’elles eussent choisi pour résidence’? H ne le faisoit pas avec les deniers de l’Etat, mais avec la fortune qui lui avoit été transmise par ses ancêtres.
Une réflexion d’un autre genre , s’offre en ce moment à mon esprit : l’on a souvent représenté le Roi , comme occupé de faire servir ses revenus particuliers au rétablissement de son autorité ; et lorsqu’il en destine une grande partie à remplir des devoirs de sentiment, on lui en fait encore un reproche; cependant, c’est à ce dernier usage de la fortune, qu’un Prince ambitieux et dominé par une seule passion , n’auroit pas manqué de renoncer. Ainsi , dans l’énumération des torts de LOUIS XVI, il semble qu’on ait recherché les traces de l’homme sensible ; et si on lui rend ce service , même avec le désir de le trouver coupable , sous quel iour ne l’auroit-on pas montré, si l’on se fût proposé de le faire paroître avec avantage ?
( I ) Il n'y a rien eu de p^yé sur l’année 1792, puisque l’état ordon-» nancé qu’on a rendu public, étoit relatif à l’année 1791. On dit, dans un rapport fait à la Convention Nationale, qu’il y a eu des payemens faits en Août 1792; maisn’euf-il pasétêjuste d'ajouter que ces payemens * regardoient des parties prenantes en arrière, comme il arrive constamr meut dans toutes les Caisses publiques ?
(2) Celte dépense a toujours été acquittée par le Trésor Royal.
••<'mâique''les"reDrorr°"'^“ les accusations confie le Roi • et ie Ecrits, dont laxiste” qu’on lui fait au sujet des divers Maleste, pendant .Z J’ai vu toutes les insultes au Pouvo^'f "'l ’f =*''«« “épris
les papiers publics étoient e » sa personne, dont
se crioient à haute voiv daurr*"*’ ®‘i ‘’o l^i
les fenêtres de son Palais * ,
après ujie longue dtÎ; conçoit neanmoins com-
vous dédaignez trop® ce P“ ‘“l Jlfe ••
<le la Monarchie Ôn r„e®a 7e
produit sous toutes les soutenue , un zèle qui se re-
- -jettent aucu^ito;:/^s?t;2r“"^"'■•" ' > '<»
de disputer l’opinioii aver Ir» ^ ^'cpugnauce,
lourd’hui sans com adietlo, eT'ü'** riul
«Ufrre. Quelques p^r^ZT LLI" P°“r
a écrire dans un sens favorable à la , sont disposées
en mémo-temps , de discréditer 1 et se proposent,
iiifatigablevoLispoursuitsrnsr^ les hommes , dont la haine les indemnise des fraix d’ i seulement qu’on
Roi , et il est possible Jublliirrn"- l'"
a cette proposition • mai^ tré. clfinne un acquiescement tacite
ces petits Ecrits ; et ^ils ont
d n en a pas eu connaissance r’el/tlr'' ^«eonsidérée,
d histoire, de morale et de f5»:^»nds ouvrages
anglois dont j’ai vu le ïinF ’ ’ écrits en françois ou eu
Juité; et si h cette'^ ■tûl'^ftlvl^r'ronr f
dcvoit donner à la lecture Hp p ' Joii leumt le temps qu’il
Katioiiale et de toutes les iiouveMcs f
devoit consacrer à la tenue de ses ro*" '“î®'’’''’ ’ ‘'“'P®
ticulfcrs de tous ses'Ml“rsLs '^0™°"’'''* ‘ravaux pa,--
de lire cette multitude iù^n brabinr’h
chaquetourdaus Paris? On veut touiol. 'rrovimres , rêpaudues
les particuliers , et rien n’est plus iuiustr
«■esscuble à aucune autre. Ce sZuZZ’ «e
timcnt du Monarque à l’idée généra e d’ünc“d -’“'“'"‘
qu onseroit eu droit de lui faire 1 , u™'’'”’’
présenter cet assentimeut comme fP™®,'’®- Mais oseroit-oii
tous les Ecrits imaginables
roiététr ‘ ’■ « ';rerntir;:f:;Vu'^^
R-rs"^’tet:„':s^ t'su^T
i ac la poite , mais trouvée depuis sa
mort , et quê par conséquent il n’a pu recifennoitre , on n y voit, en la tenant pour véritable , qu’un projet sans exécution, et dont les agens ne sont ni indiqués ni connus. Pourquoi donc ne présumeroit-on pas, que le Roi, éclairé par sa propre réilexio*, auroit rejeté des idées proposées sous un faux jour , et qu’il avoit , peut-être , unmoment écoutées ? Toute cette affaire, telle qu’on la présente, est au moins infiniment obscure ; mais en la supposant réelle , en la supposant démontrée , on aurait encore à dhe , que l’exemple de l’Angleterre, exemple exagéré dans l’opinion , auroit pu facilement égarer le Roi sur le Jugement qu’il deyoit porter des moyens de^séduction. J ai connu, dans tous les pays , des hommes très-estimables sons diveis rapports , et qui professent hautement des opinions absolument différentes des miennes^ sur cette partie de la morale politique.
Il faut de plus montrer de l’indulgence pour les erreurs que 1 ou commet dans une circonstance unique , et où le§ devoirs politiques et les devoirs moraux , paroisseiit souvent se combattie. Enfin , j’oserai le dire -, seroit-on en droit de faire un crime , d’avoir voulu gagner des voix , a prix d’argent , au milieu d une contestation politique , où l’on se perniettoit de subjuguer le» ppinions par des menaces et par la’ violence ; cette manière dc^ captiver les suffrages est bien autrement efficace, est bien autrement condamnable. Les temps de révolution seroient une souice intarissable de reproches etd’accusations , si l’on examiiioit chaque action séparément des circonstances qui les ont décidées ( i )•
On attribue à la Reine un écrit intitule ‘.'Liste des ^ens de ma connoissance ,* et en le présentant comme une recommandation en faveur des Emigrés , comme une recommandation piessante adressée à la Gouvernante des Pays-Bas ,on en fait un sujet d’accusation. Cependant , un peu plus d’examen auroit fait jugei que cet Ecrit , quoique saisi dans un des Porte-feuilles de la ReinC , n’étoit pas d’elle , mais de son illustre mère. La plupart des personnes , dont les noms s’y trouvent cités , sont mortes if y a long-temps, et d’autres n’ont pas quitté la France ; mais elles avoient toutes été connues a la Cour de Vienne , etl Impératrice en ayant concu une opinion avantageuse , les désignoità sa fille comme propres à la servir ou à diriger ses premiers pas dans une Cour étrangère. On pouvoit encore appercevoiç , qu un Mémoire destiné à recommander un si grand nombre de personnes,
' n’étoit pas de la Reine , si l’on avoit fait attention qu’on y ern-
(i) On présente aussi , comme un délit politique , une remise d’argent à M. de Touillé; mais ce payementse rapporte , je n’en doute point, au remboursement des dépenses que le plan de 1 évasion dulxoi adu nécessairement occasionner , et celte entreprise a cte mise à 1 abri de tout» recherche, par un Décret spécial du Corps Législatif.
RoU-ye'toùpaTp'ou'*'^^^^^^^ ee que. le „om d.,
cest en accusant la Re„,e ' ainsi
de sa pretéhlia e. Il falloj. ?‘* connoitre imi trait
publicité d’un seul Kri% méprise pour amcmer
de ces malhen'L ^ ou'^au R™™
*°;des las circonstance , “»
les honorer ou à Jes faire aimer. '''* > P‘«P»cs
paMerE^crivl'ntpamil^^^^ toutes les Lettres , adressée,
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lassé rT ‘"“‘H^igounque et les anini ^ , dont
lasse de ma counoissauce fous I ® deregiees , avoient
P>em.ers Commis. Cope^rt et oulZTn
f donale, lie continienemen’t 'e ^ la Conveut ô ,
opitiionsfïra D^: . ^i'i^uient Jes ijhrasRs rî« t . '
itionale, lie continucnemen’t ',® ,*'‘’PP°''‘ à la
opoMonsduRoi, et Po,, s'exp ime de ^1,' =■«*
"t necessaire de fenill.t». Z .“ telle manière , qu’il de-
^ient nécessaire de feuilleter an rV • “‘««tere , qu',i de-
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'< soit lui faire. “epautplus lui rouler les veux u 1
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d’une nuiltitufîe d’hitrignaiis ou d’hommes oisifs , comme îcs papiers de rebut de tous les Ministres en donueroient la preuve à qui voudroit la chercher.
Un autre Recueil est encore destine' à la publicité d’un projet de Constitution libre , en soixante pages , et qui fait partie des papiers saisis chez M. De la Porte , ouvrage évidemment d’un Illuminé , comme on peut en juger par le style et par les idées.
Eulin , on met au nombre des griefs de la Nation , un Mémoire trouvé dans les Porte-feuilles du Roi , et ayant pour titre : Projet du Comité des Ministres^ concerté avec MM. Lameth et Bariiare. Ce Mémoire renfermoit une discussion sur la conduite que devoit tenir le Roi , relativement à deux Decrets, dont la sanction répugnoit à sa ccnsciencc. Il est impossible'de trouver l’apparence d’un délit à rrne pareille discussion , puisqu’elle rouloit en entier sur l’usage M rapplication d’un droit décerdé au Roi par la Constitution ; et en adhérant , dans ce Mémoire , à l’éloignement d’un généreux Prince pour deux loix infiniment rigoureuses , on lui proposoit cependant de remplir les vues de l’AsscmhJéc^Nationals , mais par des moyens plus doux. Les auteurs de__^ccs Ecrit| , s ils ctoient, comme ou l’annonce, dans la confidence intime du Roi, donnent , par leurs propositions même , un nouvel indice des intentions franches de Sa Majesté ; car ils rinvitoient ( et leurs avis ont été suivis) ; ils l’invitoient :
« A écrire une nouvelle lettre Princes d’un Ion fraternel 5> et Royal. » ^ .
« Aune nouvelle proclamation sur les Emigrans , d’un style » ferme et marquant bien l’intention de maintenir la Consti- » tut on, »
„ \ une réejuisition motivée aux Puissances , de ne souEfrir ' » sur leur territoire aucuns rassemblem'cnt , arrnepiens , nipic-
! » paratifs hostiles , eto. etc. »
Comment donc ne seroit-on pas étonné, devoir que l’action du monde la plus simple, nu Mcilioire donne au Roi sûr une sanction , qu’il pouvoit constitutionuelityncut accorder ou refuser ; uii Mémoire semblable à toutes les discussions qui ont eu lieu dans son Conseil , et qu’il ctoitdc sou devoir d’e- Gouter avant de prendre aucune résolution importante; qu’un tel Mémoire , enfin , soit présenté à la Nation comme un objet ' d'gncdc son attention , et propre à faire partie des accusations méditées contre le Monarque?
‘ Je le dirai de plus , et d’une manière générale. Quel Prince sur la terre seroit à l’abri des reproches, si t’oii as.socioit sont approbation à toutes les notes , à toutes les lettres , h toutes les
sauctiiaiie , il suffit de d J'° " cette espèce ,de
gèces, duconcerH de n, T . '^
eparses ; il suffit enfin xlu tilentTe ni’ P®”'®'®*
mer des dirers papiers dont 0^- ^ > P°“c forment adapte' au système de nVii sommaire exacte-
seroit-ce eneore s, Pon s ^ Qo«
de ces mêmes papiers les extraire uniquement
Pircrdessoupo’on'^. ct sl ro'^aTnerp" propr.^ ins-
loit tous les Écrits dont la conn Pou dtssimu-
sèntimens contraires ? OnprendroitT*^"“ ‘’°‘"™‘‘ des
prudenceoù les témoi„Si„ut par aé
tandis qu’on imposeroit sSeà tmt ceurour’’'
en Payeur de l’accusé. ^ roudroient parler
de l’Europe, d’une parfade'impmtiàliffi y®"*:
IJ ont ete' ni scelles ni iinxcn^orie's ’ - ’ des papiers
ils appartiennenk( 1 ) • et lorsou’oti ^ Pt®®®"®® de celui ,à qui
mtlieu d’une invaW^.luUuru,:“eV:;;^ 7'’“ ^
foule inconnue, il n’est nlus n^«c i / ^ I nuption d’une
Jes plus favorables à la Luse^du Roi
dissipes. "^yent été détruits ou
de faire dés notes'*ou°des obs°erva«on**°'* ’ ‘'®°'®*’*‘®li'tude tores, -it à l’ocoasio,rdes aS l’ulfinr '®®-
Pereu , ,e le sais , la justesse de son Lnrit^ 1 ’ ®P"
sentimens , la bonté de sou am. x ^ ’ ™®deration deses
ionbeur et à la gloire ^e ^ mu det'^”^"* " ^
îesauroit-il hiwlés lui-même oirnno ces papiers,
garder uniquement ceux dont on noulTdr^^ jodifïerence , pour s lis existoient encore lorsmi’o „ ^^®^noi.ssance ; ou
Cabinet , qu’on les rn:.érd7:ffii; t '
y trouveroit peut-être des exnLs.ons d f"® “®'" amie ! On en accord avec les paroles de son H qui seroient
Tonrcryu’o„;,rnL“r 2u!^;r°7’.'“ Ct«s-Géuéra„x. puhiic , tout ce i/u'onpeut demander ‘’c tm honheur
-’-i,^esesPeuUs,L
mois ou b.pe„.près , e-eWt^ tt ' ^
0 eparle.c. des papiers saisis dans lesapparîemens desThuileries.
« Eclaûe^
W Eclairez sur ses rentables interets, le Pevple qu’on égare ;
bon Peuple <j ni m’est si cher , et dont on m’assure que jl ^ suis aimé , quand on veutme consoler de mes peines. » Ah! c’éût été, je le crois , un beau moment pour ce Prince , que celui où , sans le vouloir ,sans le chercher , une éclatante lumière auioit tout-à-coup manifesté , aux regards de la Nation , les plus secrètes pensées de sa vie ; c’eût été un beau moment pour le Roi que celui, où l’on auroit ainsi distingué visibici^nent sa propre nature^ des apparences trompeuses que sa déféience modeste pour les opinions de ses Ministres lui ont quelquefois données. ^
Je nesaissi , parmi les hommes publics, he'Ias encore vivans; il en est aucun qui ait eu plus d’occasions que moi de conuoître le Roi ; lion -seulement parce que je l’ai servi sept ans , mais aussi
parce queladm.mtrationsu doiitj’étois charge, m’obligeoitàfaire .passer sous ses yeux , une plus grande diversité d’affaires • et je déclare ICI., en presence de scs eniiemisetdans toute la véritédemoa cœur, que ,en’a,)amaisobservé , queje n’ai jamais surpris dans ce Monarque , si cruellement trailc , un seul mouvementspontané une seule pensee dérivant de lui et de lui sans aucune influeuc» «trangere , un seul sentiment enfin , sorti immcdiatcmeiit de son’ ame, qui ne fussent conformes aux loix de la morale et de l’hon- Jieur, et qui ne maiiisfestassent h des observateurs attentifs sou désir du bien sa compassion pour le Peuple , et son caractère .doux naturellement et modéré. Que l’on croie au témoignage cl un homme, qui après avoir vécu long-temps près du Roi n© Umtàlui neanmoins , ni par U reconnaissance ni par lèspérance. Je ne lui ai jamais offert l’occasion, je ne lui ai jamais laissé lo plaisir de m’accorder aucuu bienfait , et je suis pour toujours retiré du monde.
Mais ce que je dis ici du Roi, n’est-il pas connu d’une ma. mère plus ou moins précise, par tous ceux qui ont eu l’Iion iieur d’avoir des rapports avec lui? Et vous, qui savez corn ment la nature a pris soin d’établir un accord entre les mouvemens familiers de l ame et l’expression des regards ne vous a-t-d pas suffi d-observer le Ro, dans quelque mom’ent d’interét ou d aflcctiou , pour croire au moins avec certitude à sa parfaite honte ? Je dis même à ceux qui le poursuivent avec tant de suite, a ceux qui profitent de leur empire sur le» esprits, pour endurcir tons le» cœurs contre lui, nue «i la for tune avoit tourné, et qu’ils eussent eu besoin d’indulgence ou de pitie, eest au Monarque, dont ils ont été les rffioureux oppresseurs, que ,e leur aurois conseillé de s’adresser.
- Ah . sans doute, lorsque l’Europe entière partage la destinée de ce malheureux Prince, les âmes les plus farouches pardol!
lieront aux personnes qui l’ont connu plus particullcremenf^ d’étre accablées sons le poids de son infortune. Vous auriez de plus queux, un jour, les plus pénibles remords, vous qui prêteriez ! oreille au deruier vœu de ses impitoyables ennemis. II faut oser, cependant, le considérer ce barbare vœu; il faut avoir le courage d’approcher son imagination du plus horrible des forfaits; il faut se vaincre par un généreux effort, et renoncer ensuite au inonde et à soi-méme, si le Ciel ne venoit pas prêter son assistance aux foibles défenseurs de la vertu maliieiireuse et de 1 innocence opprimée. Et comment ponrroit-ou se délivrer des plus sinistres idées, lorsqu’on parcourt ces papiers sanguinaires, qui dirigent depuis si long temps l’opinion du Peuple, et lorsqu’on voit ensuite, l’influence de cette opinion sur les lionrues, appelés par leurs fonctions à être les interprètes de la justice et les organes de la vérité? Comment pourroit-ou se délivrer des plus sinistres idées, lorsqu’on entend déjà des personnes en Pouvoir ou en crédit, se servid’mi langage que ma main se refuse à transcrire, et qui, en tout autre moment, auroit glacé d’effroi le cœur des Français ; oui, en tout autre moment pris entre les quatorze siècles" qwi se sont écoulés depuis la fondation delà Monarchie?
^ C’est à une entreprise unique dans les Annales du monde; c’est à un attentat, doatles Historiens transmettent le récit avec horreur , et que les Anglois expient encore chaque année , par un repentir soleinnel; c’est à ce crime public, dû à l’amhition d’un seul homme, que l’on voudroit préparer par degrés la r^ation Françoise. Ah! vous qui avez évité soigneusement, et peut-être avec une sorte d’affectation, de prendre en aucun point ces Anglois pour modèles , ne feriez-vous une seule exception qu’en faveur d’une action barbare ? <^ue dis-je ! vous croiriez marcher sur les traces des esclaves de Cromwel , de •ces Juges dévoués à scs passions polihques, de ces Juges dont les noms restent à jamais flétris dans le souvenir des hommes* Tous croiriez marcher sur leurs traces , et vous vous tromperiez éneore , car vous n’auriez pas même leur excuse. Oseriez-vous * en effet, mettre en parallèle avec les reproches trop justes qu’on avoit droit de faire au malheureux Stuart? Oseriez-vous mettre en parallèle avec ces reproches, les accusations que vous êtes obligés de fonder sur des conjectures, ou que vous tâchez d’extraire de quelques papiers trouvés dans le Cabinet du Roi, ou chez les Agens de sa Trésorerie ; accusations dont aucune ce restera dans la mémoire des hommes , comme il arrive à toutes les notions vagues, confuses, incertaines, et qui u’oiit consistance que par artiflee , ou par la couleur passagère que dottneat les pasiioast Voisi ce ^u’aroit fait, pendant
ïègnc; le Monarque Anglois î Une Constitution libre , expliqueei par les actes les plus solerniiels , lui indiquoit ses obligations et fixoït ses pre'rogatÎTes ; cependant , au mépris de cette Constitution, il avoit leve' plusieurs impôts, sans le concours des Représentans de la Nation; il aVoit exigé des prêts forcés et avoit sévi rigjoureusement contre les particuliers j qui s’étoient refusés à cette demande illégale;. il avoit ordonné plusieurs emprisouuemeus de sa propre autorité; il avoit compromis la fortune et la vie d’uu grand nombre de citoyens , en abusant do son asoendant sur un Tribunal inconstitutionnel, et composé de Juges à sa dévotion; il avoit excédé son pouvoir dans le règleiiierit des affaires ecclésiastiques, et plusieurs autres infractions aux lois de son pays , lui étoieiit encore l'epiochées. Enfin entraîné par les événemeus, il s’étoit mis à la tête d\m covp$ de troupes, et avoit commencé. la guerre civile, dont Tissue lui devint si fatale. Quel rapport, qu’elle ressemblance, pourroit-oii trouver entre ces divers délits politiques, et la conduite d’un Monarque, héritier d’un pouvoir, dont les limites étoienfe inconnues , et qui a commencé la liberté par le sacrifice volontaire, d’une partie des prérogatives dont la Couronne étoit en, possession depuis tant de siècles. Et si l’on resserroit son atten-. tion dans le petit espace de temps qui s’est écoulé, depuis lo chaugemen tdu Gouvcrnemeilt, on verrait queLOülSXYl, loin d® violer en aucun point les nouvelles Lois Constitutionnelles, n’a fait usage, qu’en tremblant, du droit qu’elleslui donuoientderefusersa sanction aux Dcciets du Corps Législatif, et ne s’y est déterminé que dans le petit nombre d’occasions où sa conscience timoré© lui en a imposé le devoir rigoureux. Hélas ! loin d’empiéter sur aucune autorité établie, ce sont ses propres droits qu’il a cédés sans cesse; aussi, pour lui chercher des torts, on est réduit à porter l’inqaisition jusques dans ses pensées les plus secrètes. On a suspecté la vérité de son attachement à la Constitution , et on lui a reproché sur ce point des incertitudes et des vacillations; mais ou pourroit, sans une trop grande faveur, lui en. faire un mérite auprès de la Nation , s’il est vrai , que ces doutes, ne 1 ont point empéché d’étre fidèle aux lois qu’il avoit promis d’observer.
I,cs hommes attentifs, les hommes justes, admireront dans le Roi, la patience et la modération qu’il a montrées^ lorsqu® tout changeoit autour de lui, et lorsqu’il étoit exposé, sans cesse ^ à tous les genres d’insultes; mais s’il eût fait des fautes,
* il eut méconnu dans quelques points ses nouvelles obligations , ne seroit-cc pas a la nouvelle forme de Gouvernement qu’il faudroit s’en prendre? uç sertit-eo pas à cette Constitution ÿ
tm un Monai-^IC u'etoit rien qu’eu apparence, où la Roy eu (ô meme se trouve, t J.oi-s de place, où le Chef du Pouvoir Executif lie pouvoit discerner , .ni ce qu’il ctoit , ni ce qu’il devoit enc, ou il était trompé jusques par les mots, et par les divers sens qii on pouvoit leur donner , où il étoit Roi sans aucun ascendant oui! occupoit le Trône sans jouir d’aucun respect . «U ,1 serabloit en possession du droit de commander , sans avoir ^etnoyeii de se faire obéir, où il ctoit successivement , et selon le
bbre arbitre d uue.seule Assemblée délibérante , tantôt un simple
Eonctionuaire public, et tantôt le Représentant héréditaire de fa Watiou? Comment pourroit-on exiger d’un Monarque, mis toiit-a-coup dans les liens d’un système politique, aussi obscur que bisarre, et faiialemciit proscrit par les Députés de la Nation eux-memes; comment pourrdit-on exiger de lui d’être seul conséquent au milieu de la variation continuelle des idées ? Et no •seroit-ce pas une peine extrême de juger un Monarque sur tous «s projets, sur toutes ses pensées, dans le cours d’une révolution tellement grande, qu’il auroit eu besoin d’étreen accord parfait tton-seulcment avec les choses connues , mais encore avec toutes celles dont on auroit vainement essayé de se former à l’avance une juste idee? Sur-tout, ne seroit-cc pas une incompréhensible rigueur d exiger d un Prince, élevé selon les anciens principes doue Monarchie, et dune Monarchie existante depuis quatorxo Mecles de s unir sans contrainte et sans regret aux principes Républicains , introduits tout-à-coup au milieu de la Erance ? Ce
serait muter l’impitoyable dureté du Peuple de Home, qui , dans
les jeux du Cirque , exigeoit des gladiateurs de tombereiicore aveu glace, apres avoir ete frappés du coup qui les privoit de la
■Vie.
Cependant, le passage subit des idées Monarchiques aux principes Republicams , ce passage au-dessus des forces humaines ^uandon le demandeàun Roi, n’étoit pas encore la seule tran! ' sition vio ente a laquelle le Monarque François avoit besoin de
ïî eût fel iT’ ''“"‘i <Jcs opinions nouvelles.
uhiàÙes d uêt ’ P™®*"® Pbiloso-
ph.quts il put y conformer ses sentimens et y adapter sa conscience , il eut fallu, qu à l’aspect des rigueurs et des vengeances
1"“ Tleït ?al'l‘ • ‘f ’ ■' “ bon-et compaLaiit ; des liens de la ” ’ P'”*'®"'®’ 9“ 'I se défiât plus promptement des liens de la recoiinoissance , et qn’il oubliât de bonne heure
tihe-té .b““>ÇO‘s, sur-tout, amis d’une
Sfjccl’ ’ "* '«“‘bueus et de ses sa.
Qu’ati milieu, cependant, d’un pareil bouleversement de toutes les iclces et de toutes les opinions, qu’au milieu d’uu bouleversement si general , opère dans 1 espace de trois années y et a l’aspect des décombres de tout genre dont le Monarque e'toit environne' , il eût forme' des vœux secrets pour une meilleure situation ; et que mettant par écrit ses pensées , on en eût Iroûve' les vestiges sur quelques papiers saisis ap fond de sa retraite solitaire ; où seroit l’iiommc assez barbare, pour transformer rti délits politiques cés mouvemens intérieurs, ces sentimens obs>cnrs, qu’un Dieu juste a daigné placer sous la seule inspeeticu deson infinie l)onté? Ah ! si nonsnous jugions mutuellement sur de pareils indices, si nous eu avions le pouvoir , c esta nous bail , c’est à nous persécuter , que nous consommerions notre vie.
Ces réflexions générales s’appliquent avec bien pins de force au Chef d’un grand Empire, et à un Monarque, sur-tout, jette par la fortune au sein d’niie révolution sans pareille, et où toutes sortes d’intérêts, tous les genres de crair>tjs ou d incertitudes, ont dû successivement agiter sou esprit. Un être doue d’une prévoyance sans bornes , auroitpu , seul , ctre certain de SG conduire à chaque instant de la manière la plus conforme 'a des circonstances inouïes , et dont l’iiistoire du monde ne pieseiitc anciin modèle. Et cependant LOULS XVI auroit eu cette réunion de facultés surnaturelîes , il auroit été secondé par Ics^ conseils les plus sages et les plus lumineux , que sa rcpntatîoii encore ^ n’auroi t pu résister à un plan d attaque si artîstement .préparé, si coustainraent suivi, et auquel on vient de donner la dernière main , en ne perraettan t plus qu’une sorte dEciits,. et en livrant tontes les opinions à un seul lanpge età une seule direction. Un Prince doué de toutes les perfections, un nouveau Marc-Aurèle, reparoissant tout-à-coup sur la terre , ne pouiroit résisîer à une pareille ligue , et aune semblable coalition.
Que scroit-cc, si, par nue révolution complète dans les idées politiques , un Monarque ctoit mis eu jugement après l extinction absolue de la Royauté? Tous les scntiincns accumulés par le , temps , contre les Rois en général , tous ces seiitimeiis animes par la première exaltation de la liberté et prenant an mémo instant nn libre cours; tous ces sontimeus d’irritation viendroient sc réunir et sc confondre dans la personne du dernier des Rois d’une Nation , et ce Prlncenc pourroit résistera l’impression d un pareil mouvement; il paroîtroit comme le type de la Royauté , et les fautes de tous scs prédécesseurs rcjailbroient sur lui.
Ce n’Cst pas saus motifs , mais par l’autoritc d’une* loi fondée sur la raison éternelle, que, d’un commun consentement, on d considéré la personne des Rois oomiuo Inviolajilc ; on a sentÎN
'^uè leur taché ctoit au-dessus des forces humaines, et que dan* un teinps de révolution où ils pourroientse trouver seuls contre ous , il seroit trop aisé de leur trouver des torts , en reprenant, avec une intention ennemie, cette multitude innombrable d'actions qui composent leur vie publique. Voilà la véritable origine e invio abihtédes Monarques ; elle se perd dans l’obscurité des temps ; mais , c’est là que reposent les vérités simples , celles que les JMationS, d’un commun accord, se sont transmises d’âge eu. âge. Et qu ou ne dise point, pour éviter l’application d’une loi SI juste, quon ne dise point qu’un Roi, déchu de sa Couronne, n’est plus alors inviolable ! Sans doute , il ne l’est plus , pour toute la partie do ses actions postérieure à c«tte époque ; mais SI on le reiidoit responsable , après sa déchéance , de la conduite qu il auroit tenue pendant son règne , l’inviolabilité d’un monarque ii auroit alors aucun sens, et ce principe, universellement consacre , se trouveroit sans application ; car c» n’est pas dans le temps qu un Prince est sur le Trône, ce n’est pas dans Je teinps ou sa volonté est un des élémens de la puissance pu- X)liqao , qno l’on peut l’accuser et le poursuivre, (r)
^ L inviolabilité des Rois se rapporte encore à une considération importante , a l’impossibilité de les faire juger par /e//rs pairs , et ) explique ce mot selon l’esprit delà loi , en appellant leurs pairs des hommes instruits par lexpérience et par une parité de situation des dangers et des séductions dont les Princes sont eiiviionnes, les hommes instruits de même de la foiblesse des moyens oe résislaiice , que leur ont ménagés la nature de leur educalioii et 1 habitude de toute leur vie.
, ^l’mviclabilité des Rois se rapporte aussi à l’impos- ibilité de les taiiê juger par des hommes, dont l’impartialité' soit certainecar, dans le cours d’un long règne , le Chef de l’Etat, le Prince duquel émané, une multitude innombrable de decisions a dû nécessairement blesser une inliiiitéde personnes , ou dans leur amour-propre, ou dans leurs intérêts; et telle est l’étendue de la CHcoiifcrence du Pouvoir Suprême, telle est l’immensité de .scs leiations, que les Rois ne connoissent jamais tous ceux oui directement ou indirectement , ont eu des motifs pour se P aiiiclicdc leur autorité ; aiiisiledroitde récusation cette Ei'ide M necessaire aux accosés, est presque nul entre les mains d’un
Que^ si maintenant on veut particulariser ces principes géiié-
: îrs ‘“ï
raux . on Terra que l’inviolabilité du Monarque François a o't» stipulée de la manière la plus expresse, par la Constitution po-^ litique'a laquelle il a souscrit. C’est donc avec ma n, avec ce contrat s. récent et si formel , que LOUIS XVI seroit eu droit de dire : vous ne pouvez user de votre Puissance pour .ouincttro ma Personne à un |ugetneut , sans violer, de la manière la plus éclatante , l’engagement que vous avez pri»
^'^Eii^Sét, la Constitution, qui a consacré le Pacte entre la Nation et Ion Roi , a déclaré, non- seulement la Petsonne du Prince inviolable ; mais en prévoyant des fautes , et jusquesà des trahisons do sa part , elle en a fait un motif
l'a s’est arrêtée sa rigueur. Une telle conveutionest d autant plus sacrée que , si, dans l’Acte Constitutionnel ou eut Pj;®^ ^ Roi un autre danger que la porte du Trône , il est probable que LOUIS XVI n’auroit point accepté la Couronne à ’ -
tint au moins, on ai.roit demandé pour lui, que s il devoit jamais être exposé , par un jugement , 'a un danger pei sou cette action ne seroit intentée qu’après un espace e emp saut pour laisser calmer toutes les passions; car on avoi ^ p connu l’influence des mouvemens populaires et eur cours in considéré, pour soumettre en aucun moment la personne du Monarque et l lionneur de la France, au résultat incoimu d une agitation passagère; et l’on auroit prévu, qu au mi leu __ révolution , er dans son premier tumulte , personne n est assez courageux pour obéir, sans crainte , à son opinion et a sa cons-
Ainsi soit que nous considérions d’une raanière geneia e ou particulière, le principe de l’inviolabilité des Rois , nous le trouvons également juste , égalemen t nécessaire. La des Ministres suffit dans les Gouvernemens libres à l
l’Etat ; et si l’oii examine le véritable spns de cette lesponsa i ,
on verra qu’en obligeant les divers Agens d’un Monarque a refuser de lui obéir , quand il exige des choses reprehetisibles, on
a voulu tacitement , que leur acquiescement a ses vo on es ev t
son absolution ou .a garantie ; ainsi , la même loi qui a le Prince comme un pupil* , ne sauroit le prendre.ensuite per-
sonncllement à partie, . • i u* •
Enüo , et il est temps de le dire ; si le principe dcl inviolabil te des Rois , expliqué et entendu dans son véritable
qui le consacre u’existoit pas, si ellcn’avoit pas etesolemnellernci
«ppelléc dans la Constitution , jurée par tous les sentimeutdela rcconnolssauce en leroit envers LOÜIh XV J un devoir sacré. Le sentiment déjà reconnoissance . Ah . s»
p^it-il que k sois oblige de le rappeler aux î-rancols , ce se»-
Roi ? 4 ''“‘"ê ? P®""'® ''«'‘tieur de leur
KOI Se peut - j1 que ce soit pour arrêter le progrès de la
durete de ,„)usticc et de la violence envers lui ? Lias ! qui I^uvenJ - " ; <I''i me l’eût dit, lorsque si
im moyen assure de faire un grand bien ; émotion dont , par une sorte de pudeur , ,1 combattoit l’expression, mais que pLa d une fois se, larmes ont trahie ? Le n.erez - vous , que son regue a.tete marque par divers bienfaits , et par des bienfaits tous caidcteristiqucs de son amour pour le Peuple ! N’est- ce pas sous son regue , et dans le temps de son autorité , que les Corvees , ce fléau des campagnes , ont été abolies et converties dans un impôt relatif â la diversité des fortunes ? N’csi-ce pas sous son règne que la Taille , cette imposition arbitraire . a ete faxee d une manière immuable ? N’est - ce pas sous son «gue , que 1 abolition de la servitude personnelle a été provoquec , par I exemple qu’en a donne le Roi dans tous sc» Domaines ? N est - ce pas lui , n’est - ce pas ce Prince humain compatissant , qui , en abolissant ces supplices obscurs, ces tourmens odieux , destinés à rendre un malhenrciix témoin contre ui- meme, a dégagé la procédure criminelle de toutes Rs barbaries , dont elle étoit souillée depuis tant de siècles ?
1 tT “ s’occupant sans cesse de l’amélioration
des Prisons et des Hôpitaux , a porté les regards d’un père tendre et d un ami pitoyable dans les asiles de la misère , et dans les réduits de l infortune ou de l’erreur ? N’est - ce pas lu. qui , senipeut - être avec Saint - Louis , entre tousles Chefs de Empire François , a donné le rare exemple de la pureté des mœurs? Ne 1... accordera -t- on pas encore le mérim par. t.cul.er d avoir ete religieux sans superstition , et scrupuleux sa,« intolérance ? Et n’est - ce pas de lui , qu’une partie des habitans de la France, persécutés sous tant de règnes, ont reçu non -seulement une sauve-garde légale , mais encore un état civil, qn. les admettoit au partage de tons les avantages de oi re socia . Tous ces bienfaits sont au temps passe', mais ias vertu de la reconno.ssanoe s’appliqoe-t-elle à d’autres époques , à d autres portions de la vie ? F.nfin , au milieu de tant d’actions publiques et particulières , dignes de votre intérêt qui ponrroit reproc^her à LOUIS XVI d’avoir jamais fermé son cœur a la compassion et à la pitié ? Mille voix s’élèveroient pour citer des traits de sa touchante bonté, mille voix s’élevèroie.it pour lui rendre à l’envi ce juste témoignage. Et c’est lui que 1 ou nomme un tyrau ! mais en faisant le bien, il s’est
ttop cffacp^ui-mêmc, tant il craignoit de chercher la louange J tant il avoit d’ëloignement pour tons les genres d’ostentation. li a été desservi dans l’opinion par ce caractère , comme aussi , et je crois pouvoir le dire sans lui manquer de respect , comme aussi , peut-être , par une difficulté d’expression , dûe'en grande partie au combat habituel de son extrême modestie avec le sentiment de la dignité de son rang ? Sans doute ce Monarque , doué des qualités morales les plus essentielles , a commis des fautes d’administration ; mais quel homme peut diriger les affaires' d’un grand Royaume sans se tromper et se tromper souvent? Quel homme n’a pas besoin, pour remplir cette tâche immense , de sc confier à des Ministres , etdecourir ainsi les hasards attachés àlcurs differens caractères , et aux diversdegrésdelcur capacité ? LOUIS XVI au moins, a eu le singulier mérite d’avoir apperçu la disproportion des facultés d’un homme avec les devoirs imposés à un Roi de France, etleiiiérite plus rare encore d’avoir voulu affranchir sa Nation des effets iiiallienreux autant qu’inévitables d’une pareille disparité. Il commença d’abord par transférer l’administration des Provinces , des mains de ses propres Commissaires connus sous le nom d’Intendans , à des Assemblées composées de citoyens librement élus , et choisis , moitié dans les ordres privilégiés , et moitié dans le Tiers-Etat ; et il leur remit le soin de la répartition des impôts et toute la partie économique de l’administration intérieure. Quelles bénédictions ne reçut - il pas à l’époque de cette institution si généralement désirée ? On croyoit qu’il avoit tout fait pour la France. Cependant, ce ne fut que le commencement de ses bienfaits ; et cédant au vœu des François et au résultat de ses propres réflexions , il voulut s’environner lui - même des Députés de la Nation , et assurer de celte manière , la confiance publique , la liberté Nationale , et la réforme de tous les abus qu’à lui seul il ne pouvoit entreprendre. Et c’est ici , que tous les regards peuvent se fixer sUr une des intentions les plus gciureuses , qui ait jamais illustré le règne d’aucun Prince.
Aucune des idées de liberté , qui nous sont devenues si familières, aucune de ces idées n’cxistoicnt encore , lorsque le Roi rassemJ)lant les États - Generaux , oublies depuis près de deux siècles , fit connoitre en même temps , et de la manière la pins soicmncllc ( i ) , qu’il vouloit consacrer cette grande époque l’établissement d’nn ordre durable , conlorrnc à la raison, aux 'souhaits de la France et an bien de l’Etat , et qu’il étoit déterminé à tous les sacrifices de son autorité, qui scroient juge»
( X ) Voyez le Résultat tlu Conseil du 27 Décembre 1788.
«ecessaires pour atteindre \ une si heureuse fin. Une seconten^i pas même de s’exprimer à cet égard eu termes généraux , il annonça qu’il conccrteroit avec les Représentans de la Nation !cs moyens les plus convenables pour rendre certain leur retour périodique j et l’un de ces principaux moyens , il l’indiqua lui “inéme , en déclarant que dorénavant aucun impôt , aucun emprunt, aucune levée dé deniers, ne pourroient avoir lieu, sans le consentement des Etats - Généraux ' en déclarant de meme que toutes les dépenses publiques seroient soumises à leur décision , sans excepter de cette règle les dépenses particulières à sa Personne. Enfin , il manifesta , de la manière la plus expresse, son vœu pour la destruction de toutes les autorités arîsitraires. C’est ainsi que le Roi s’expliqua dans le temps de sa pleine Puissance , et avant le rassemblement , avant la convocation des Etats-Généraux. Quel Monarque a jamais fait , de lui - meme , de pareils sacrifices de son autorité à l’établisserfient de la liberté publique? L’histoire , je le crois , n’en fournifi point d’exemple ?
Le voilà pourtant , celui que l’on tient enfermé dans une rigoureuse Prison; le voilà, celui dont vous demandez vengeance; le voilà, celui dont les malheurs inouïs ne sont pas encore assez pour vous ; le voilà , celui dont vous dites comme les Juifs ; et sauvez, les JBarrabas. O mon Dieu , versez
dans son cœur quelques consolations et soutenez son courage!
Scylla , le farouche Scylla, après avoir consacré ses fureurs par tous les genres de proscriptions , après avoir porté le deuil et la désolation dans toutes les familles , après avoir choisi , après avoir multiplié scs victimes , finit ses jours en paix au sein desaPatrie. Les Romains oublièrent ses crimes ,au moment où il leur rendit une liberté qu’il avoit usurpée. Quel contraste avec la destinée de LOUIS XVI ! Il fut constamment bon , doux et compatissant ; et loin d’avoir jamais usurpé les droits de la Nation, il a préparé la liberté publique par la seule expression, d’un sentiment généreux , et il languit dans la captivité la plus effrayante. Quel sujet pour l’iiistoire ! quels traits à ajouter au ïugubre tableau des vicissitudes humaines !
Ah ! ce que je voudrois pour ce malheureux Princes , c’est qu’il fut jugé , c’est qu’il fût apprécié d’après les sentimeiis qui appartiennent à chaque homme cm particulier ; d’après les sentiniens qu’on éprouve dans ia retraite de son propre cœur ; car je sais combien .sont redoutables ces opinions collectives , ces opinions commandées par l’esprit du jour , et auxquelles on est forcé de s’associer , avant d’avoir eu le temps d’être persuadé , avant ti’avoir eu le temps d’examiner si l’on fait bien d’être sévère, si
ti l’on fait bien de b*ïr , lorsque la nature peut-être noua a»oit donne des alTections douces, et nous avoit ainsi destinés k ia compassion et a la bonté.
Je cherche tout ce qui peut'^famener ces opinion s'’généi:ales, tout ce qui peut les soumettre à un esprit de justice. Rappelleavous encore plus particulièrement , vous les Représentons des. anciennes Communes du Royaume , et devenus si promptement les ennemis , les juges sèvères de votre infortuné Monarque , lorsque la simple reconnoissance vous imposoit le devoir de 1 aimer et de le défendre ; rappeliez-vous que le Tiers-Etat sollicitoit avec instance du Gouvernement , d’avoir aux Etats -Généraux un nombre de Représentaiis égal au nombre des Députés des deux autres Ordres réunis ; il représentoit avec lorce que tous les vices de l’organisation fiscale et toutes les inégalités dans la distribution des charges publiques, étant favorables aux intérêts des deux premiers Ordres , les anciens abus seroîcnt conservés , ou ne seroieut réformés qu’imparfaitcmeiit , si dans toutes les suppositions, soit d’une délibération par chambre , soit d une délibération en commun, le Tiers-Etats se trouvoit toujours eii moindre nombre que les Députés des Ordres privilégiés ^ et qu’à égalité il seroit encore inférieur en crédit , puisque leurs Députés seroieut nécessairement composés, en grande partie , cl honunes soumis, par leur état, a l’ascendant des Seigneurs Ecclésiastiques et Laïcs. Les communes iuvoquoient la protection d. un Père tendre et d’un Monarque bienfaisant ; c’éloit le langage d alors ; elles rappcloient leur soumission constante a l’autorité Royale , l’intérét qui les lioit a cette autorité protectrice , et elles renouvelloieut en meme temps la profession de leur dévouement paiticulier a la personne du Prince , dont elles célébroient les vertus et les intentions généreuses. Le Roi crut leurs demandes justes et se rendit à leurs instances, ta décision fut suivie des marques les plus éclatantes de reconnoissance de la part des, comiumies du Royaume et si l’on publioit aujourd’hui les lettres et les aclibérations que les diverses Municipalités de l’Empiro adressèrent alors au Gouvernement et qui contçnoiçnt, toutes l’expression animée de la plus parfaite gratitude envers le Roi, elles lormcroient un sitigulier contraste avec le langage du jour. Sans doute, on a voulu , depuis c«tte époque , revcMir de ces premiers scntinicns en présentant la décision du Roi comme une détermination imposée par les circonstances et par la force de l’esprit public ; et c’est ainsi qu’on peut , à son gré , se dégager de tous les genres de reconnoissance ; car en discutant avec ralimemcnt lesdivers mobiles d’une action bienfaisante , on trouveioit loui®uri a cette action quelqu’iutcrcl personnel , om politique, ou uioral^
ou rc Igieux , dont la decouverte serviroit de prétexte S tous les
ont l s agit aujourd liui pour ce malheureux Prince ce n’est ÿaLtl clone il se fla.toit , " ’y a "eu
pour lui’*!? ' *“■ Piesenter l’image. Tout est change'
Ss^dan T/"*' f°"’ “'“r ‘>‘1'’ il voyoit alors
méiporables rV^ actes de bienfaisance publiciiie les plus d’un d -^ ’ les traits les pL tond ans
aoüvents"d''“'"r d ““ bonheur généLl ; enfin ses
^oTr ïû le ", n «^'Pcranoes embellissoient
pour im le speclacle de l’avenir. O revers inou’i ! ô mystères do
loisro2n n "*d 1“' “ P'"* P°"'- '•’fan-
«rètè sn n “ Pccclecesseurs , et dont la vie particulière
U a ete souillée par aucune tache; c’est ce Prince qui se trouve
sc'p™rd''"‘to'^'”'r“'^* ' d’’'"* “P‘l''l‘'=' ; <=’cst l'ii qo’ou a
«paie de tous les genres de consolation ; c’est lui qui vit de scs
fat 1/ 1';;:: r“f teco„noissa„ce". l’amot Tt
dro^t de’se e^ r "n “ auxquels il avoit acquis le
ftrehe sbn b" T' d ' <’■' I" P"“l* d’avoir
chcche son bonheur dans la vie domestique , et l’on traite avec
dc'ërînfoin’""^ ’ T p'" igaorninie , la fidelle compagne
de ses iiifoi tunes, celle Princesse, issue de tant de Rois et la mie
cherie de Marie Thérèse , de cette illustre impératrice ! qnil’avlië Tri-m o" " ‘’"®P“al'ci’es des François. Hélas ! où est ce Jiaisëanec .«s honneurs qui appartenoient à l’éclat do sa
srpIë T ’ r ?"•, P™“i= au moment où elle quitta
inédiaf ri ë m'’ obbgee de renoncer à la protectioë immcln ^eiileurc et de la plus respectable des mères ? Elle
eic au;oard hin ses larmes à celles de sou malheureux epoux. IJn ,cuac enfant cleve au milieu d’eux ses mains innocentes ; et secimte , la douce confiance qu’il met encore en scs caresses ; e passe qui lui échappé , cet avenir qu’il ignore , cette protect on qu il cherche et qu’on ne peut lui promettre, tout attendrît 1 lui , tout déchiré le cœur de ses malheureux parens ; il étoit y a peu de temps , leur espérance chérie, il ne prolonge plus qoe leur douleur. Je ne puis achever ce tableau , mon amc s-uccombe en le traçant. Cependant , au milieu de cette scène de ou cui , au milieu de cette famille désolée mes yeux , bai.^nés oc larmes, apperçoivent éncorc une Princesse héroïque , sœur et constante aitue du Monarque infortuné , qu’elle n’auroit pu quitter sans mourir. On la vit, à la iournée du vingt Juin , attachée aux pas de son frère, lorsqu’il sernbloit menace' par une îoïc e iiiconnup , qui se mêla pendant plusieurs heures aux flots Oiüultueux du Peuple de Paris ; ou la vit uussi jouir , avec un
acntimciit sans modèle , de l’erreur qui la fit prendre un instant pour la Rciue, par des hommes dont les regards égare's sembloicnt C'Iierclier une victime j espérant alors , par uu dévouement suprême , que son sacriüce pourroit suffire h leur aveugle fureur. Ah ! sans doute le Ciel , en qui seul elle a rnis sa confiance ; le Ciel témoin des vertus de sa vie, s’est chargé de sa récompense , et la terre ne peut rien contr’elle. Mais.cette ardente amitié d’une sœur , dont tous les sentimens sont si purs , cette ardente amitié pour un frère dont elle' ne s’est jamais séparée , dont elle a suivi toutes les actions, dont elle a connu toutes les pensées , cette amitié si constante , n’est-elle pas un nouveau témoignage des vertus de celui qui en est Tunique objet ? ïïélas ! je crois le voir, cet iufortuné Prince, jetant uu regard plein dé douceur sur les deux compagnes de sa destinée, et leur disant d’une voix émue... si ce Peuple que j’ai tant aimé est injuste envers moi , vous ne le serez pas , je l’espère ..... vous avez lu plus d’une fois dans
le fond de mon cœur , et vous savez si j’ai voulu le bien
dites-le quelque Jour ; ils vous croiroul peut-être quand Je ne serai plus. ....
O François! au nom de votre gloire passée, au nom de votre ancienne ^renommée , bêlas ! peut-être encore au nom de cette sensibilité, de cette générosité , qui firent si long-tems votre plus bel ornement ; mais surtout au nom du ciel, au nom de la pitié, repoussez tous ensemble les projets de ceux qui cherebent à vous entraîner au dernier terme de Tingialitutlc, et qui veulent vous associer à leurs violentes passions et à leurssombres pensées; Un Koi, vous disent-ils, un Iloi n’est qu’un liornmc, et Ton ne doit à sa destinée aucune sollicitude particulicrc. (lette assertion n’est point vraie;elle ne Test pointsous le rapport clcnos sentimens. Un Roi dans Técrouieinenl de sa fortune, un Roi , lorsqu’il parvient au comble du malheur , nous retrace tons les intérêts qui nous ont unis à lui. Jl nous a paru long-tcins , par son pouvoir tutélaire , une partie morale de nous-incmes,ct son humiliation semble nous appartenir. Nous ne saurions oublier encore qu’un Monarque hércclitairc se trouve au timon de TKtat , non par sa volon té , non par sa confiance en scs propres talen5,rnnis par la condition de sa naissance et par le devoir que ce Jeu du hasard lui impose. Jl ne pcutdonc vouer à notre service que les moyens et les facultés dont Ta doué la nature ; et par cette raison nous contiiacloiis Tengagcnient tacite de condescendre à ses ci reurs et de compatir à ses loiblcsscs.Lcs momens d\‘nthoubiasmc ou de passion nous distraient de ces pensées , et semblent déranger , pour uu teuis , le coujv naturel de nos seutimens; mais au terme cxlrêinc des vengeances , les .regtudb Éd toarneut eu arrière, et là coiumciiccnt tes regrets et les
repentir?- Je lie présente pas ici des ide'cs spe'cnlatires. Qu’on lise clatirf l 'histoire de la Maison de Stuart , rédigée par un écrivain philosophe, rimpression convulsive cpie fit sur tous les cœurs la dernière catastrophe de riiifortiiné Charles I. Qu’on y arrête, si l’on, peut, son attention (r), et que l’on se demande ensuite si, dans le rapport de nos sentimrms,un Roi n’est qu^uii homme; s’il n’est qu’un liomme, surtout lorsqu’il fut si iong-tems environné do notre amour , lorsqu’il fut si long-tcms le signe de tous nos liens. jMi î qu on lise le plusafîreux des récits, et qu’on essaye ensuite de considérer sans émotion les idées funestes auxquelles oiivondroit accoutumer la Nation Françoise. Oui, qu’on le lise cct affreux récit , ctqü’oii oseenSuitôconSer aux passions exaltées du moment Jarésent, le jugement d’un Prince réduit par lafortune à l’abandon îc plus absolu, Ce Monarque, dont vous poursuivez la destinée , conserve le calme qui sied à l’innocence; et dans son liumllianté fcaptivilé , il n’a point encore perdu le sentiment de fierté, dont lie doit Jamais se départir celui qui régna pendant vingt ans sur 'îa plus grande des Nations , celui qui se vit dès son enfance le pre-
niicr des François ; mais si la crainte et l’abattement valolent mieux
auprès de vous , et s’il vous falloit des prières , si vous vouliez de* supplications , voyez ce raliicineiit universel de toute l’Europe^
( 1 ) Je fais transcrire ici un seul paragraphe , copié littéralement sur • f; ûucoisc de 1 ouvrage de M. Hume , page 174 de l’Edition
iii-4 ., Volume second.
« li est impassible de représenter la douleur, l’indignation et l’éton- « nement qui succédèrent, non-seulement dans les spectateurs qui ^ parurent cornnie mondés d’un déluge de tristesse , mais dans la Na’tian rc entier*, «ussuot que la nouvelle de cette fatale exécution y fut rép.in- « due. Jamais un Monarque, dans le plein triomphe du succès et de la « SMCtqire nefut plus cher à son Peuple, que ce malheureux Prince « letoit devenu au sien , par scs infortunes, sa grandeur d’ame sa « paiKsnce et sa piete. La violence du retour au respect, à la tendresse K fut proportionnée à .a force des illusions qui avoient animé tous ses « snieu contre lui. Chacun se reprochoit avec amertume, ou des TTC iiiiîdehtes actives, ou trop d’indolence à défendre sa cause opprimée « bur les âmes plus foihles, Peffet de ces passions compliquées fut pro- « digicux. On raconte que phrsieurs femmes enceintes se délivrèrent da
« leur fruitavant terme; d’autres furent saisies de convulsions ; d’autrea -.c tomberentdaus une mélancolie, qui les accompagna jusqu’au tombeau, or Quelques-unes, ajoute-t-on, perdant tou t soin d’elle-niéme , commesi la voWnic leur eut manque de survivre k leur Prince Bien-Aimé quand -* elles en auroient eu le pouvoir, tombèrent mortes à l’instant. Les ■« chaires meme furent arrosées de larmes, non subornées, ces chaires, d où tant de violentes rniprécanons et d’anaaiêmes avoient été lancés '« contl e lui, Ln un mot , 1 accord fut unanime à détester ces parricides hypocrites, qui avoient déguisé si long-tems leurs trahisons so-us des prétextes sanctifiés , et qui par ce dernier acte d’une atroce iniquité ,
« jeuoiant iui« tav:M» ineffaçable sur la Nation»
irovez et tremblement , cette émotion générale /voyez cet intéré» mêle de tantdelarraes, et pénétrez encore dans tons les sentunens, retenus en ce moment, par une généreuse prudence Ab n en doutez point ,1a cause de votre infortune Monarque est '*
celle de l’uuivers entier. Respectez donc les voix umoinlnajle qui vous annoncent déjà les arrêts immuables de la postcntc.t.6 n’est pas à son Tribunal que vous pourrez présenter avec succc» les illusions qui suffisent pour entraîner une multitude aveugle, ^ Ce n’est pas auprès de ce Tribunal que vous vous acqui en disant : le Peuple est souverain, le Peuple 1 a voulu; car cett» volonté que vous proclamez avec tant de faste, oette voloiilc est votre propre ouvrage, et vous le savez mieux '1'"’ jour où le procès de Charles I fut eonrmence et au u lieu du Tribunal sanguinaire , assemble pour le condaimii i , c j de la Cour de Justice, ouvrant
d’accusation contre le .Monarque; et au mo.ne.it ou .1 pio.ionç» ces mots: .Accusation nom du Peuple
entendit une voix s’écrier : « Not a teutli part of “‘™'' *
dixième partie de ce Peuple. Cette voix eto. t celle ^a .
fax , la femme de l’ami et du compagnon d arme, de t ''" J on ne le savoit pas, lorsqu’un regard du 'v—' de garde à commander que l’on fit feu sur la ° ^ p
mation étoit partie. Un tel ordre imposa silence a ‘ ^
de son malheureux Roi ; il fut reste bon, ce Peuple, l tut reste
soient reçues conmie un )ugcinent irrécusable. Al: . -
1 acte de barbarie. Vous aurez à gémir assez long-tc.mi, de
....an.,
du nom François en couvrant de votre l.guic
Prince et en repoussant enli.i ces cris sanguinaires , dont le U
et U Te’rrc seuablcnt trcssalUir. A h ! qu’au deru.er terme d. 1 lalor-
VV'iM'l
pjlM
hû' ^2-
tune, à ce période où le cœur des sauvages devient accessible à la pitié , votre Roi , votre bienfaiteur, trouve enfin parmi vous queb ques amis. Ce n est plus de son rang , cg n’est plus de sa grandeur passée j ce n est plus de ia Royauté dont je parle ^ je laisse au teins a prononcer entre les diverses opinions politiques ; mais je ne counois aucun système de liberté, qui iierfût à jamais souillé par un attentat, dont la seule idée fait reculer d’horreur tout homme sensible. Ah ! comment ai-je pu seulement approcher ma penséo d un paieil su;et? Comment ai-je pu le fixer? Il est des sentimens sans doute auxquels tous les courages appartiennent. Mais si à 1 aspect seulement de la situation d’un Prince au comble du malheur, si à la vue des dangers qui le menacent, on ne peut, sans fl émir, s occuper de sa défense, quels sentimens n’éprouveront ])as un jour ceux qui le persécutent avec tant de constance? fous les repentirs, tous les remords dévoreront leur cœur ; et s’ils parvenoi>eiit à leur dernière fin , s’ils réussissoieut dans leur barbare vœu. • . . . . O Dieu ! tu veilleras sur ce Prince , ami de la leligion, ami de la morale ,,sur ce Prince, dont l’ame fut toujours ouverte à la miséricorde et h la bonté! C’est a genoux que l’CJmvers t’en prie , adoucis , pour le sauver, et les esprits farouches et les cœurs sans pitié , et mets un terme enfin à leur aveuglcmcnt.^C est assez de rigueurs, c’est assez victimes, donnes un jour a la consolation de tant de malheureux, donnes un jour au repos de l’innocence opprimée, et que ce jour puisse être 1 époque du retour d’une grande Nation, aux vertus douces et aux sentimens d’indulgence , a ces qualités généreuses qui pourront seules lui valoir des hommages réels, et intéresser do bonne toi les Peuples de la terre a sa liberté et à sa gloire l
On trouve chez !e même Libraire, Du Pouvoir Exécutif dans les Grands États , par NECKER, 2 vol m-8 ; prix f liv.