Égaler; c'est une faute. H faut égaliser
2. De t'en revancher est une expression défectueuse, et il aurait mieux valu dire (f en prouver sa reconnaissance. Mais la pensée, pour être exprimée incorrectement, n'en est pas moins belle et n'en méritait pas moins d'être conservée. F. — Revancher; tel est le texte de l'édition donnée en 1797 par M. de Fortia sur les manuscrits de l'auteur. On lit dans l'édition de 1806 et dans celle de 1820, revenger; c'est une faute. B,
DLXXIII
Il n'y a point d'injure qu'on ne pardonne quand on s'est vengé.
DLXXIV
On oublie un affront qu'on a souffert jusqu'à s'en attirer un autre par son insolence.
DLXXV
S'il est vrai que nos joies soient courtes, la plupart de nos afflictions ne sont pas longues.
DLXXVI
La plus grande force d'esprit nous console moins promptement que sa faiblesse.
DLXXVII
Il n'y a point de perte qu'on ne sente si vivement et si peu de temps que celle d'une femme aimée.
DLXXVIII
Peu d'affligés savent feindre tout le temps qu'il faut pour leur honneur.
DLXXIX
Nos consolations sont une flatterie envers les affligés.
DLXXX
Si les hommes ne se flattaient pas les uns les autres, il n'y aurait guère de société.
DLXXXI
Il ne tient qu'à nous d'admirer la religieuse franchise de nos pères qui nous ont appris à nous égorger pour un démenti ; un tel respect de la vérité, parmi les barbares qui ne connaissaient que la loi de la nature, est glorieux pour l'humanité.
DLXXXII Nous souffrons peu d'injures par bonté.
DLXXXIII
Nous nous persuadons quelquefois nos propres mensonges pour n'en avoir pas le démenti et nous nous trompons nous-mêmes pour tromper les autres.
DLXXXIV La vérité est le soleil des intelligences.
DLXXXV
Pendant qu'une partie de la nation atteint le terme de la politesse et du bon goût, l'autre moitié est barbare à nos yeux, sans qu'un spectacle si singulier puisse nous ôter le mépris de la culture^.