DLXXXVII
L'expérience que nous avons des bornes de notre raison nous rend dociles aux préjugés,
DLXXXVIII
Comme il est naturel de croire beaucoup de choses sans démonstration, il ne l'est pas moins de douter de quelques autres malgré leurs preuves.
DLXXXIX
La conviction de l'esprit n'entraîne pas toujours celle du cœur.
DXG
Les hommes ne se comprennent pas les uns les autres. Il y a moins de fous qu'on ne croit.
DXCI
Pour peu qu'on se donne carrière sur la religion et sur les misères de l'homme, on ne fait pas difficulté de se placer parmi les esprits supérieurs.
DXCII
Des hommes inquiets et tremblants pour les plus petits intérêts affectent de braver la mort.
DXCIII
Si les moindres périls dans les affaires nous donnent de vaines terreurs, dans quelles alarmes la mort ne doit-elle pas nous plonger lorsqu'il est question pour
toujours de tout notre être, et que l'unique intérêt qui nous reste, il n'est plus en notre puissance de le ménager, ni même quelquefois de le connaître !
DXGIV
Newton, Pascal, Bossuet, Racine, Fénelon, c'est-àdire les hommes de la terre les plus éclairés, dans le plus philosophe de tous les siècles, et dans la force de leur esprit et de leur âge, ont cru Jésus-Christ; et le grand Condé^ en mourant, répétait ces nobles paroles : « Oui, nous verrons Dieu comme il est, sicuti est, facie ad faciem ».
DXGV
Les maladies suspendent nos vertus et nos vices.
DXCVI
La nécessité comble les maux qu'elle ne peut soulager.
DXGVII
Le silence et la réflexion épuisent les passions, comme le travail et le jeûne consomment les humeurs.
DXCVIII La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps,
DXCIX
Les hommes actifs supportent plus impatiemment l'ennui que le travail.
1. Louis de Bourbon, second du nom, prince de Condé, mourut le 11 décembre 1686. H avait témoigné beaucoup d'indifférence pour la religion dans sa jeunesse; mais les derniers temps de sa vie furent presque entièrement consacrés à la religion et sa mort fut très chrétieime.
DG
Toute peinture vraie nous cliarme, jusqu'aux louanges d'autmi.