Bousseau (Jean-Baptiste). B
3. Pierre Corneille, dans ses tragédies, a emprnntij (iiiclfiues traits de la rhnrsuie d« Lucain et des tragédies de Pénèqne. V>.
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J'explique ces petits détails pour rendre ce chapitre plus complet et non pour instruire des gens de lettres, qui ne peuvent les ignorer. J'ajouterai encore une réflexion en faveur des personnes moins savantes : c'est que le premier avantage du génie est de sentir et de concevoir plus vivement les objets de son ressort que les mêmes objets ne sont sentis et aperçus des autres hommes.
A l'égard de l'esprit, je dirai que ce mot n'a d'abord été inventé que pour signifier en général les différentes qualités que j'ai définies :1a justesse, la profondeur, le jugement, etc. Mais parce que nul homme ne peut les rassembler toutes, chacune de ces qualités a prétendu s'approprier exclusivement le nom générique : d'où sont nées des disputes très frivoles; car, au fond, il importe peu que ce soit la vivacité ou la justesse, ou telle autre partie de l'esprit qui emporte l'honneur de ce titre. Le nom ne peut rien pour les choses. La question n'est pas de savoir si c'est à l'imagination ou au bon sens qu'appartient le terme d'esprit. Le vrai intérêt, c'est de voir laquelle de ces qualités, ou des autres que j'ai nommées, doit nous inspirer plus d'estime. Il n'y en a aucune qui n'ait son utilité et j'ose dire son agrément. Il ne serait peut-être pas difficile de juger s'il y en a de plus utiles, ou de plus aimables, ou de plus grandes les unes que les autres. Mais les hommes sont incapables de convenir entre eux du prix des moindres clioses. La différence de leurs intérêts et de leurs lumières maintiendra éternellement la diversité de leurs opinions et la contrariété de leurs maximes.
Du caractère.
Tout ce qui forme l'esprit et le cœur est compris dans le caractère^. Le génie n'exprime que la convenance de certaines qualités^ ; mais les contrariétés les plus bizarres entrent dans le même caractère et le constituent.
On dit d'un homme qu'il n'a point de caractère lorsque les traits de son âme sont faibles, légers, changeants 3, mais cela même fait un caractère* et l'on s'entend bien là-dessus.
Les inégalités du caractère influent sur l'esprit ; un homme est pénétrant, ou pesant, ou aimable, selon son humeur.
On confond souvent dans le caractère les qualités de l'âme et celles de l'esprit. Un homme est doux et facile, on le trouve insinuant; il a l'humeur vive et légère, on dit qu'il a l'esprit vif; il est distrait et rêveur, on croit qu'il a l'esprit lent et peu d'imagination. Le monde ne juge des choses que par leur écorce;
1. Tout ce qui forme, etc. Il faut, je pense, ce qtii compose; mais la maxime n'est pas claire et ne peut être juste. M.
2. Le génie n'exprime, etc. Le génie est l'aptitude à exceller dans un art. V.
3. On dit d'un homme qu'il n'a point de caractère lorsque les traits de son âme, etc. Vauvenargues emploie ici figiucmcnt le mot de traits dans le même sens où on l'emploie en parlant des traits du visage : c'est comme s'il disait ta physionomie de son âme. On dit fort bien que tel caractère a une physionomie particulière. Ceux dont parle Vauvenargues n'ont qu'une physionomie peu marquée et qui change à chaque instant. S.
4. Cela même fait un caractère, etc. Voltaire a ajouté de sa main, à la marge comme un renvoi, avant le mot caractère, le mot pauvre. Un (pauvre) caractère. S
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c'est une chose qu'on dit tous les jours, mais que l'on ne sent pas assez. Quelques réflexions, en passant, sur les caractères : les plus généraux nous y feront faire attention.