Kon pas VesHme, mais Vadmiralion. S
3. Ceux qui manquent de probité, etc. C'est la marque d'un naturel, etc. Ces deux pensées ne semblent pas bien liées l'une à l'autre. Probité et humanité n'ont pas im rapport assez immédiat. S.
4. On pourrait peut-être accuser cette pensée d'un peu de subtilité venant d'un défaut de précision dans les termes. H est sûr que celui qui vend sa probité
La conscience, l'honneur, la chasteté, l'amour et l'estime des hommes sont à prix d'argent. La libéralité multiplie les avantages des richesses.
Celui qui sait rendre ses profusions utiles a une grande et noble économie.
LU Les sots ne comprennent pas les gens d'esprit.
LUI
Personne ne se croit propre, comme un sot, à duper les gens d'esprit.
Nous négligeons souvent les hommes sur qui la nature nous donne quelque ascendant, qui sont ceux qu'il faut attacher et comme incorporer à nous, les autres ne tenant à nos amorces que par l'intérêt, l'objet du monde le plus changeant.
Il n'y a guère de gens plus aigres que ceux qui sont doux par intérêt.
L'intérêt fait peu de fortunes^
n'en a déjà plus, puisqu'il conseEt à la vendre. Ainsi, on ne vend point sa probité, mais on se fait payer de n'en point avoir. S.
1. Par intérêt, Vauvenargues entend ici le vice ou la passion qui domine dans UT» caractère intéressé. Il n'est pas d"iisage en ce sens. S.
11 est faux qu'on ait fait fortune lorsqu'on ne sait pas en jouir.
L'amour de la gloire fait les grandes fortunes entre les peuples.
Nous avons si peu de vertu que nous nous trouvons ridicules d'aimer la gloire.
La fortune exige des soins. Il faut être souple, amusant, cabaler, n'ofîenser personne, plaire aux femmes et aux hommes en place, se mêler des plaisirs et des affaires, cacher son secret, savoir s'ennuyer la nuit à table et jouer trois quadrilles sans quitter sa chaise : même après tout cela on n'est sûr de rien. Combien de dégoût et d'ennuis ne pourrait-on pas s'épargner si on osait aller à la gloire par le seul mérite 1
Quelques fous se sont dit à table : Il n'y a que nous qui soyons bonne compagnie; et on les croit.
Les joueurs ont le pas sur les gens d'esprit, comme ayant l'honneur de représenter les gens riches.
Les gens d'esprit seraient presque seuls sans les
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sots qui s'en piquent.
Celui qui s'habille le matin avant huit heures pour entendre plaider à l'audience ou pour voir des tableaux étalés au Louvre, ou pour se trouver aux répétitions d'une pièce prête à paraître, et qui se pique de juger en tout genre du travail d'autrui, est un homme auquel il ne manque souvent que de l'esprit et du goût.
Nous sommes moins offensés du mépris des sots que d'être médiocrement estimés des gens d'esprit.
C'est offenser les hommes que de leur donner des louanges qui marquent les bornes de leur mérite; peu de gens sont assez modestes pour souffrir sans peine qu'on les apprécie.
Il est difficile d'estimer quelqu'un comme il veut l'être^.
On doit se consoler de n'avoir pas les grands talents, comme on se console de n'avoir pas les grandes places. On peut être au-dessus de l'un et de l'autre par le cœur.
La raison et l'extravagance, la vertu et le vice ont leurs heureux. Le contentement n'est pas la marque du mérite.
1. H faudrait dire, comme il veut être estimé, oa qu'il y eût précédemment un participe au lieu de rinfinitif. M.
La tranquillité d'esprit passerait-elle pour une meilleure preuve de la vertu? La santé la donne^.
Si la gloire et le mérite ne rendent pas les hommes heureux, ce que l'on appelle bonheur mérite-t-il leurs regrets? Une âme un peu courageuse daignerait-elle accepter ou la fortune, ou le repos d'esprit, ou la modération, s'il fallait leur sacrifier la vigueur de ses sentiments et abaisser l'essor de son génie?
La modération des grands hommes ne borne que leurs vices.
La modération des faibles est médiocrité.
Ce qui est arrogance dans les faibles est élévation dans les forts ; comme la force des malades est frénésie, et celle des sains est vigueur.
Le sentiment de nos forces les augmente.
On ne juge pas si diversement des autres que de soi-même.
1. La tranquillité d'esprit passerait-elle pour une meilleitre preuve, etc. MeiU eure se rapporte ici à la maxime précédente dont celle-ci est la suite. S.
Il n'est pas vrai que les hommes soient meilleurs dans la pauvreté que dans les richesses^
Pauvres et riches, nul n'est vertueux ni heureux si la fortune ne l'a mis à sa place.
Il faut entretenir la vigueur du corps pour conserver celle de l'esprit.
On tire peu de service des vieillards.
Les hommes ont la volonté de rendre service jusqu'à ce qu'ils en aient le pouvoir.
L'avare prononce en secret : Suis-je chargé de la fortune des misérables? et il repousse la pitié qui l'importune.
Ceux qui croient n'avoir plus besoin d'autrui deviennent intraitables.
1. Il n'est pas vrai que les fiommes soient meilleurs dans la pauvreté que dans les richeste*. D faudrait ce semble, dans la richesse, pour exprimer l'état de l'homme cbe. M.
Il est rare d'obtenir beaucoup des hommes dont on a besoin.
On gagne peu de chose par habileté^
Nos pkis sûrs protecteurs sont nos talents.
Tous les honmies se jugent dignes des plus grandes places; mais la nature, qui ne les en a pas rendus capables, fait aussi qu'ils se tiennent très contents dans les dernières.