GL
Nous devons peut-être aux passions les plus grands avantages de l'esprit.
\ . Ni le dégoût é H une marque» etc. 11 faut dire n'est* Cette phrase est négligée. M.
Si les hommes n'avaient pas aimé la gloire, ils n'avaient ni assez d'esprit ni assez de vertu pour la mériter.
GLIII.
Aurions-nous cultivé les arts sans les passions ? et la réflexion toute seule nous aurait-elle fait connaître nos ressources, nos besoins et notre industrie?
GLIV.
Les passions ont appris aux hommes la raison *. CL\.
Dans l'enfance de tous les peuples, comme dans celle des particuliers2, le sentiment a toujours précédé la réflexion et en a été le premier maître.
Qui considérera la vie d'un seul homme y trouvera toute l'histoire du genre humain, que la science et l'expérience n'ont pu rendre bon-
1. Cette maxime, un pou obscure, a besoin d'être éclaircie par celle qui suit. L'auteur a voulu dire, ce semble, que ce sont les passions qui, en portant l'esprit de l'homme sur un plus grand nombre d'objets, et en augmentant la somme de ses idées, lui fournissent les matériaux de la réflexion, qui C6t le chemin de la raison. Cela rapporte à ce qu'il dit ailleurs, que les passions fertilisent l'esprit. S.
2. Dans l'enfance de tous les pmiples, comme dans celle des partiestiers, etc. Il semble qu'on peut mettre individus. En est employé ici pour ie la réflexion, et c'est une négligence, à mon sei»a*
VAUVE NARGUE S.
S'il est vrai qu'on ne peut anéantir le vice, la scienee de ceux qui gouvernent est de le faire concourir au bien public.
GLVIII.
Les jeunes gens souffrent moins de leurs fautes que de la prudence des vieillards.
Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l'hiver.
GLX.
Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres est qu'ils veulent leur bien.
Il est juste d'exiger des hommes qu'ils fassent, par déférence pour nos conseils, ce qu'ils ne veulent pas faire pour eux-mêmes.
GLXII.
Il faut permettre aux hommes de faire de grandes fautes contre eux-mêmes, pour éviter un plus grand mal, la servitude.
GLXIII.
Quiconque est plus sévère que les lois est un tyran.
GLXIV.
Ce qui n'offense pas la société n'est pas du ressort de la justice *,
CLXY.
C'est entreprendre sur la clémence de Dieu, de punir sans nécessité.
La morale austère anéantit la vigueur de l'esprit, comme les enfants d'Esculape détruisent le corps pour détruire un vice du sang souvent imaginaire.