‹ Réflexions, sentences, et maximes morales de la Rochefoucauld, précédées d'une noticeChapitre 68 sur 144 · SECOND SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SECOND SUPPLÉMENT

Le goût change, mais l'inclination ne change point ^Maxime 252).

Lettre à madame de Sablé, manusc, folio 223.

Le pouvoir que des personnes qne nous aimons ont sur nous, est presque toujours plus grand que celui que nous avons nous-mêmes (Maxime 259).

Lettre à madame de Sablé, manusc, folio 211.

Ce qui fait croire si facilement que les autres ont des défauts, c'est la facilité que l'on a de croire ce que Ton souhaite (Maxime 397).

Lettre à madame de Sablé, manusc, folio 223.

Je sais bien que le bon sens et le bon esprit ennuient à tous les âges, mais les goûts n'y mènent pas toujours, et ce qui seroit bien en un temps ne seroit pas bien en un autre. Çje qui me fait croire que peu de gens savent être vieux (Maxime 423).

Lettre à madame de Sablé, manusc, folio 202.

Dieu a permis, pour punir l'homme du péché originel ![u'il se fît un bien de son amour-propre pour en être tourmenté dans toutes les actions de sa vie (Maxime 494.)

Manusc*, folio 310.

Il me semble que voilà jusqu'où la philosophie d'un laquais méritoit d'aller; je crois que toute gaieté en cet état-là est bien suspecte 1 (Maxime 504).

Lettre à madame de Sablé, manusc, folio 161.

t. Larochefoucauld cite, dans la 504e Maxime, ïe trait d'un laquais qai dausa sur Péchafaud ou il allait être roué.

IK

Force gens veulent être dévots; mais personne ne veut être humble.

Le travail du corps délivre des peines de l'esprit, et c'est ce qui rend les pauvres heureux.

Les véritables mortifications sont celles qui ne sont point connues; la vanité rend les autres faciles.

L'humilité est F autel sur lequel Dieu veut qu'on lui offre des sacrifices.

Il faut peu de choses pour rendre le sage heureux; rien ne peut rendre un fol content; c'est pourquoi presque tous les hommes sont misérables.

1 . Les cinquante Maximes suivantes sont tirées de la sixième édition des Pensées de Laroche foucauld, publiée chez Claude Barbin en 1693, plus de douze ans après la mort de l'auteur, arrivée le 17 mai 1680. Elles sont reproduites ici pour la première fois. (Note de la troisième édition de Lefè»^, juin 1844.)

124 PENSÉES DE LAROCHEFOUCÀULD.

Nous nous tourmentons moins pour devenir heureux, que pour faire croire que nous le sommes.

Il est bien plus aisé d'éteindre un premier désir, que de satisfaire tous ceux qui le suivent.

La sagesse est à l'âme ce que la santé est pour le corps.

Les grands de la terre ne pouvant donner la santé du corps ni le repos d'esprit, on achète toujours trop cher tous les biens qu'ils peuvent faire.

Avant que de désirer fortement une chose, il faut examiner quel est le bonheur de celui qui la possède.

Un véritable ami est le plus grand de tous les biens, et celui de tous qu'on songe le moins à acquérir.

Les amants ne voient les défauts de leurs maîtresses, que lorsque leur enchantement est fini.

La prudence et l'amour ne sont pas faits l'un pour

['autre; à mesure que l'amour croît, la prudence diminue.

Il est quelquefois agréable à un mari d'avoir une femme jalouse; il entend toujours parler de ce qu'il aime.

Qu'une femme est à plaindre lorsqu'elle a tout ensemble de l'amour et de la vertu t

Le sage trouve mieux son compte à ne point s'engager quli vaincre.

Il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres.

Le bonheur ou le malheur vont d'ordinaire à ceux qui ont le plus de l'un ou de l'autre.

L'accent et le caractère du pays où Ton est né demeure dans l'esprit et dans le cœur comme dans le langage.

La plupart des hommes ont, comme les plantes, des propriétés que le hasard fait découvrir.

PENSEES DE L AROCHEFOUCAULD.

Une honnête femme est un trésor caché; celui qui l'a trouvée fait bien de ne s'en pas vanter.

La plupart des femmes ne pleurent pas tant la perte d'un amant, pour montrer qu'elles ont aimé, que pour paroître dignes d'être aimées.

Il y a bien d'honnêtes femmes qui sont lasses de leur métier.

Si Ton croit aimer sa maîtresse pour l'amour d'elle, on est souvent trompé.

La violence qu'on se fait pour être fidèle ne vaut guère mieux qu'une infidélité.

Il n'y a que les personnes qui évitent de donner de la jalousie, qui méritent qu'on en ait pour elles.

La jalousie naît toujours avec l'amour, mais elle nd meurt pas toujours avec lui.

Quand nous aimons trop, il est malaisé de reconnoitre si l'on cesse de nous aimer.

On sait assez qu'on ne doit guère parler de sa femme; mais on ne sait pas assez qu'on ne doit guère parler de soi.

Les occasions nous font connoître aux autres et à nous-mêmes.

Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis.

Nous ne louons d'ordinaire de bon cœur que ceux qui nous admirent.

On ne se blâme que pour être loué.

Les petits esprits sont blessés des plus petites choses.

Il y a de certains défauts qui, étant bien mis dans un certain jour, plaisent plus que la perfection même.

Ce qui nous donne tant d'aigreur contre ceux qih nous font des finesses, c'est qu'ils croient être plus ha biles que nous.

PENSÉES DE LAROCHEFOUOAULD.

On s'ennuie presque toujours avec ceux que l'on nuie.

Les violences qu'on nous fait nous font quelquefois moins de peine que celles que nous nous faisons à nous-mêmes.

Il n'est jamais si difficile de bien parler que quand on a honte de se taire.

Les fautes sont toujours pardonnables quand on a la force de les avouer.

Le plus grand défaut de la pénétration n'est pas de ne pas aller au but, c'est de le passer.

On donne des conseils, mais on ne donne point la sagesse d'en profiter.

Quand notre mérite baisse, notre goût diminue aussi.

La fortune fait paroître nos vertus et nos vices, comme la lumière fait paroître les objets.

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