‹ Réflexions, sentences, et maximes morales de la Rochefoucauld, précédées d'une noticeChapitre 7 sur 144 · XXX HT · texte numérisé non relu

XXX HT

.pie, dans i'âme, c'est une passion de régner; dans les esprits, c'est une sympathie ; dans le corps, ce n'est qu'une envie cachée et délicate de posséder ce qu'on aime, après beaucoup de mystères. »

Je crois qu'on en peut dire tout autre chose, et je doute que beaucoup de gens goûtent cette définition. On est souvent tenté de dire aux moralistes qui parlent de l'amour, comme à Burrhus :

Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science.

D'abord, ce n'est point une passion de régner; car celui des deux qui aime le plus est toujours le plus gouverné. Ce n'est pas toujours une sympathie; carilyades amants qui n'ont entre eux aucune conformité de caractère, d'esprit ni d'humeur, et qui ne peuvent s'accorder sur rien, si ce n'est à s'aimer. Quant au désir de posséder, après beaucoup de mystères, je ne crois pas que ces mystères-là entrent dans les vertus de celui qui aime; mais heureusement ils entrent dans l'amour, parce que l'attaque est d'un côté, et la défense de l'autre ; et plus ces mystères-là durent, plus il y a à gagner pour l'amour. Au reste, je pense, comme la Rochefoucauld, qu'il est trèsdifficile à définir : aussi ne le définirai-je point, d'abord parce qu'il me convient d'être plus réservé que lui , et puis parce que chacun ne définit que le sien.

« Il y a des gens de qui l'on ne peut jamais croire du mal sans l'avoir vu ; mais il n'y en a point de qui il nous doive surprendre en le voyant. »

Exagération satirique. L'étonnement est proportionné au défaut de probabilité; et très -certainement il est des hommes en qui rien n'est plus improbable qu'un crime ou une bassesse.

« La folie nous suit dans tous les temps de la vie. Si quelqu'un

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