La mémoire est la première. Pourquoi? V
2. L'ïmaginalioîi est ici considérée relativeme^'1 à la littérature. M.
La réflexion est la puissance de se replier sur ses idées, de les examiner, de les modifier, ou d 5 les combiner de diverses manières. Elle est le grand principe du raisonnement, du jugement, etc.
La mémoire conserve le précieux dépôt de l'imagination et de la réflexion. 11 serait superflu d^ s'arrêter à peindre son utilité non contestée. Nous n'ei.iployons dans la plupart de nos raisonnements que des réminiscences ; c'est sur elles que nous bâtissons ; elles sont le fondement et la matière de tous nos discours. L'esprit que la mémoire cesse de nourrir s'éteint dans les efforts laborieux de ses recherches. S'il y a un ancien préjugé contre les gens d'une heureuse mémoire, c'est parce qu'on suppose qu'ils ne peuvent embrasser et mettre en ordre tous leurs souvenirs, parce qu'on présume que leur esprit, ouvert à toute sorte d'impressions, est vide, et ne se charge de tant d'idées empruntées, qu'autant qu'il en a peu de propres; mais l'expérience a contredit ces conjectures par de grands exemples. Et tout ce qu'on peut en conclure avec raison, est qu'il faut avoir de la mémoire dans la proportion de son esprit, sans quoi on se trouve nécessairement dans un de ces deux vices, le défaut ou l'excès.
Fécondité-
Imaginer, réfléchir, se souvenir, voilà les trois principales facultés de notre esprit. C'est là tout Je don de
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penser1, qui précède et fonde les autres. Après vient Ja fécondité, puis la justesse, etc.
Les esprits stériles laissent échapper beaucoup de choses2 et n'en voient pas tous les côtés; mais l'esprit fécond sans justesse, se confond dans son abondance, et la chaleur du sentiment qui l'accompagne est un principe d'illusion très à craindre; de sorte qu'il n'est pas étrange de penser beaucoup et peu juste.
Personne ne pense, je crois, que tous les esprits soient féconds, ou pénétrants, ou éloquents, ou justes, dans les mêmes choses. Les uns abondent en images, les autres en réflexions, les autres en citations, etc., chacun selon son caractère, ses inclinations, ses habitudes, sa force, ou sa faiblesse.