DEUXIÈME FOIS
Nommé au beylicat l’an de l’égire 1235 (1821), a régné jusqu’en 1237 (1823). Durée du règne, 2 ans 1/2. — Assassiné parles siens.
Grâce à la sagesse qu’il avait déployée à l’époque de la première partie de son règne qui avait duré deux ans , ichmet-Mameluck avait de nombreux partisans , tant dans la ville de Constantine que parmi les Arabes de la campagne. Aussi son administration était-elle beaucoup regrettée. A la mort de son prédécesseur une députation de la ville partit pour Alger chargée de riches présens afin de solliciter sa réélection. Le dey, soit qu’il fût séduit par la munificence des présens , soit qu’il fût disposé à commettre un acte de justice aussi louable qu’il était rare, accueillit favorablement cette demande et pour la deuxième fois Achmet-Mameluck fut nommé bey de Conslantine au grand contentement de toute la province. Il eut pour califat Adji-Achmct,qui fut bey cinq ans plus tard. Celui-ci, dominé par l’ambition d’arriver au pouvoir, ayant conspiré contre son chef avec l’intention de le chasser, eut sa tête mise à prix par le bey Mameluck. Mais Achmet, qui comptait déjà un grand parti dans la province, put se sauver pendant la nuit; il se rendit à Alger où le dey, dont il s’attira la faveur par d’importans cadeaux, le compta bientôt au nombre de ses favoris. Tout semblait cependant promettre au bey Mameluck une longue possession du pouvoir lorsqu’un Tunisien, que le hasard amena à Constantine, le reconnut et le signala comme chrétien. Tl n’en fallut pas davantage pour rendre
le courage à ses ennemis qui réussirent à le faire assassiner dans son palais. Il était né à Porto-Ferrare , province de Livourne , et par conséquent d’un pays chrétien. ( Voir son premier règne , n° 19.)