IBRAHl^BEY
Nommé au beylicatl’an de l’égire 1237 (1823), a régné jusqu’en 1240 (1821).
Durée du règne, 3 ans 8 mois. — Destitué.
Turc d’origine, Ibrahim-Bey, doué d’un esprit naturel et de sentimens généreux , fut assez adroit pour se faire un grand parti parmi les tribus du sud-est de Constantine et notamment celle des Haractads. Grand ami d’Adji- Achmet qui était à Alger, il entretenait avec lui de fréquentes relations pendant le règne du précédent ; nommé bey par l’influence des Arabes que soutenait près du dey d’Alger l’ancien califat Aclimet, il fut bientôt détesté des siens et des Koulouglis qui, après deux ans de règne, réussirent à l’éloigner. 11 était brave et soutint courageusement les différentes luttes que les Turcs lui suscitèrent tant à la ville qu’à la campagne ; nous le verrons bientôt jouer un rôle important pendant le règne d’ Aclimet ; après sa destitution il se réfugia au milieu de quelques tribus amies du côté de Tunis.
2 h. MOHAMMET-BEY-MAMANLI.
Nommé au beylicatl’an de l’égire 1240 (1824), a régné jusqu’en 1242 (1826).
Durée du règne, 2 ans. — Assassiné par ordre du dey d’Alger.
En apprenant la destitution d’ Ibrahim-Bey, Aclimet,
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qui était toujours à Alger, ne manqua pas d’intriguer et de soulever en sa faveur le parti kabaïle en prodiguant l’or. Une lutte sanglante s’engagea à cette occasion entre ce parti et les Turcs ; mais ceux-ci, ayant eu le dessus , proclamèrent Moliammet, bey. Mohammet à peine nommé fit prendre et trancher la tête à plusieurs Kabaïles. Les plus influens, effrayés, quittèrent la ville pour se réfugier dans leur montagne afin de se soustraire à la vengeance que le parti turc fomentait depuis longtemps contre eux. Mohammet était un homme capable et instruit; la justice qui présidait à tous les actes de son administration lui aurait acquis sans doute la confiance même du parti qui lui avait été le plus opposé, s’il n’eût eu pour ennemi et pour adversaire un homme aussi riche et aussi influent que Adji-Achmet; lequel, à force d’intrigues, finit par le faire assassiner par ordre du dey d’Alger. D’autres versions prétendent qu’il aurait pu échapper à son assassin et qu’il se serait enfui du côté de Milianah. Mohammet était très vénéré comme marabout, mais il passait pour un faible politique.