LES BETS QUI ONT REGNE A CONSTANTINE
DEPUIS t’AN DE l’ÉGIRE 1123 (1710) JUSQU’EN 1253 (1837).
Bien des personnes qui connaissent l’ignorance des Arabes et leur indifférence à écrire les événemens qui se passent chez eux, nous demanderont à quelles sources nous avons puisé les documens historiques qu’on va lire ; les voici : les habitans de Constantine diffèrent beaucoup, sous le rapport de l’instruction, de ceux d’Alger. Parmi eux il s’en trouve quelques uns qui ont une connaissance aussi parfaite de l’histoire de leur pays que le comporte leur mémoire ; car la plupart des faits, n’étant pas écrits, se transmettent tout simplement par la tradition; mais l’Arabe étant naturellement enclin à l’exagération, il arrive souvent que les événemens, après avoir passé par plusieurs générations, finissent par être totalement transformés et paraissent incroyables par les cir-
constances presque surnaturelles dont il se plaît à les entourer. Secondé parM. Rousseau, interprète très versé dans la langue du pays, nous avons extrait nos documens de récits que nous ont faits quelques Arabes le plus haut placés et des plus instruits de Constantine, à la tête desquels nous placerons le grand Mufti (ou chef de la religion) ; en indiquant cette source, c’est la seule garantie que nous puissions et que nous voulions leur donner.