CONCLUSIONS
19 Nous reconnaissons que le somnifène est d’administration facile, que les malades s’endorment d’une façon beaucoup plus agréable et paisible qu'avec les anesthésiques par inhalation et que, lorsque la narcose réussit pleinement, le silence abdominal est parfait, donnant une impression de sécurité absolue.
20 Par contre le somnifène présente l'inconvénient de ne pas suffire par lui-même à donner l’anesthésie complète ; il faut faire précéder son administration d’une injection de morphine et surtout de scopolamine, produit considéré par beaucoup comme toxique.
39 Même avec l'association scopolamine-morphine, le somnifène ne donne pas régulièrement une anesthésie complète, de sorte qu’il faut ajouter à l’action de trois hypnotiques, celle d’un anesthésique volatil : chloroforme, éther ou kélène.
49 L'avantage, signalé par de nombreux auteurs, de pouvoir se passer d'un anesthésiste n'existe pas, puisqu'on n’est jamais sûr d’avoir une anesthésie com-
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plète ; d’autre part, il est presque indispensable pour le chirurgien, dans toute intervention, d’avoir près du malade un aide chargé de surveiller son facies, sa respiration et son pouls et de lui donner, en cas d’incident, les premiers soins.
5° La somnolence que présentent les opérés après l'intervention et qui dure parfois plusieurs jours, est à notre avis un inconvénient, car, si elle évite à l’opéré la souffrance post-opératoire, elle prive le chirurgien des renseignements précieux que peut lui donner le patient sur son état.
69 L’agitation des opérés est également un gros inconvénient car elle nécessite une surveillance très serrée, elle impressionne l’entourage, elle peut nuire à la bonne réussite de certaines interventions.
79 Les opérés endormis au somnifène présentent très souvent pendant les jours suivants, un facies jaune, terreux, des traits tirés et donnent l'impression d’être sous le coup d’une intoxication.
80 Si chez la plupart de nos opérés nous n’avons pas constaté de modifications sensibles du pouls, de la respiration, de la secrétion urinaire, de la teneur du sang en urée, nous avons eu deux cas successifs où les malades sont tombés rapidement dans le coma avec symptômes très graves. L'un est mort rapidement, l'autre nous donna des inquiétudes sérieuses pendant