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HISTORIQUE DE L'ANESTHÉSIE

Avantages et inconvénients des différents procédés

L’anesthésie à pour but la suppression de la sensisibilité et la résolution musculaire pendant les interventions ; elle n’a été vraiment réalisée qu’au cours du siècle dernier où l’on a commencé 3 employer des procédés scientifiques pour l'obtenir. Elle à d’ailleurs contribué pour une part à l'essor prodigieux qu'a pris la chirurgie récemment.

Et pourtant, depuis longtemps, depuis toujours peut-être, on à essayé d’amortir la douleur dans les opérations chirurgicales.

Pour enlever le prépuce aux enfants, les Assyriens leur comprimaient les vaisseaux du cou.

Les Grecs et les Romains pratiquaient l’anesthésie locale, d’après Dioscoride et Pline, en délayant dans du vinaigre la « pierre de Memphis » et en appliquant ensuite le mélange sur les parties à opérer. Vers la même époque l'anesthésie générale était obtenue au moyen de breuvages à base de mandragore.

La mandragore et autres médecines somniféres étaient encore employés plusieurs siècles après dans le même but.

Puis, vers 1500 on utilisa les mélanges doués, paraît-il, de propriétés stupéfiantes comme l« Aqua ardens» que l'on obtenait « en distillant dans un

alambic un mélange de vin foncé en couleur, de chaux vive, de sel commun, de tartre et de figues vertes ».

Un peu plus tard la réfrigération des tissus, l'ivresse, les émotions vives étaient utilisées comme procédés d’anesthésie.

Il est évident que ces différentes tentatives n’ont pu donner que des résultats douteux et inconstants ; c'est pourquoi nous sommes passés rapidement pour arriver au xiIx£ siècle, ou l’ère de l’anesthésie parinhalation commence.

A cette époque existait en Angleterre, à Bristol, un établissement où deux médecins, les docteurs Beddoes et Richard Pearson traitaient les phtisiques au moyen d’inhalation d’éther et autres gaz. Le chimiste, attaché à l'institution, Davy, s’aperçut en étudiant ces différents gaz que l’un d’eux, le protoxyde d'azote, présentait des propriétés stupéfiantes qu'il utilisa d’abord sur lui-même pour calmer ses névralgies dentaires. « Comme les propriétés du protoxyde d'azote, disait-il, détruisent les douleurs physiques, probablement 1l pourra être employé dans les opérations chirurgicales, dans lesquelles il n’y a pas une perte de sang très grande ». Malgré ces sages réflexions du chimiste, les propriétés du «gaz hilarant », comme on l’appelait encore à cause du rire nerveux qu'il provoquait chez certaines personnes, ne furent pas utilisées à ce moment.

C’est en 1844 qu'un dentiste américain, Horace Wells, pratiqua couramment l'extraction des dents sans douleur en endormant ses patients avec du

protoxyde d'azote; il communiqua ses résultats aux chirurgiens de Boston et en particulier à son ami Morton qui l’accueillirent avec indifférence.

Deux ans après, en 1846, Morton se décidait à son tour à faire des essais et chargeait le chimiste Jackson de lui fournir du gaz nitreux ; celui-ci ayant étudié les propriétés de l’éther conseillait ce produit à Morton qui, le 30 septembre 1846, pratiquait la première anesthésie à l’éther avec succès. Quelques mois plus tard Malgaigne essayait en France le nouveau procédé. L’anesthésie chirurgicale était constituée.

Peu de temps après un nouvel anesthésique était expérimenté : le chloroforme, et le 10 novembre 1847, Simpson, d'Édimbourg, publiait ses premiers résultats.

Quelques cas de mort par anesthésie à l’éther ayant été signalés et le chloroforme donnant un sommeil plus rapide et plus profond, celui-ci supplantait peu à peu l’éther et finissait par être utilisé d’une façon à peu près générale.

A son tour le chloroforme donnait des accidents plus nombreux et surtout plus graves que l’éther, si bien qu’une réaction se produisait et qu’une lutte entre les deux produits ou plutôt entre leurs partisans s’engageait. Certains centres n'utilisaient que le chloroforme ; d’autres, et en particulier les chirurgiens lyonnais et suisses adoptaient exclusivement l’éther.

On peut dire que depuis cette époque éther et chloroforme sont restés, en France au moins, les deux anesthésiques presqu’exclusifs ; le protoxyde d’azote

jouissant encore d’une grande faveur dans certains hôpitaux, d'Amérique en particulier.

A côté d'eux une foule d’anesthésiques ont pris naissance ; citons-en quelques-uns : éther chlorhydrique, aldéhyde, amylène, acétone, liqueur des Hollandais, kéresolène, acide carbonique, oxyde de carbone, bisulfure de carbone, benzine, bromure d’étyle, chlorure de méthyle, somnoforme qui n’ont eu qu’une vie éphémère ; chlorure d’étyle enfin (ou kélène) qui est beaucoup employé aujourd’hui pour les petites interventions ou comme premier temps d’une narcose à l’éther ou au chloroforme.

Ces différents anesthésiques, bien qu'employés couramment, présentent cependant des inconvénients que nous allons exposer rapidement :

Le chroforme est dangereux pour le foie, pour le rein et surtout pour le cœur. Il donne une grosse mortalité et si nous nous en rapportons aux chiffres de Korte qui a fait la moyenne de plusieurs statistiques nous trouvons que le chloroforme donne une mort sur 3162 anesthésies.

L’éther est beaucoup moins dangereux. Cependant les complications pulmonaires sont à craindre et même 1l n’est pas exempt de mortalité. Sur un nombre évidemment très important d'anesthésies à l’éther, le docteur Leclerc a eu deux morts : l’une chez une jeune femme atteinte de goître (opération sans difficulté notoire), l’autre chez une femme assez résistante présentant un cancer du sein. D'ailleurs la même statistique de Korte donne une mort sur 16.302 anesthésies à l’éther. |

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