LION ES
par des plaisanteries ; une autre nous racontait qu’elle était heureuse, qu’elle voyait Notre-Dame de Lourdes qu'elle allait vers le Bon-Dieu.
La plupart présentaient de la xanthopsie, l’un d’eux avait la sensation de voir tourner les objets.
Dans tous les cas les malades s’endormirent d’une façon parfaitement calme, sans la moindre excitation, ni la moindre défense. Lorsqu'ils s’éveillaient, ils se déclaraient très satisfaits du procédé : quelques-uns ayant été précédemment endormis à l’éther ou au chloroforme ne cachaïient pas leur préférence pour le somanifène.
Une de nos malades fut persuadée, pendant plusieurs heures après son réveil, qu’elle n'avait pas été opérée. |
Mais si nous obtenions toujours un sommeil paisible, par contre l’anesthésie n’était pas toujours complète.
Dans 3 cas seulement sur 9, l’anesthésie fut par-. faite : Le «silence abdominal » fut absolu et le docteur Leclerc fut très heureusement impressionné par ce calme général qui régnait aussi bien sur le visage du patient que dans son abdomen; silence abdominal comparable à celui que donne la rachianesthésie. Et il est certain que les anesthésiques par inhalation ne donnent que très rarement un silence aussi absolu.
La nouvelle anesthésie présenterait également un gros avantage dans les opérations portant sur le crâne ou la face. Ainsi dans l'observation n° 4 de la première série, il s'agissait d’un néoplasme très étendu de la face et le chirurgien pratiqua l’exérèse complète du
Ne
nez et parties avoisinantes. Toute autre anesthésie, voire même à la sonde, aurait été d’une difficulté considérable. |
Malheureusement l’anesthésie parfaite est loin d’être la règle. Dans les 6 autres cas elle fut incomplétes:
Chez la malade de l’observation n° 9 on ne compléta point l’anesthésie par l’éther ou le kélène car un barrage soigneux à l’aide de grandes compresses maintenues par une valve avait pu être fait ; mais pendant toute la durée de l’intervention la malade se plaignit et poussa.
Les cinq autres anesthésies (obs. n° 2, 3, 6, 7, 8) durent être complétées.
Les opérés poussaient d’abord au moment de l’incision des différents plans et l’anesthésiste s’empressait d'appliquer la compresse ou le masque. Souvent quelques minutes suflisaient ; une fois cependant, on dut maintenir le masque pendant 7 minutes, une autre fois pendant 10 minutes. Cela prouve déjà une narcose très incomplète. Et qu'y a-t-il de plus ennuyeux pour le chirurgien que d'attendre après l’incision de la peau, que le malade dorme bien ou de lutter au moment de l’incision du péritoine avec un intestin qui à toute force veut s'échapper du ventre ? Et quel est l'étudiant qui ne se souvient d’avoir reçu de son maître un reproche ou de l’avoir vu esquisser un geste d’impatience lorsque le patient qu'il endormait poussait à cette période de l'intervention ?
Une fois le ventre ouvert et les grandes compresses placées, le cas échéant, l’anesthésie se passait bien en
TT
général ; c’est d’ailleurs le moment où on descend sans inconvénient à la division 2 et même 1 del’'Ombredanne donc le moment où une dose infinitesimale d’anesthésique est nécessaire.
Puis lorsqu'on retirait les grandes compresses et qu'on refermait la paroi, le malade poussait de nouveau et on était obligé de compléter encore au kélène ou à l’éther.
Ces instants où les malades poussent, à l’incision et à la fermeture, sont non seulement ennuyeux, car ils font perdre un temps précieux, mais encore dangereux car on risque d'ouvrir l'intestin en même temps que le péritoine ou de lui donner un coup d’aiguille.
Nous avons noté en outre une persistance à peu près générale du reflexe pupillaire. Le réflexe cornéen disparait, mais réapparait rapidement.
Les mouvements des bras et des jambes sont fréquents même lorsque l’anesthésie est bonne.
Nous avons constaté une fois un hoquet passager.