JON FOUR
vu, des mythomanes de toujours, elles eèdent à la nécessité du mensonge utilitaire, du mensonge à temps. Dupré et Logre l’ont vu. Ils étaient empêchés d'ajuster cette tendance qui est réellement en elles à l’hypothèse d’une suggestion inconsciente qui n’est qu'une vue de l’esprit. Tout s’éclaire, lorsque, repoussant l’idée d’une suggestion inconsciente, pour parler comme les classiques ou d’un refoulement inconscient pour prendre le langage de Freud, on convient que les hystériques optent volontairement pour le mensonge, parce qu’il leur apparaît comme le meilleur moyen de se défendre ou d’obtenir ce qu'elles désirent.
Est-ce que les hystériques sont, en fait, des infantiles, comme le soutient Pierre Galimard ? Cela est vrai pour quelques-unes d’entre elles, non pour toutes. On en rencontre de très intelligentes et de très cultivées, douées d’une volonté ferme et qui savent mener leur barque avec beaucoup d’adresse. Cette’ fondatrice d’une religion qui devint, nous dit Pierre Janet, la femme la plus riche de l’Amérique, ne manquait ni d’audace, ni de continuité dans ses desseins. Si le credo qu’elle sut imposer à ses fidèles nous paraît procéder d’une imagination assez pauvre, l’ardeur et l’habileté qu’elle mit à le défendre et à le propager témoignent de qualités qui n’appartiennent guère aux enfants.
. À. Manceaux, C. Bardenat, R. Susini, nous font pénétrer dans l'intimité des indigènes algériens. « S’il n’est pas dou-
| teux, disent ces auteurs, que le déterminisme des accidents pithiatiques se trouve intimement lié à la mentalité primitive de nos indigènes -— principalement ceux des campagnes — les démonstrations de la névrose hystérique ne se rencontrent guère en dehors des cas où un intérêt matériel ou moral entre en jeu ». Ces hommes enlevés à leur terre simulent avec une ténacité que rien ne désarme — même le fait d’être pris en flagrant délit — des affections qu’ils n’ont point, pour éviter de participer à une guerre dont ils savent les dangers sans en connaître les buts. Si, traversant la Méditerranée pour revenir en France, nous nous informons de l’origine de nos malades, nous appre-
Le ÈR
nons que les habitants des villes sont aussi prompts que ceux des campagnes à créer, s’il est besoin, des syndromes hystériques et que tous les milieux sociaux fournissent leur contribution à la « névrose ».