‹ Réflexions sur l'HystérieChapitre 14 sur 33 · MN) DE · texte numérisé non relu

MN) DE

quelques semaines après ses accidents d’astasie-abasie. On n’oubliera pas que c’est après une « petite vérole » qui l’avait maintenu trois semaines au lit, que le jeune Gide imagina pour les jouer les scènes pseudo-morbides qu’il décrivit plus tard. Et l’on comprend que Janet ait insisté sur la dépression de ces malades, dépression légère, différente de celle que l’on observe dans les grands accès mélancoliques. Le mot est commode et juste. On l’accepte avec empressement, à condition de ne pas le faire suivre des expressions devenues classiques de « diminution de la synthèse psychologique » et, surtout, de celle de « rétrécissement du champ de la conscience », ce rétrécissement du champ de la conscience qui allait de pair dans un dyptique conventionnel avec le rétrécissement du champ visuel. S'il existe de l’asthénie physique chez ces malades, ainsi qu’une asthénie morale qui les invite à repousser momentanément les contraintes familiales et sociales, il n’y a aucune altération de leur activité intellectuelle, aucune diminution de leur aptitude à exercer leur none leur jugement, leur sens critique. On dirait même qu’à la faveur du repos qu’elles s'accordent, leur esprit devient plus agile, leur sens des combinaisons — utiles pour l’avenir — plus aigu: Il reste pourtant qu’elles sont lasses, fatiguées, peu disposées à l’effort. C’est pourquoi elles choisissent un des moyens les plus simples qui soient à leur portée.

Elles font un choix, en effet. D’autres, asthéniques, et pour des causes identiques, ne se comportent pas de la même manière. Celles-là, passives et résignées, acceptent leur sort et supportent, tout en souffrant, les ennuis, les vexations dont la vie les accable. Celles-ci, querelleuses et violentes, défendent leur indépendance en criant si fort qu’on n’ose plus äffronter leurs accès de colère. D’autres se laissent aller doucement à la mélancolie, au suicide au besoin, tandis que beaucoup, hyperémotives constitutionnelles, réaliseront le syndrome de la psychasthénié avec ses cris d’angoisse et ses obsessions. Les hystériques, elles, optent pour la ruse, et, reconnaissons-le, pour le mensonge. Si elles ne sont pas forcément, nous l’avons

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