‹ Réflexions sur l'HystérieChapitre 32 sur 33 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Ni la suggestion pure, endogène ou exogène; ni la suggestion associée à la mythomanie et à une psychoplasticité particulière aidant à réaliser des troubles dont l’origine serait dans l'inconscient ; ni le refoulement freudien qui laisse le sujet dans l'ignorance des causes de son mal et se rapproche par là des théories précédentes; ni les théories organicistes selon lesquelles il existe une « matière » à la primitive affection «sine materia », « matière » que l’on décèle dans les régions les plus variées de l’encéphale, ne sont capables de faire comprendre l’évolution si capricieuse des accidents hystériques, leur polymorphisme, leur caractère fantasque, leur mode de guérison.

2° Si l’on prend la peine de soumettre à une sévère critique un certain nombre d'observations dans la masse de celles qui ont été publiées, et si l’on suit attentivement des hystériques en traitement, on est frappé par leur indifférence en face de leur maladie, par leur indifférence vis-à-vis de leur guérison, comme s'ils ne croyaient pas à la réalité de troubles aussi évidents pour eux que pour autrui. En cours de route, il arrive qu'on les surprenne en flagrant délit de tricherie. À ces consta- : tations, si l’on ajoute les aveux précoces et surtout tardifs de quelques malades, on est tout naturellement porté à penser que les accidents hystériques relèvent d’une simulation volonfaire. |

3° Cette notion invite à délaisser les définitions anciennes de l’hystérie. Il faut leur en substituer une autre mieux ajusiée à la réalité des faits. Puisque nous n’admettons, depuis

en de Babinski, dans le cadre de l’hystérie que les seuls accidents susceptibles d’être reproduits par la volonté, ce dernier terme remplaçant avantageusement celui de « suggestion »; puisque, : comme l’a démontré Boisseau, un homme sain peut, en effe., créer de toutes pièces, non seulement les signes les plus communs de l’hystérie, mais des symptômes hors série qui avaient pu faire penser à un subtratum organique, les mots de simulation volontaire entreront dans notre définition. Tenant compte cependant du fait que les accidents hystériques succèdent à des états dépressifs ou des déficiences mentales de causes multiples, nous proposerons la définition suivante : l’hystérie est une disposition plus ou moins morbide à simuler volontairement le pathologique. :

4° Ceci établi, dans ün chapitre réservé au diagnostic, laissant de côté ce qui a trait aux différences entre les accidents hystériques et les affections organiques, nous avons insisté sur ce qui sépare « les folies hystériques » des troubles mentaux véritables où l’auto-suggestion joue un rôle capital, comme elle le fait, d’ailleurs, dans les états anxieux. Ainsi l’opposition s’affirme-t-elle davantage entre les événements pathologiques sincères et ceux qui ne le sont pas.

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