D'ACCOMPLIR L'OEUVRE DES PRISONS
C'est dans la fin de l'œuvre des prisons qu'il faut étudier les moyens qui peuvent y conduire: ôr quels sont. les moyens propres à obtenir le salut des pauvres prisonniers? D'abord je n'ai pas besoin de faire observer que tout doit respirer la piété dans la personne qui veut suivre cette œuvre si excellente. Il faut que la piété paraisse dans tout son extérieur, dans toutes ses démarches , et qu'elle coule pour ainsi dire dans chacune de ses paroles; alors sa conduite sera comme une instruction muette qui lui ou* vrira las cœurs les plus difficiles et préparera des succès précieux ; elle trouvera ce ton du cœur qui touche et remue les cœurs; eUe aura cette voix touchante de la vertu qui pénètre l'âme, l'échs^uffe en même temps. Mais si elle n'était pas entièrement et sincèrement pieuse^ sa pa* rôle serait sèche, vide «t sans fruit; son lan-
gage serait celui du monde, et le langage du monde n'a qu'un vain éclat sans chaleur, sans onction et sans consolation.
La personne qui veut entrer dans l'œuvre des prisons doit bien se remplir de cette pensée , que la grâce et la conversion viennent d'en haut^ du Dieu qui change les cœurs; que tous les efforts des hommes les plus habiles sont vains et infructueux pour sauver les âmes ; et que la parole de l'homme est une semence qui meurt et ne donne aucun fruit si le Seigneur ne la vivifie et ne lui donne l'accroissement. Alors elle sera pénétrée de ce sentiment : Sans la grâce de Dieu je ne puis rien. Elle appellera les bénédictions du Ciel sur ^n œuvré et sur les pauvre» prisonniers ; elle se mettra avec les chers objets de sa charité sous la protection de la Sainte Vierge , et après avoir en quelque sorte associé à son œuvre cette Viei^e aus^i puissante que miséricordieusse , quels suùcès n^ doit-elle pas attendre \
il faut ensuite qu'elle ait une intention pure et droite dirigée vers Dieu ; c'est-à-dire qu'elle doit voir Dieu toujours , Dieu en tout , Dieu
partout dans son œuvre \ si elle a eu le malheur de le perdre de vue, elle ne se soutiendra pas dans cette espèce d'isolement, la moindre difficulté lui fera peur , le plus léger sacrifice la rebutera et portera dans son âme le découragement et le dégoût: ardente quand tout marchera selon ses vceux , on la verra abattue , sans ardeur et sans force lorsque le succès aura trompé son atteste. Mais qu'elle ne cherche que Dieu , alors rien ne pourra la vaincre ; elle poursuivra son œuvre avec une constance toujours égale, soit que ses efforts soient bénis du Seigneur, soit qu'ils demeurent infructueux, que les prisonniers soient envers elle ingrats ou indifférens; elle verra le nom de Dieu écrit sur le front de chacun.d'eux et les traitera tous avec une charité inaltérable: elle fera son œuvre avec un entier abandon à la volonté toujours adorable de la divine Providence, et bénira le Seigneur en tout temps.
11 faut encore qu'elle conçoive une affection forte pour cette œuvre, çt qu^elle se forme , pour ainsi dire , des entrailles de miséricorde pour ces nialheureux qu'elle veut soulager :
plus son affection sera vive, plus ses efforts se* rônt généreux , et son amour pour les prisonniers sera la juste mesure <iu bien qu'elle fera psirmi eux.
Or comment pourra- t-elle exécuter et «ntretehîr dans son âme cette aflection généreuse? Qu'elle examine d'abord combien ces pauvres gens soM malheureux et abandonnés; combien leur sort est triste et digne de compassion : elle sentira ses entrailles attendries sur leur misère , et soh<5œur éprouvera comme un besoin pressant d'aller à leur secours. Qu'elle invoque ensuite les lumières de la foi; elle verra dans les prisonniers les membres soufTrans de J. C. ,teus-Christ dans les prisonniers ! quoi de plus fort pour attacber à l'œuvre des prisons ? Oh ! comme elle aimera tendrement les malheureux des cachots , comme elle embrassera leurs misères avec une tendre affection , la personne qui verra toujours 3. C. dans les prisonniers ! Elle pourra encore considérer quelle gloire brillante distinguera dans le ciel la digne fille du Dieu de charité, qui remplit cette oeuvre avec zèle.
Les moyens que nous avons indiqués jus*»
qu'ici sont le vrai fondement du succès de Foeuvre des prisons ; mais ces moyens , qu'on peut appeler "proprement dispositions néces* saires pour \isiter les prisonniers avec fruit, ont besoin d'être soutenus par certaines qualités indispensables dans là personne qui doit remplir cette œuvre. Or ces qualités sont, à mon avis , la douceur , la fermeté , l'assiduité et la prudence.
La douceur. C'est un oracle sorti de la bouche de Jésus-Christ , que l'homme doux possédera la terre : la douceur , en effet , a sur l'homme un pou voir immuable ; elle touche, elle dompte^ elle maîtrise les âmes même les plus malfaites , et l'on peut dire que les cœurs s'ouvrent aux charmes de la douceur , comme les fleurs aux rayons du soleil.
O douceur ! ô douceur ! que tes attraits sont puissans! que tés fruits sont beaux etpréciteux! Et que ne fit-il pas par la douceur ce tout aimable saint François de Sales , qui pratiqua cette vertu dans un si haut degré de perfection !
O vous donc qui voulez vous consacrer au
salut des pauvres prisonniers, revêtèz-vous , tîomme parle saint Paul, de la douceur de 3. C. C'est par celte arme que vous pourrez conquérir ces malheureux à la vertu. Si Vous leur montrez un air sérieux et austère, leurs cœurs s'éloigneront de^ous : mais paraissez au milieu d'eux^avec un^isage affable et plein de bonté, que la douceur éclate datis toutes vos paroles et dans toute votre conduite , lors même que vous serez rebutée; soyez douce toujours , soyez douce en tout, soyez douce envers tous , et alors leurs cœurs viendront en quelque sorte seprésenter à vous,se placer entre vos âiains. La fermeté. Mais la douceur a besoin d'être soutenue par «ne fermeté courageuse. Quelle fermeté ne faut-ii pas en effet pour vaincre tout ce qu'il y a de difficultés pour aborder ces malheureux que l'humanité repousse , pour porter des paroles de salut à ces pécheurs endurcis qui long-temps ont croupi dans l'ignorance et dans le crime, pour supporter les mépris et les rebuts de ces misérables , en attendant patiemment l'heure de les gagner à Dieu!
Oui , je ne craias pas de le dire , la persanne faible et timide n'est pa^ propre à,rœiiyre.de»
prisons. Outre qu'elle ne saurait tenir, dans des exercices. si pénibles, sa parole sera çomnae enchaînée piar sa faibjei^se: elle ne ppurra^sans trembler parler avi prisonnier du salut de son âme; elle n'aura pa^.l^. force, de le repr-endre et de lui fair^ un iuste reproche , quand la circonstance, le den^andera : sa faiblesse sera bientôt reconnue y et dès ce moment à quelles peines ne. doit-elle j^s s'attendre et quel succès, doit-elle, espérer ?.
Vassiduité. tl;faui encore faire l'œuvre de» prisons avec une assiduité constante. En effet , pour ramener un pécheur « il faut d'abord étudier son cop.ur et s'insiuuer dans, son âme > ensuite le presser avec in^tance^ le. reprendre, le prier ; le menacer , selon ses dispositions. Or, pour cela, quelle constance^ quelle assiduité ne faut-il pas !
Mais àqueLsuccès peut-on prétendre^ quand oa. ne voit, les prisonniers , que de temps à antre ? Ces. visites éloignées sont toujours sans fruit; l'ignorant n'est pas instruit, le nialheur
reux n*est pas consolé , le pécheur n^est pas converti. Il arrive par hasard qu'un prisonnier se laisse toucher dans quelqu'une de ces visites ; on est ensuite quelques jours sans le voir; on n'a pas soin de soutenir et de fortifier ces fai* blés dispositions; ce mouvement salutaire de conversion se ralentit , et le malheureux retombe sous le poids de ses funestes habitudes.
On sait d'ailleurs que les prisons d'une ville se renouvellent tous les quatre ou cinq mois ; or ce n'est pas là trop de temps sans doute pour enseigner à des hommes presque abrutis les vérités de notre sainte Religion.
De là nous pouvons conclure que des visites rares laisseront l'œuvre des prisons dans une triste langueur, dans une déplorable stértiitév Mais que cette œuvre est abondante pour la personne qui l'accomplît tous les jours avec une fidélité constante !
Le prisonnier qui la voit assidue auprès de lui est touché du vif intérêt qu'elle lui porte , et il se sent entraîné à s'abandonner à celle
qui lui témoigne tant d'affection. Elle connaît d'ailleurs les besoins des prisons , et traitatit
chacun selon ses dispositions ^ elle se> fait toute à tous afin d^ les gagner toits à J. C.JL^ Seigneur bénit ses s^ins assidus et donne à son zèle des fruits consolans. Le pécheur ne tient pas contre cette £u*dente charité qui le presse avec tant ^instasce ; il cède y. il est Vidîncu y il est converti*
Si ette manque quelquefois à sa visite journalière y elle doit redoubler de zèle^ la. première fois qu'elle voit ces pauvres gens , leur té« moigner qu'elle a bien gémi de ne pouvoir se trouver avec eux. selon^a coutume^ qu'elle ne les a pas oubliés ^ qu'elle ^ prié pour eux, et leur demander avec une douce-charité si quelr que peine ne leur est pas survenue^ et si quoiqu'elle fût absente ils ont bien rempli les exerdces.ordinaires. Ces paroles bienveillantes pénètrent au fond des cœurs ies.plus mauvais, les disposent favorablement , et inspirent un respect plein de déférence pour la personne dont le langage et la conduite sont si. charitables.
Laprudencç. Il fi|ut que lapriiden^ce précède et accompagne ^n quelque sorte toutes les pa-
24 — rôles et les démarches de la personne qui s'emploie à Tœuvre des prisons* £n effet la charité sans prudence n'est qu'un zèle aveugle qui n'est pas du tout propre à établir le royaume de Dieu dans les âmes, et qui embarrasse l'oeuvre du Seigneur au lieu de l'accomplir, kossi J. C. dans les instructions qu'il donnait à ses Apôtres pour la conversion du monde , leur recommandait d'être prudens comme le serpent.
Mais entrons ici dans quelques détails : La personne qui visite les prisonniers aura parmi eux un maintien grave , un air affable et prévenant ; elle leur parlera à tous indistinctement, et les écoutera de même. Elle ne se laissera prévenir contre ni pour aucun , et pèsera toute chose avec soin avant de se déterminer. Elle n'aura jamais l'air de croire qu'ils la trompent ou peuvent la tromper; mais avant de leur accorder ce qu'ils demandent, elle aura soin d'examiner jusqu'à quel point leurs réclamations sont fondées. Lorsqu'elle aura la certitude qu'on l'a trompée, elle le fera connaître avec bonté, laissant entendre qu'elle a bien voulu l'être ; car il ne faut pas que les prison-
nîers puissent croire que la personne qui les visite manque de moyens pour les bien connaître.
Elle instruira les prisonniers arec beaucoup de patience et de bonté , et ne se permettra jamais de plaisanter de leur ignorance ou de leur grossièreté. Elle n'interrogera que ceux qui auront suivi les instructions pendant un mois à peu près, et qu'elle verra disposés k répondre.
Lorsqu'un prisonnier aura été touche par la grâce et qu'il sera entre les mains du Confes"» seur, elle se contentera de l'instruire , de le soutenir, sans se mélçr des aflair^s.de sa conscience, f^rce qu'en effet la cons(^nce est un sanctuaire dont l'entrée ne lui est pas permise : elle se gardera bien aussi de se plain* dre que. sa confession traîne trop en longueur, de lui dire que d'autres auraient fini il y a long-temps, ou autres choses semblables. Cette conduite aurait les suites les plus funestes. Elle doit seulement l'encourager, ne lui parlant que du bonheur qu'il goûtera quand il aura purifié sa conscience f t qu'il sera en paix avçc
son Dieu , etc. , etc. ^ etc. Ce serait aussi une im- t
prudence très-grave de permettre et d'accorder des faveurs singulières à ceux qui vont à confesse j qw s'approchent des sacremeos ; par-là on ouvrirait la porte à l'hypocrisie. H faut faire le même biea à tous^ qu'ils s'approchent des sacremens , ou non y pourvu qu'ils suivent les exercices de pieté et qu'ils ne soient pas scandaleux.
On doit tous les traiter avec une égale bonté, et mettre beaucoup d'impartialité dans, les distributions qu'ori- leur fait , ne pas craindre de donner à un ou à deux qui n'en ont pas grand besoin. Ces distributions faites à ceux qui pourraient s'en passer donnent beaucoup de facilité pour les conduire à Dieu. En effet, par-là on acquiert des droits sur eux et on peut mieux leur donner dés avis et leur faire des reproches , quand il en est besoin.
Si on doit reprendre un prisonnier , que ce soit en particulier , et toujours de la manière la plus douce et la plus obligeante. On peut lui dire qu'on lui fait ce reproche avec beaucoup de peine, qu'on a eu bien de la douleur
d'apprendre qu'il avait commis cette faute ;*
qu'oa voit bien qu'il en est fkché et qu'on
espère qu'il ne la commettra plus à Tavenir.
Ces corrections faites avec douceur auront
toujours dés résultats heureux y tandis qu\tne
réprimande verte doublerait le mal.
Si quelque prisonnier Voulait vous tenir tête, gardez-vous de raisonner avec lui ; par-là vous
l'irriteriez de plus en' plus : il faut lui imposer silence par une fermeté calme , et si les autres prisonniers sont présens , adressez avec sangfroid la parole à quelqu'un d'entr*eux. Dans le cas où vous en trouveriez qui vous mépriseraient vous y vos conseils , ou vos secours , n'ayez pas l'air d'en faire cas ^ mais montrezvous toujours satisfaite et bien à votre aise. Ces sortes de dispositions sont rares , durent peu ^t produisent de grands biens quand on sait en profiter.
^ Cki ne doit pas s'ingérer dans les affaires pour lesquelles les prisonniers sont prévenus ou condamnés , recevoir leurs confidences , aller parler à leurs juges: ce serait une grave imprudence. Il e$t vrai qu'il y a des cas où l'on
leur bien faire comprendre qu'en général tous les malheurs yiennent de llgnorance comme de leur source , et que ce serait folie de vouloir demeurer dans cette ignorance qui leur a été si préjudiciable.
Ces instructions doivent rouler sur les principales vérités de notre sainte Religion , et afin qu'eHes soient profitables à ces pauvres igno* rans, il fâutles faire de la manière la plus claire et la plus simple , les rapporter à leur position ^ se borner au pur nécessaire , et réduire ses explications en petites questions faciles à retenir. Comme les comparaisons et les exemples sont très-propres à ouvrir Tintelligence , à soutenir l'attention et à aider la mémoire , on doit en user souvent. Ces instructions ne doivent pas durer plus de trois quarts d'heure. Il faut les faire tous les jours j et les recommencer tous les trois mois après les assises. Il est nécessaire de choisir quelques prisonniers pour apprendre la lettre du catéchisme à ceux qui ne savent pas lire.
Il serait bien à désirer sans doute que la même personne pût faire toutes les instruc-
— Si —
tions , alors elles auraient plus de suite , et les prisonniers à force d'entendre de la même bouche les mêmes explications , les mêmes choses , aï*riveraierït plus sûrement au degré d'instruction nécessaire , au lieu que si plusieurs personnes s*en~^ occupent successivement , il est bien' à craindre qu'elles perdent toutes leur temps et leurs peines. Chacune en effet aura sa marche particulière , chacune donnera les explications à sa manière , et le malheureux ignorant, qui aurait besoin qu'on l'instruisit toujours sur les mêmes mots y sera bien en danger de se brouiller , de se perdre dans les explications diverses. On peut conclure de là que si dçux ou trois personnes travaillent conjointement à l'instruction des prisonniers 9 elles doivent pour avoir du succès se former à une même manière d'instruire.
EXERCICES jrOUBrïALIERS.
La personne qui a pris sur elle Tœuvre des prisons ne peut pas sans doute se trouver toujours avec ces pauvres gens; mais ses soins
ne doivent jamais les quitter. Ainsi elle doit faire en sorte qu'ils reraplisstent tous les jours leurs devoirs de piété. Us doivent réciter en commun dans la chapelle la prière du matin^ et faire ensuite ta lecture du Saint du jour. Après cette lecture on apprend la lettre du catéchisme. Tout cela ne doit pas aller au-delà de neuf heures trois quarts* Llnstruction se fait dans l'après-midi. Elle est suivie d'un chapelet et de quelques réflexions sur les principales vérités de notre sainte Religion. On doit avoir terminé ces exercices à quatre heures. Dans la soirée ils se réuniront dans la chapelle pour y faire la prière*
HETRAITES.
Quand on a des communions générales (et on peut en avoir tous les trois mois ) il convient d'y préparer les prisonniers par une retraite de quatre jours. Cest à M. l'Aumônier qu'il appartient de tout régler dans ces retraites ; il parait cependant convenable que la^ Messe et les instructions soient données par un
— 55 ~ Prêtre étranger, et qu'il demeure lui-même charge de la méditation et de la prière du matin et du soir. Du reste ces retraites devraient avoir lieu quinze jours avant les assises.
Telle est Tœuvre des prisons y noble ^ généreuse, héroïque : voyez-la cette femme forte en face du taUeau repoussant de la grande misère des cachots; elle le contemple sans s'effrayer , elle voit combien cette œuvre présente de difficultés ; mais* elle sait que ce n'est pas d'une
âme généreuse de calculer la peine quand il s'agit de la gloire de Dieu et du salut du prochain. Animée d'un saint zèle elle entre dans l'œuvre avec ardeur : glorifier Dieu ^ sauver le prisonnier, telle est sa fin; ses yeux et son cœur sont attachés à ce noble but, elle y tend avec autant de force que de douceur. Glorifier Dieu, sauver le prisonnier, telle est sa devise, et cette devise anime son courage et soutient son ardeur: toujours douce et compatissante , toujours ferme et généreuse > elle poursuit son œuvre avec constance; rien ne l'arrête, rien ne la décourage , parce qu'elle fortifie son âme contre les difficultés , les peines et les souf-
frances par ce sentimeqt généreux: glorifions Dieu , sauvons les prisonniers. Les mains plei-^ nés de bienfaits , la eharité dans le cœur, la douceur sur le front , elle apparaît aux pri*sonniers comme l'ange de la miséricorde et de la consolation. Que ^ voix est touchante^ lorsqu'elle fait entendre dana le séjour du crime el du malhepr ^^s paroles de J. C. : O vous tous qm êtes épuisés, de trasfàil et qui êtes chargés , venez à moi , et je vous soulagetni. Pauvres prisonniers.^ votre peine est grande et votre misère ph>fonde ; les hommes vous re« poussent^ Ja justice humaine vous poiirsuit^ et le calice de sa colère he s'éloignera point de vous que vot>s ne l'épuisîez jusqu'à Ja lie; mais le bon Dieu ^ envers qui vous êtes mille fois plus coupables qu'envers les hommes , vous appelle tendrement à lui pour vous soulager : il vous ouvre ses bras ^ il vous ouv^e son cœur. Ah! je vous en conjure par vos malheurs , par le salut de votre âme , par les entrailles de J. C. , jetez->vous dans les bras de ce bon Sauveur , entrez dans son cœur :
c'est là que vous trouverez la paix , là conso-
ktion et le bonheur. Qu'elle est touchante cette douce voix qui annonce miséricorde et consolation dans le séjour du crime et du malheur! elle trouve et remue le cœur du pauvre prisonnier (comme on Fa vu très^souvent ), et celui-ci, pénétré de ses maux et de la bonté du Seigneur , s'élance vers Dieu du fond de sa misère, en répétant avec larmes: Miséricorde , Seigneur , miséricorde et consolation ! Qu'elle est donc heureuse , qu'elle est agréable au Seigneur la personne qui entreprend l'œuvre des prisons avec courage , et qui la poursuit avec fidélité! elle fait vraiment l'œuvre de Dieu , et Dieu sera le prix de son œuvre ; elle s'enrichit d'une moisson abondante de mé** rites et de gloire : fille généreuse du Père céleste , elle se fait pour le ciel une couronne brillante ; un trône sublime est préparé pour elle dans le royaume éternel du Dieu qui est charité. " ^