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Chez VEURONNAIS, Imprimeur- Libraire et Lithog^raphe,
rue des Jardins, 14.
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Rattachée aux sciences expérimentales , qui avec la connaissance des corps de leur domaine, comportent celles des forces qui leur donnent le mouvement, la pathologie, par les mêmes nécessités, comprend dans son étude non-seulement les actes morbides qui lui sont propres , mais encore la connexion de ceux-ci , ou leur mode de production et de succession, sans séparer des effets de leur cause.
Partageant ainsi l’attention entre les faits particuliers d’une part et les conséquences qui en
dérivent de l’autre;, elle conduit naturellement à une double opération, puisqu’elle appelle à compléter l’observation matérielle par des déductions et consiste réellement dans la recherche de la raison d’existence de tous les phénomènes suffisamment constatés.
Il est à regretter cependant que ce qui semble devoir être inséparable, c’est-à-dire l’observation matérielle et la systématisation, ait été au contraire, aux diverses époques de la médecine, le plus ordinairement divisé.
On le remarque, tantôt à la prédilection qu’ont inspiré les théories préconçues ; tantôt à un éloignement, non moins exclusif, pour ces théories et à la préférence plus spécialement réservée aux descriptions sans mélange d’inductions, toujours entrevues avec une extrême défiance et sous la forme de vaines conjectures.
Cette dernière manière de voir est-elle plus sage que la première ? Si celle-ci expose à édifier sans un examen suffisant des matériaux à mettre en œuvre ; celle-là , à son tour, n’est-elle pas aussi fâcheuse, en laissant sans emploi ces^matériaux confusément épars? Bien plus ne contribue-t-elle pas à entraver tout mouvement scientifique, en
proscrivant de la sorte le raisonnement, et par suite inévitable, ces considérations d’ensemble, tribut de rintelligence , quand les faits euxmêmes sur lesquels elle s’exerce , n’attestent que la patience de celui qui s’est borné à les recueillir?
La patience , sans doute , appliquée à saisir avec exactitude tous les traits infiniment mobiles des maladies, est déjà un grand mérite; mais, si elle enrichit la science, seule, elle ne suffit pas pour la constituer. Celle-ci veut en outre la réunion en tableau fidèle de tous les traits dont il vient d’être question , appréciés dans leurs rapports mutuels et leurs liaisons les plus intimes, à l’aide d’autres facultés que la première ne peut remplacer toutes. Ainsi s’accomplissent les travaux qui honorent le plus l’esprit humain; ainsi se révèlent les législateurs de l’art.
Le praticien lui-même ne peut rester étranger au bénéfice de la pensée, ainsi transformée insensiblement par la réflexion en idées systématiques, quand, à chaque instant, pour coordonner ses observations de chaque jour, régler sa conduite d’après des motifs autres que ceux d’une tradition empirique, il sent le besoin d’un guide.
obéir sans cesse dans l’exercice de sa profes-
sion à une nécessité de ce genre, et en refuser Taveu , se taire sur ce qu’on a pensé, quand il s’agit de rendre compte de ce qu’on a vu , paraît un contre-sens.
Pour ce qui nous regarde, cherchant à l’éviter, en séparant aujourd’hui de l’ohjet habituel de nos études en Afrique, la question des crises, nous essaierons d’en entreprendre plus franchement l’exposition , en examinant d’ahord les conditions de l’organisme les plus favorables au développement des phénomènes qui s’y rattachent; en cherchant ensuite la définition la plus convenable sous laquelle ces phénomènes peuvent être présentés , pour indiquer successivement leurs principaux caractères , les causes susceptibles d’influer sur l’obscurité de leur manifestation , et enfin les formes qui les distinguent entre eux, et leur assignent une part plus ou moins grande dans la solution heureuse des maladies.
EXAMEN DES CONDiTîONS
DE L'ORGANISME LES PLUS FAVORABLES AU DÉVE¬ LOPPEMENT DES PHÉNOMÈNES CRITIQUES.
Notre intention dans cette reclierclie est de nous borner, sans discussions théoriques, à l’interprétation, qui nous a semblé la plus naturelle, des faits pratiques que présentent les maladies les plus répandues en Afrique , et dont la mutuelle dépendance et le rapprochement, sous le point de vue de Tordre dans lequel Tobservation attentive peut en saisir le développement, donnent lieu à des conclusions qui concilient la plupart des opinions exprimées à leur égard , comprenant également, indépendamment de ce qu’on peut entendre par phénomènes critiques, l’explication, confondue avec la leur, de quelques autres difficultés à la solutioa desquelles , jusqu’à ce jour, une expérience assez longue paraît avoir fait défaut.
Plus favorisés, sous ce rapport, par les circonstances, elles ont été pour nous un enseignement sans égal; mais nous consultons moins nos moyens que notre zèle , en cher-
chant à en reproduire quelques traits, en nouveau complément scientifique de la dette de laborieuse et pénible atctivilé que longtemps nous avons eue à acquitter en Afrique.
Sur ce théâtre des maladies multipliées annuellement à des époques fixes et sous une forme qui les spécialise, en justifiant la qualification d’épidémique qu’elles ont reçue, le médecin, après s’etre dévoué à l’analyse scrupuleuse des faits particuliers offerts en si grand nombre à son observation, ne tarde pas à se sentir entraîné au-delà du cercle modeste que comporte l’investigation de tous les détails d’une affection considérée isolément.
La constance et la similitude de certains phénomènes , en sollicitant avec un égal intérêt, et leur appréciation dans chaque cas , et celle de la valeur de leur manifestation dans tous, le conduisent naturellement à une première tentative de généralisation.
Acceptant cette tâche nouvelle comme inséparable de celle qu’il s’est déjà imposée, il s’y livre, avec d’autant plus de raison , que les faits , d’abord séparément interrogés , resteraient stériles s’il ne les rapprochait entre eux pour les forcer à se prêter une mutuelle lumière, et en déduire plus sûrement lui-même des principes indispensables au lit des malades : là, où il convient surtout de pouvoir dire , non-seulement j’ai vu , mais encore j’ai compris.
Ce qui ressort d’un premier examen ainsi étendu , c’est la constatation d’un trouble morbide précédant toutes les formes des maladies régnantes, et fournissant à ce titre, et comme modification organique fondamentale , un caractère propre et précis à la constitution médicale.
Ce caractère de toute évidence quand on ne sépare pas d’un trouble fonctionnel devenu général , tous les prodromes qui en marquent le début, heureusement associé à tous ceux qui résultent de l’ensemble des diverses conditions de climat, de saison , de température ou de localité , permet alors de ne point séparer des effets bien remarquables de la cause qui les produit; et, lors même, comme dans le choléra, ou d’autres affections épidémiques , que cette dernière se déroberait à notre exploration , seul il suffirait encore pour distinguer entre toutes, sous la dénomination d’intermittentes, cette grande classe de maladies jusqu’à ce jour rebelle aux efforts des classificateurs adversaires de l’essentialité des fièvres.
C’est donc, dans la constitution médicale de l’Algérie, un élément de la plus haute importance. Il établit d’une part les rapports de la maladie avec l’influence des agents extérieurs ; il constitue de l’autre l’essence de cette dernière , et se lie intimement à son existence ; il est destiné en outre à des provocations morbides ultérieures, plus variées et de nature diflérente, à l’interprétation desquelles se rattache, avec une foule d’indications thérapeutiques, la question ées crises que nous nous proposons d’examiner en ce moment.
A tant de titres il importe de le définir.
Appartenant à la série des symptômes dynamiques, d’une indispensable initiative sur celle des symptômes anatomiques , il est représenté par une modification vitale vicieuse du système nerveux , plus particuliérement révélée par le trouble des principales fonctions auxquelles président les plus importantes des diverses parties qui constituent l’ensemble de ce système.
Cette modification a lieu , à la fois ou successivement, dans le cerveau, dans le prolongement rachidien, aux extrémités
des nerfs, dans la trame des tissus où s’accomplissent la calorification , la nutrition, les sécrétions, et, où se combinent, indépendamment des communications établies entre leurs centres , les relations réciproques des appareils de la vie sensitive et de la vie organique, destinés à entrer tour à tour plus spécialement en action et soumis dans cette circonstance à des oscillations plus marquées qu’à l’état physiologique.
A divers degrés, ou plus ^ou moins appréciable dans les divers points du premier de ces appareils, cette modification n’est pas moins susceptible de s’étendre au second, suivant Tintensité ou la durée des causes qui lui donnent naissance.
En correspondant ainsi à l’impression de celles-ci , et comme leur premier résultat, en elle se résume le caractère de la constitution médicale, et plus particuliérement celui des fièvres d’accès, qui toutes en la présentant et ne pouvant être conçues sans sa participation^ offrent déjà alors, ce que quelquefois on a désigné sous le nom d’élément intermittent, ou tout au moins, la condition première des réactions ultérieures qui doivent déterminer l’intermittence elle-même , en nous représentant dans son ensemble une crise réelle.
On ne peut autrement en déterminer le siège. Nous conviendrons également, bien persuadés d’ailleurs de l’inutilité de tous les efforts pour circonscrire ce qui ne peut l’être dans la nature, que cette localisation, comparée à toutes celles habituellement reconnues et souvent peut-être trop arbitrairement restreintes, en diffère surtout en ce qu’elle comprend primitivement l’affection sans limites précises de l’un des systèmes généraux de l’économie. Apparaissant comme l’expression d’une condition morbide essentielle, c’est à sa suite que se manifestent à leur tour des conditions
morbides d\m autre ordre, donnant lieu au développement d’une seconde catégorie de symptômes, appelés anatomiques ou matériels , bientôt confondus avec ceux de la première reconnus dynamiques ou vitaux , pour révéler ensemble le secret de la vie pathologique dont les uns et les autres isolément sont impuissants à dévoiler le mystère.
Ce qui tend à démontrer cette vérité , ce sont les insurmontables difficultés éprouvées de tout temps pour arriver à une bonne débnilion de la maladie, embrassant sans omission, sans présomption ou contradiction , tous les phénomènes propres de cet état.
On n’y parvient pas en s’obstinant , à fimitation de la plupart des anciens auteurs, à ne tenir compte, dans cette circonstance, que du principe des mouverhents et de ses nombreuses perturbations. On n’est pas plus heureux avec quelques pathologistes modernes, en ne voulant voir, dans toute maladie, qu’une altération matérielle des solides ou des fluides, ou des uns et des autres à la fois.
Les médecins de l’école physiologique, en admettant qu'alors la maladie résulte de l’irrégularité des fonctions, et que dans la plupart des cas il y a excitation, stimulation, irritation, expriment, il est vrai, le concours d’un phénomène dynamique et d’une lésion matérielle qui , nécessairement, en est la conséquence, mais ils attendent toujours cette conséquence pour lui attribuer l’irrégularité fonctionnelle; en sorte qu’ils ne font que déterminer le mode et l’origine de l’altération matérielle que les précédents se contentent d’indiquer.
Allant plus loin, les médecins de la même école, quelle que soit l’obligation de reconnaître que c’est tantôt un dé-
rangement de fonction qui peut seul constituer la maladie , tantôt une altération matérielle, sans séparer jamais cette dernière de son principe originel, ils la supposent toujours, malgré Timpossibilité de la démontrer constamment, comme dans les fièvres périodiques, par exemple, oü, quand contre toute attente de leur part , elle ne se rencontre pas dans les voies digestives, ils n’hésitent pas à en proclamer, sous forme ddijpérémie ou d’irritation cérébro-spinale , l’existence dans les centres nerveux , lors même que diverses épidémies de méningites cérébro-spinales bien plus réelles et très-différentes des fièvres elles-mêmes auxquelles elles se trouvent ainsi assimilées , viennent à propos démontrer ce qu’à d’étrange cette assertion.
Là, sans contredit, ils font une supposition, qui n’est que la reproduction des errements de l’antiquité, en ce sens que vitalistes incomplets et matérialisant toujours, ils ont le tort en créant une abstraction de la matérialiser encore , comme les vitalistes purs avaient autrefois celui de spiritualiser les leurs en les appelant : Subtilissimus vapor, aura^ vel spiritus vi et efficaciâ potens.
Sans doute en atteignant directement le tissu des organes , on trouble les fonctions que ces organes sont chargés de remplir : l’ordre et Tbarmonie des fonctions tiennent à leur intégrité. Mais s’en suit-il pour cela qu’un organe ne puisse exécuter un acte insolite sans qu’il y ait préalablement, ou même aussitôt, altération matérielle dans son tissu? On ne peut le penser, surtout pour les maladies nées sous l’influence des constitutions atmosphériques, sous l’influence désaffections morales ou sous celle de certains miasmes , car vingt fois les autopsies prouveraient le contraire, quand d’ailleurs il serait difficile de concevoir comment ces causes auraient pu
compromettre le tissu des organes sans influencer d'abord leur vitalité.
Or, pour comprendre dans une définition tous les cas de ce dernier genre, comme ceux du premier, il est sage peut-être de considérer la maladie dans sa plus grande généralité, en la représentant, soit dans certains cas assez rares, comme un état passif^ soit dans tous les autres, comme un acte accidentel de l’organisme , consécutif à une cause interne ou externe. En qualifiant cet acte de réaction , ce n’est que pour indiquer l’ordre, la liaison , la succession des phénomènes qui le composent, sauf à déterminer ultérieurement la nature de la cause provoquant cette réaction , efîectuée elle-même par les organes, c’est-à-dire, ayant pour intermédiaire le cœur et les centres nerveux, si elle est générale, ou seulement les nerfs et les vaisseaux de la partie affectée, si elle est locale, ou plus directement le système nerveux spîanchno-vasculaire.
De cette manière on ne préjuge rien; on n’est pas lié par des prémisses en examinant les faits ; on n’est pas obligé de se montrer vitaliste ou anatomo-pathologiste quant même. On peut être l’un et l’autre à propos et reconnaître des symptômes dynamiques ou vitaux et des symptômes anatomiques ou matériels^ de même que l’indispensable nécessité des uns ou des autres pour pénétrer, comme nous le disions tout à l’heure, le secret de la vie pathologique, surtout dans les maladies qui font le sujet de nos réflexions en ce moment.
La liaison, l’enchaînement , l’admirable harmonie de chacun de ces symptômes, et tout ce qui en eux nous permet d’apercevoir cette unité pressentie par Bichat, lorsqu’il dit que la nature avare de moyens est prodigue de résultats , et qu’un petit nombre de causes préside partout à une multitude de faits, imposent de sérieuses obligations , et la plus pressante de
toutes est sans contredit celle qui invite, lors({u’il s’aj^it de l’exanien de quelques-uns d’entre eux , à n’en pas séparer l’exposilion des conditions principales inséparables de leur développement.
Engagés dans cette voie à l’occasion des phénomènes critiques, si, en sentant que pour arriver à leur détermination et à celle de leurs rapports avec la constitution médicale, déjà nous avons reconnu qu’il fallait, parmi les éléments de cette constitution, signaler celui qui la spécialise, le définir, voir en lui une modification dynamique et en indiquer le siège, nous reconnaissons également, et l’insuffisance de ce premier pas pour éclairer la question qui nous occupe, et la nécessité d’aller au delà, en exprimant, en outre, notre conviction, d’abord sur la nature intime, ensuite sur les conséquences de cette modification dynamique.
Entendue ou limitée, brusque ou lente dans sa manifestation, ses effets peuvent varier à l’infini, mais sa nature ne change pas ; et, soit épuisement du principe dynamique dont le système nerveux est le siège, soit inaptitude de la pulpe nerveuse à en recevoir l’impression, elle est toujours asthénique.
Que cette opinion, à une époque où de longues discussions, tout en agrandissant le domaine scientifique et en y apportant d’utiles réformes, ont propagé l’esprit de doute, ne puisse espérer la faveur d’être accueillie sans le provoquer à son tour; qu’il ne lui soit pas donné non plus, en se produisant, de rencontrer- le secours de cette effervescence que Pinel reconnaissait dans un adversaire plus habile que des devanciers à faire prévaloir une grande vérité; qu’elle n’excite même que la défiance par la supposition gratuite
d'une atteinte portée à des idées reçues et toujours protégées par le prestige d’un grand nom, nous n’en devons pas moins l’aveu avec franchise et rapporter sommairement les motifs de son adoption.
Que signifie, en effet, au début d’un accès, cette lassitude profonde, cet affaiblissement marqué des sens, ce trouble de la pensée, ce découragement, cet abandon de plus en plus complet des forces, ce froid général, ces tremblements, cet affaissement marqué des traits privés de toute expression, cette pâleur et cette teinte livide de la face, cette sécheresse de la peau, cette petitesse du pouls, ces défaillances ?
Que cet état se prolonge, qu’il s’aggrave, qu’il devienne même rapidement mortel par un de ces effets qui n’ont de comparables que ceux de la foudre; ou bien au contraire, qu’il n’ait qu’une médiocre intensité et une courte durée, ^pour amener à sa suite les phénomènes d’un ordre opposé, dont nous aurons bientôt à nous occuper, il n’en a pas moins sur ces derniers l’initiative, soit qu’il permette ou entrave leur développement que quelquefois même il rend impossible.
C’est à ce titre qu’il forme le fond des fièvres d’Afrique , dont chaque accès semblable à une action dramatique, comporte une exposition, un développement, des complications et un dénouement.
Ne pas accorder à chacune de ces circonstances une égale attention, comme on l’a souvent fait; se laisser plus particulièrement éblouir par l’une d’entre-elles , ainsi qu’on en a également des exemples, c’est compromettre d’avance le jugement à porter sur leur ensemble. Il en est de même de l’appréciation plus ou moins exacte des unes et des autres,
car en pathologie, le plus ou le moins a toute Timportance qu'ont en ai ilhmétique les fractions, qu'il suffît de négliger, pour fausser d'autant plus un calcul, que celui-ci se compose d’un plus grand nombre d'opérations.
Blais poursuivons , arrivons aux conséquences de l’état de prostration, ou autrement au développement d’un accès après de tels prodromes, état passif devenant cause interne d’une réaction qui, faisant partie de cet accès, doit le compléter.
Et voyons d’abord ce qui a lieu à l’état normal, où, par un procédé analogue , se réalise un de ces résultats dont la nature est prodigue.
Qui n'a pu s'apercevoii* de ces remarquables dispositions
de l'organisme lui-même, dont en santé toutes les actions ap-
pelées à concourir au meme but , sont coordonnées de maniére à jouir alternativement d’un mode d’activité plus prononcé et d’une période de repos non moins marquée, et sensible à différents degrés pour chacune d’elles?
Ce balancement des actions organiques , effectué avec périodicité, n'a d'autre origine qu’une nécessité de réparation des forces épuisées par l'exercice fonctionnel; et dés-lors, à l'influence nerveuse qui régit ce dernier, se substitue avec plus d'empire telle qui préside aux mouvements de nutrition, favorisant dans cliaque organe une réaction normale indispensable à leur entretien et au rétablissement de l'équilibre qui doit exister entre tous. C'est à ce moment que peut être comparée l’intermittence en pathologie.
Entrevu avec plus d'ensemble , c'est toujours le môme phénomène, le même besoin, avec alternatives de repos plus impérieux et d'activité plus prononcée. Dés que les sensations,
les perceptions, le jugement deviennent graduellement impossibles ; dés que les muscles cessent d’obéir à la volonté; dés que le sommeil, en un mot, succède à la veille^ ainsi sollicité par la défaillance de l’appareil des sensations , l’appareil splanchnique à son tour, entre plus particuliérement en action , pour lui restituer l’énergie qu’il a perdue et accomplir plus librement et plus complètement dans le silence des impressions extérieures, une œuvre de réparation.
Ici la réaction s’est généralisée ; elle se complète en s’associant les sympathies qui au moyen de nombreux filets de communication entre les appareils cérébro-spinal et splanchnique, établissent plus intimement et diversement la connexion des fonctions et leur consensus.
La chaîne de la vie n’existe que par le, secours que se prêtent mutuellement les actions organiques et de relation, alternativement mises en jeu par des oscillations incessantes de dépression ou de tension , de faiblesse ou d’énergie de l’appareil auquel elles correspondent.
Dominé par les idées les plus généralement adoptées relativement à l’appréciation des phénomènes qui concourent à l’entretien de la vie, et en se rappelant, à cet égard, ce qui, répété par les plus hautes autorités de la science, a été formulé en disant : que la vie ne s’entretient que par les stimulants extérieurs et plus particuliérement par le calorique mettant en jeu la puissance inconnue qui compose les organes , on est naturellement porté à considérer cette proposition comme si parfaitement établie, que bien souvent il arrive de n’accorder qu’une médiocre attention aux faits qui cependant semblent indiquer qu’elle ne peut être exclusive.
Tel a été le sort de ceux que nous rapportons en ce mo-
mont, en signalant ce balancement dos actions diverses de Torganisme, remarquables par la dépendance de leur augmentation et diminution alternatives. Cest néanmoins pour les organes, dans tous ces cas, une source intérieure d’excitation, concourant au même but que la première et suppléant parfois à son insuffisance.
A ce titre , il convient d’en tenir compte ; non qu’il s’agisse par là d’expliquer la vie plus que de toute autre manière , mais bien plutôt d’exprimer ce qui se passe, quand ce qui se passe est si positivement du domaine de l’observation pratique.
Sans aucun doute, l’importance des agents impondérables auxquels on attribue le rôle de stimulants extérieurs, reste la même, et nous, avons toujours à les considérer sous le rapport de leur indispensable intervention , égale pour tous , dans la perfection des matériaux aübiles , comme sous celui de la faculté dont ils jouissent de révéler leur présence par des impressions directes, profitables par leur transmission, et destinées en outre, avec celles des autres corps de la nature, à solliciter les organes à s’approprier ce qui imporle à la vie , ôu à les avertir, dés qu’elles sont trop fortes ou trop faibles , de ce qui peut la troubler et nécessiter leur tendance à j résister ou à y suppléer.
Par cela même , ce moyen n’est pas le seul témoignage des ressources qu’exige le besoin d’équilibre entre toutes les fonctions : l’influence des organes les uns sur les autres , les fluides dans leurs rapports entre eux et avec les solides, la transformation des substances atimentaires en humeurs propres^ celle des liquides en solides et de ceux ci en liquides, nous en oflrent une infinité d’autres qui se développent en nous, comme une série de mouvements en antagonisme.
La faiblesse des uns, en correspondance avec l’activité des autres, ne représente dans les tissus ou la matière nerveuse destinée à les produire , que les degrés variables d’excitation qui tend à s’affaiblir et à s’exalter alternativement. Et alors , de ces deux états constamment en opposition^ raifaiblissement n’est pas moins dans l’ordre de la nature que la réaction qui en est la suite , car il faut que chaque organe perde, avant d’en recevoir une nouvelle, la surexcitation qu’il a éprouvée d’abord; autrement, celle-ci par sa permanence, et ne pouvant qu’augmenter, constituerait bientôt en lui une véritable irritation avec appel plus considérable de fluides.
Il y a donc, pour chacun d’eux, manifesté avec plus ou moins d’énergie, un temps obligé d’excitation décroissante, qui est celui du repos ; puis un temps d’excitgtion réactionnelle plus vive qui renouvelle l’abord des matériaux de nutrition et décide le départ de ceux qui y ont servi ; et enfin une période d’excitation normale, d’intermittence physiologique, d’état mixte ou de neutralité entre l’excès et le défaut d’excitation, qui est celle de leur exercice fonctionnel le plus régulier, et dont la durée varie selon la nature des actes qu’ils ont à remplir.
Cette disposition de l’organisme n’est pas également sensible chez tous les individus ; chez les femmes et chez les enfants, elle est surtout marquée. Certaines constitutions atmosphériques en exagèrent accidentellement le développement, et elle imprime un cachet particulier aux populations sous certaines latitudes. On la désigne vaguement sous les noms de mobilité nerveuse, de constitution mobile, de tempérament nerveux.
De l’ordre physiologique à l’ordre pathologique, la gradation est insensible. Plusieurs causes morbides en reproduisent
parliellement et tempoi airemenl les phénomènes ; d’antres les généralisent davantage. On sait, par exemple, que certains corps inorgani(jnes , que certaines substances végétales inassimüables, ont la propriété d’atTaibiir la vitalité des tissus avec lesquels ils se trouvent en contact, et que s’ils ne Téteignent pas toujours, c’est que les lois de la vie, en réagissant, parviennent à en neutraliser Fetret. Or cette réaction elle-même, qui n’est autre qu’une excitation consécutive à une sédation, étrangère à Faction des stimulants externes ou internes , suffît pour démontrer la possibilité des successions de ce genre et avec plus d’étendue.
Elles .sont en effet assez nombreuses; et, on a exprimé une grande vérité en reconnaissant que la diminution de vitalité d’un système ou d’un appareil, entrainait souvent l’exaltation de plusieurs autres. Ï1 s’agit manifestement ici des diminutions primitives de vitalité, ajoute Broussais; et entre autres causes, il cite le froid.
Pour nous la question ne s’étendant pas à toutes les causes auxquelles on peut attribuer légitimement de semblables résultats , et n’ayant à nous occuper que des effets , nous devons, pour le moment, nous borner à l’exposé des conséquences de ceux qui, au début des fièvres périodiques, nous ont déjà offert le témoignage irrécusable de la dépression du système nerveux et de son état de prostration.
De même qu’en santé, à l’état morbide la puissance nerveuse ne peut davantage baisser dans un ordre de fonctions, sans que dans un autre un mouvement contraire ne se montre disposé à la relever; seulement la succession de deux états opposés n'est plus aussi régulière, et les rapports d’intensité ou de durée de l’un etdel’autie deviennent infiniment variables.
Lente ou brusque , tantôt violente , tantôt obscure , souvent confuse, Iknilée d’abord à quelques points de forga-nisnie qui après avoir fourni le premier témoignage de l’existence, conservent le privilège d’en otfrir le dernier, celte succession sV traduit enfin sous forme de réaction exagérée, et ce n’est le plus ordinairement qu’aprés s’être ainsi manifestée dans les centres nerveux , que par leur intermédiaire , le cœur, auparavant spasmodisé, recouvre avec excès son énergie, augmente et généralise par son influence la puissance d’une réaction quelquefois bien péniblement commencée.
Dés ce moment, la circulation ne se borne plus à des afflux partiels et irréguliers : le sang parcourt moins les voies qui ne sollicitaient plus que faiblement son abord, qu’il ne s’y précipite ; et sa présence dans les capillaires a aussi un résultat : quand les congestions qu’il a pu former ne sont pas trop intenses, quand le mouvement qu’il y éprouve n’use pas la vie par excès de stimulation, il la ranime au contraire par des secousses plus répétées et mieux réparties, réveille par ce moyen les sympathies , les régularise au profit de l’harmonie et ouvre , en outre, par son action sur les sécréteurs, une voie aux éliminations.
Ainsi , pour qu’un accès se développe , il faut que la réaction, point de départ des crises, s’opère. Cet accès est larvé , quand un seul point de l’organisme réagit sans jamais , d’une manière sensible, réveiller l’action du cœur, malgré la prédominance d’accidents quelquefois formidables. Il est pernicieux, quand sous l’influence des causes les plus délétères, le système nerveux a subi une modification si complète, que pour triompher de la plus extrême prostration , il n’y a plus, ou à espérer de réaction , ou à compter sur celles qui lardent trop à se prononcer. Il est encore pernicieux, quand dans des
conditions tout aussi défavorables, la réaction quoiqu’établie, entraîne une concentration exclusive et se montre par sa violence relative susceptible de compromettre bientôt Torgane dans lequel elle se limite. Dernier témoignage tumultueux de l’existence, dernière érection vitale, elle subsiste néanmoins comme le dernier anneau de la chaîne qui lie entre eux les deux arbres sensitifs, cérébral et ganglionnaire.
Si ce sont les centres du premier quelle affecte, en s’y révélant par le délire, le coma ou des convulsions tétaniques, elle est d’autant plus funeste que ceux-ci , comme dans la vieillesse ou Tenfance, ont à supporter une stimulation à laquelle ils sont peu en état de répondre ; si ce sont les centres du second qui en deviennent le siège, non moins menaçante, le cerveau alors n’est plus tiré de son engourdissement que par la perception d’angoisses inexprimables ou celle d’atroces douleurs ; et, dans ce cas, comme dans le précédent, pour con- - jurer le plus pressant danger, il faut toujours que la réaction cesse d’étre isolée ; il faut qu’elle se dissémine pour s’amoindrir en s’associant aux diverses actions organiques que le mouvement circulatoire, plus décidément mis en jeu, provoque à son tour avec plus de régularité et d’ensemble.
Il y a fièvre enfin et fièvre proprement dite, quand ce dernier résultat est obtenu.
Il a lieu dans le plus grand nombre des cas, et assez généralement d’une manière si heureuse, que chaque médecin en le constatant, en jugeant ce que d’autres moins éclairés pourraient prendre pour une aggravation, loin de concevoir des alarmes , ou de conserver les inquiétudes qu’inspire toujours un accès pernicieux, se livre au contraire à l’espérance et résume en deux mots sa satisfaction , en disant son malade sauvé.
L’expérience lui a appris à reconnaître le moment qui permet de tenir ce langage. Sur ce point l’opinion est unanime 5 car, en réalité, d’après le fait considéré en lui-même, et sauf les complications phlegmasiques qui peuvent survenir et exercer ultérieurement la vigilance, en annonçant, comme de bon augure, un paroxisme fébrile, et* son entier développement, comme le terme de deux phases également dangereuses, on n^avance rien que l’observation ne vienne confirmer tous les jours.
Ainsi, cette fièvre, qui d’abord n’est et ne peut être qu’un effet, est destinée à en produire d’autres à son tour; de même qu’à chaque instant, dans l’organisation humaine, un effet quelconque devient cause à sa manière , en faisant partie d’un tout où tout réagit sur tout.
Que conclure de semblables phénomènes? Analogues aux résultats fonctionnels qui concourent à l’entretien de la vie, n’en différant que par plus de vivacité, qui peut se refuser de voir en eux des mouvements conservateurs nécessaires au rétablissement de l’équilibre momentanément troublé ; qui peut se refuser de voir en eux une force de résistance naturellement développée en nous, opposée à l’action des causes morbides qui nous entourent et susceptible d’en repousser l’aggression au lieu de s’épuiser elle-même?
Non, ce qui est le fruit de l’observation, libre d’engagements ou de préoccupations systématiques, ne peut facilement être révoqué en doute. On y verra plutôt un témoignage de la puissance des faits , se révélant comme déjà il s’était révélé à Hippocrate lui même reconnaissant une nature médicatrice.
Cependant, empressons-nous de le déclarer, ce dogme de
la médecine antique, qui lie la philosophie de Tart à la pratique, pour satisfaire l'esprit de sage réserve qui distingue notre époque, ne peut plus se présenter que dépouillé de Tempreinte des idées particulières à chacun des siècles qu'il a traversés avant d’arriver jusqu’à nous.
Il ne peut plus être spiritualisé avec Stahl ou Vanhelmont, imbu de théories mécanico-humorales avec Boherhave , ou vitalisé avec Barthez. Chacune de ces hypothèses, comme corjjecturales , nuisent à la pureté de son origine, et lui l’ont, par un rejet, partager le sort de toute vérité mal présentée.
* Mais s’il n’est pas l’expression d’un principe unique gouvernant l’économie, intelligent ou aveugle, impatient ou découragé, .animé de sentiments divers contradictoires, ou destiné seulement à la coction ou à l’élimination, également mal définies, d’un quid criidum ^ il n’est pas moins représenté par des résultats fonctionnels qui suffisent à son interprétation.
Ainsi, par exemple, quand, comme condition de la vie se réalise le maintien de la chaleur animale à un certain degré, en nous bornant à l’examen des rapports matériels et organiques qui existent entre toutes les fonctions , nous n’avons besoin de remarquer que l’augmentation des transpirations pulmonaire et cutanée, destinées à dépenser l’excès de chaleur que produisent les mouvements combinés de la respiration et de la circulation accélérées, ou la diminution de ces exhalations proportionnée au calme plus ou moins grand des mêmes mouvements; et, nous n’ajouterions rien au fait lui-même, en attribuant l’équilibre de température qui en résulte, à l’intervention d’une propriété vitale particulière.
De même, quand, chez la plupart des individus, la privation des aliments se fait diversement sentir, et lorsque les uns succombent à l’excès des souffrances avant d’avoir épuisé le surcroît de fluides circulants ou déposés sous forme de graisse, comme des matériaux en réserve, tandis que les auties, au contraire, épuisent ces matériaux, nous n’avons à voir encore dans ces circonstances qu’un effet du mutualisme des organes et de leur influence réciproque. Les mouvements qu’ils éprouvent sous la dépendance de l’irritabilité qui leur est propre, ou se transforment aussitôt en une réaction violente qui se communique à tous, ou bien, beaucoup plus faibles, retardent le développement de cette réaction, qui, même chez le vieillard, peut ne pas se déployer et rendre la mort la conséquence directe de la soustraction des aliments, en épargnant les angoises inséparables de la faim dans le jeune âge.
Comment se rendre compte de toutes ces différences? Comment se rendre compte dune infinité d’autres, remarquées en outre dés que les jouissances que nous procurent les excitants moraux, venant à nous manquer, l’inquiétude, le malaise, un profond découragement, l’abandon de nous-mêmes d’autant plus complet que nos désirs ont été plus souvent trompés, préludent à cette excitation réactionnelle, donnant tantôt heureusement le change à la douleur, et tantôt aussi troublant les idées, en s’élevant au degré d’une irritation dont l’encéphale est toujours le siège, si ce n’est en cessant d’invoquer le concours d’un principe vital unique, être de raison, dit-on, mais incapable cependant de la satisfaire, dés qu’on en sépare la puissance de l’action diversement modifiée des organes eux-mêmes.
Dans toutes les maladies enfin, qui empruntent aux réac-
lions les formes les plus variées, rintervention du meme principe n’esl pas réclamé davantage, et toute explication repose sur la considération des actions organiques elles-mêmes, et sur leur succession, étudiées d’après les oscillations que leur font subir le degré variable d’innervation accidentellement rendu plus sensible dans chacune d’elles.
Faire delà sorte abstraction d’un pouvoir occulte, échappant à toute démonstration, c’est restituer à celui de la nature, reconnu d’après les actes mêmes de l’économie, toute son évidence ; c’est enlever à la métaphysique une question de physiologie et s’appuyer sur les données d’une science qui longtemps fit défaut, pour donner aux paroles d’Hippocrate, le sens dont son génie ne pouvait avoir que l’instinct, lorsque par une anticipation hardie, et avant d’avoir soulevé Je voile qui en cachait encore les principaux détails, il signalait un résultat, qui véritablement n’est autre que le rétablissement de l’équilibre dû à l’éloignement des causes morbides, après une lutte accompagnée d’un accroissement considérable de chaleur qui depuis a été appelé fièvre.
Cette doctrine sanctionnée par la vénération des siècles réservée à son auteur, n’a pu jouir d’une aussi grande faveur que comme vérité fondamentale et fait d’observation n’excluant rien de ce qui peut en éclairer le principe. Plus souvent dominante que sérieusement contestée, les praticiens les plus célèbres trouvèrent en elle un guide fidèle, lui rendirent hommage, et Broussais surtout, qui ne pouvait la méconnaître, cherche à expliquer les efforts médicateurs par les sympathies.
Si, dit-il, les irritations sympathiques que les principaux viscères déterminent dans les organes sécréteurs exhalants
et la périphérie, deviennent plus fortes que celles des viscères, ceux-ci sont délivrés de la leur et la maladie se termine par une prompte guérison. Ce sont les crises.
Mais comme dans les maladies d’Afrique, l’irritation préalable des viscères ne se rencontre pas toujours pour rendre compte d’une manière satisfaisante de ces sympathies, que Broussais appelle critiques , il fallait bien en attribuer le développement au mouvement fébrile lui-méme et rechercher plus haut la véritable cause de celui-ci.
Il le fallait, pour n’excepter aucun fait , les concilier tous, et concevoir la doctrine de Cos dans les applications plus larges dont elle est susceptible.
Ce n’est pas à dire cependant , en reconnaissant une nature médicatrice, que les maladies guérissent seules toujours, à l’aide d’un mouvement fébrile, mais, au contraire, ce qui est différent, que ce mouvement est l’expression la plus étendue des efforts médicateurs, qu’il renferme les éléments d’un plus grand nombre de crises, que l’art en un mot ne guérit qu’en saisissant les indications qu’il présente^ ou en d’autres termes, ainsi qu’on l’a répété souvent, ne guérit que par l’observation de la nature, qu’en imitant ses procédés, qu’en utilisant ses ressources, soit qu’il s’agisse de solliciter les réactions à un degré convenable, ou d’en modérer l’excès.
Dés lors, ce n’est pas là non plus préconiser l’expectation, puisque , tout en reconnaissant que la nature se suffît souvent à elle-même, on reconnaît également que ce trouble fébrile, que ces efforts nécessaires au rétablissement de l’équilibre , et associés à tous ceux d’élimination, sont par fois trop
rapides ou trop impuissants pour ne pas exiger, que par fois aussi, l’on fasse ce que l’oiganisme ferait s’il le pouvait, ou ([ue l’on cherche à conserver rinlégrité des principaux viscères dans la lutte qu’ils ont à supporter, à maintenir enfin l’ordre dans le désordre.
On ne parvient qu’avec peine à remplir toutes les indications qui se présentent alors, en se bornant à l’emploi de remèdes exclusifs, et en fondant ^uniquement la thérapeutique sur des considérations d’anatomie pathologique ou de symptômes isolés. On y réussit plus sûrement, au contraire, en s’attachant à apprécier la nature des causes morbides ; la nature des altérations variées et plus ou moins générales de l’innervation , des altérations consécutives du sang et des humeurs exhalées ou sécrétées; la nature des altérations plus matérielles et non moins secondaires des divers organes, rapportées à leur siège, en tenant compte des dialheses ou du mode particulier sous lequel ces derniers peuvent se présenter, selon les dispositions individuelles ou les constitutions épidémiques.
Ainsi s’aggrandit la tâche du médecin, et, s’il ne fait qu’intervenir, le rôle qu’il a à remplir est celui d’une intervention raisonnée : il fait choix des méthodes directes de traitement, si la cause de la maladie n’est pas en dehors des moyens à l’aide desquels il peut l’atteindre et la détruire; dans le cas contraire, il lui reste la ressource des méthodes indirectes sageînent combinées; et, il juge de l’opportunité des unes et des autres, d’après l’expérience et des connaissances que le temps a développées davantage et qu’il ajoute comme tribut de son époque à tous ceux des époques précédentes en répétant avec Baglivi : novi veteribus non opponendi , sed quocuV fieri potesl ^ perpetuo fœdere jungcndl.