XII PREFACE
«. magnificence du vôtre. » Bossuet l'a pourtant remplacée pa7' celle-ci : «» Enrichissez la pauvreté de mon cœur par la magnificence de vos dons. » Je le dis hardiment : c'est l'expression de madame de La Vallière qui est l'expression éloquente. Le terrible Bossuet ne souffre pas que madame de La Vallière parle de ses désirs passionnés d' aimer Dieu ; qu'en s'adressant h ce Dieu cjui devait remplacer le Roi dans son cœur^ elle dise : La volupté de votre amour ; il met agréable où madame de La Vallière a mis délicieux. Il ôte jusqiCh certains de ces termes familiers qui donnent quelque chose de si vrai au style, qui fixent en cjuelque sorte t heure et le moment où la main de V écrivain les traçait. L'ouvrage, en un mot, corrigé par Bossuet, est toujours li'ès-agréable; il a gagné en correction, en pureté, en dignité; peut-être n^ est- il plus délicieux. Madame de La Vallière auroit pu l'écrire ainsi à la fin de sa pénitence. On y voit la Carmélite. On n'y voit plus ou presque plus la femme si modeste et si touchante Jusque dans ses fautes, la pénitente déchirée, la Madeleine tout nouvellement convertie , arrosant de ses larmes et essuyant de ses cheveux les pieds du Dieu