‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 123 sur 175 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

Versailles, ce 29 novembre H 673.

e suis sans doute bien plus heureuse que je ne mérite de l'être, surtout après avoir fait tout ce qu'il falloit pour me rendre éternellement malheureuse. Qui jamais a mieux éprouvé que moi l'effet de ces paroles : Ou le péché a abondé^ la grâce a surabondé P Et de quelle manière encore la grâce est-elle venue en moi? Je ne l'ai point cherchée ; elle m'a prévenue en m'inspirant le dégoût du monde et des faux plaisirs dont mon âme s'étoit enivrée. Je tremble à la vue de l'état affreux dans lequel jVtois, et je frémis d'y retomber. Je suis la plus criminelle des créatures ; serois-je encore la plus ingrate? Non, mon

DE BELLEFONDS. Ho

Dieu, ne permettez pas que je sois assez malheureuse , et si j'échappe à votre miséricorde qui me, presse de me convertir entièrement à vous, je prie votre justice de m'en punir, et de ne point différer mon supphce. Tant de gens de bien s'intéressent à mon salut et m'honorent de leurs conseils que cela me rassure ; c est la voix de Dieu qui me parle par leur bouche, et je crois que c'est par leurs prières et par leurs souhaits que je me trouve dans les heureuses dispositions où je suis. J'espère que vous me fortifierez encore dans le parti que j'embrasse et que je suis tout à l'heure prête d'exécuter.

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