‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 128 sur 175 · LETTRE IX · texte numérisé non relu

LETTRE IX

Versailles, ce il février 1674.

'est le défaut d'occasion, sans doute, qui vous empêche de recevoir de mes lettres; vous verre/, par la date, que je vous fais réponse exactement , et je vous assure que c'est avec plaisir. J'ai fait lire à M. de Condom, ce soir, les dernières lettres que j'ai reçues, il les admire, et moi j'en suis pénétrée. Enfin, monsieur, j'avance, mon courage augmente, et je crois que Dieu achè-

vera bientôt son ouvrage ; cependant je crains, et je craindrai toujours, jusqu'à ce que je sois absolument hors de danger. Je connois ma foiblesse , et tant d'esprits supérieurs au mien sont tombés de plus haut que je ne ferois, que cela me fait trembler. Je prie Dieu de me garder de moi-même ; je le prie de me donner de nouvelles forces pour me soutenir, et de combler en vous la mesure de ses dons. Je me sens si pressée de reconnoissance pour tout ce que je vous dois, que je ne serai jamais en état d'obtenir de grâces, que celle de votre salut ne soit la première que je demande. En attendant, continuez-moi vos conseils et vos prières, et, s'il plaît à Dieu, tout ira bien ; le temps me presse, et je finis.

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