LETTRE XIII
Ce 13 juillet <674.
^^^^T<f4. ^ P^'i^ ^^ Seigneur de nos âmes "" d'embraser votre cœur du feu de << son amour, et de vous inspirer cette soif ardente dont vous désirez tant d'être consumé.
J'entre si fort dans vos sentimens , par la reconnoissance et par l'amitié qui nous lient, que je ne cesse de demander à Dieu,
avec la plus vive instance, qu'il vous délivre de l'état où vous me mandez que vous êtes, quoiqu'il ne me paroisse pas aussi dangereux qu'à vous. L'extrême soumission d'esprit où je vous vois, suffit ppur le rendre aussi méritoire et peut-être même plus que celui de la plus grande ferveur ; car, dans l'un, r amour-propre est à craindre; et pourvu que dans l'autre on soit fidèle et patient, l'on a tout à espérer. Il faut s'abandonner à la Providence, et nous laisser conduire sans nous mettre en peine par quel chemin. Si c'est par celui de la sécheresse, Dieu nous donnera le courage nécessaire pour la soutenir ; si c'est par la voie de la douceur, demandons - lui l'humilité du cœur et de l'esprit, afin de lui rendre, par notre amour, l'hommage de reconnoissance que nous devons à sa bonté.
En voilà assez pour une humble novice que le ciel comble tous les jours de nouvelles grâces, et qui ne sait comment faire pour y répondre. Ne m'abandonnez pas;
et puisque c'est vous qui m avez, pour ainsi dire, remise entre les mains du Seigneur, entretenez-moi sans cesse de ses miséricordes et de mes devoirs. Adieu; je vais de ce pas vous recommander à celui à qui nous devons tout.