‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 145 sur 175 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

omment poiirrois-je mieux commencer ma lettre qu'en vous rapportant les premières paroles que notre Mère nous a adressées ce matin en communauté ? « Que Jésus crucifié soit toute votre confiance ; ne désire/ et ne cherchez que lui. Si quelquun i^eut K>enir après moi^ dit-il, quîl prenne sa croij:^ et qui! me suwe ' . » Ah ! quand c'est un Dieu plein de douceur et de bonté qui nous appelle, qui peut encore nous arrêter ? Il est notre force et notre appui 5 et content de notre zèle et de notre amour , il rachète nos peines par tant de faveurs et de bien-

\ . « Sî quis vult posl me l'entre^ ahneget semetîpsum et follet crucem siiam, et sequatw me . ))Matth., xvi, 24.

faits , que nous ne ressentons que le plaish' et la joie de servir un tel maître. En vérité, lorsque j'envisage cette abondance de grâces dont il me comble , je tremble de n'agir que par intérêt. O mon Dien ! préservez - moi de cette bassesse 5 faites que nous vous aimions uniquement pour vous-même, et que nous n'ayons d'autre crainte que celle de vous offenser. Vous êtes terrible dans vos justices; mais vous êtes plus aimable encore que vous n'êtes terrible. Oui, mon Dieu, quand vous m'accableriez, je ne vous en aimerois pas moins. C'est un sentiment que vous et moi, monsieur, devons avoir profondément gravé dans le cœur. Mais je ne songe pas que je parle à un homme tout plein de zèle et d'amour, et que je ne suis que foiblesse et langueur. Ce n'est pas que j'ose m'en plaindre; je suis contente de tout ce qui plaît à Dieu ; la moindre de ses grâces est encore trop pour moi. Je veux m'abandonner, pour le présent et

l'avenir , à tout ce qui glorifieru le plus mon Dieu ^ je suis à lui par la création et la rédemption , mais plus encore par la volonté. Je ne lui demande que la persévérance à l'aimer.

Page 1