LETTRE XLV
Ce H mai 4 686,
^^j;| endons grâces à Dieu des dispo- Iji, sitions qu'il met en vous ; cepen- ^, dant, quelque imparfaite que je sois, comme vous le pouvez juger aisément, je ne laisse pas de voir mieux sur mes amis que sur moi-même.
Ma sœur Anne-Marie nous a fait part de votre lettre, où nous avons trouvé de grands sujets d'édification ; je n'y vois qu'une chose
à craindre pour vous , c'est ce dësir de retraite, auquel je ne crois pas qu'il soit encore temps de vous arrêter. Dieu vous en ouvrira la porte, si c'est par ce moyen qu'il veut vous perfectionner; mais, selon les apparences, il choisira d'autres voies; ainsi, votre état présent doit seul vous occuper. Demandez -lui humblement des lumières pour vous guider dans ce que vous devez faire, et défiez -vous de vous-même. <■ Mon cœui\ dit le Prophète, s'est obscurci *, » et l'on suit bien plutôt ce qu'il inspire que ce que l'on doit. Il y a en nous un fonds d'amour-propre qui sait si bien tourner toutes nos pensées , que nous ne faisons presque jamais que ce qui nous plaît, et de là vient que nous croyons très -souvent agir pour Dieu , tandis que nous n'agissons que pour nous-mêmes.
Je vous ai prié plusieurs fois de n'avoir