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madame de Valentinois * et les filles de Madame, et ne voulut qu'aucun homme ni d'autres personnes y fussent. Elle dit qu'ils firent cent folies jusqu'à se jeter du vin les uns aux autres, que le Roi lui parla fort et lui témoigna mille bontés ; elle vous assure que ce n'est rien que La Vallière et que tout le tendre va à Madame — »
— <^ Se luîidict Madame d'Apremont
a dit qu'elle vous a vu ce matin à la messe du Roi et que vous aviez fait cent agrémens à mademoiselle de La Vallière Mademoiselle de Fouilloux m'a
voulu faire connoître que madame la Comtesse et même Madame seroient fâchées si elles s'aperce voient que vous faites tant d'a-
cini, sa sœur, la passion violente que le cardinal Mazarin traversa si noblement. La comtesse de Soissons étoit surintendante de la maison de la reine Marie- Thérèse.
1 . Catherine-Charlotte de Gramont, sœur du duc de Guiche, mariée en 1660 à Louis de Grimaldi, duc de Valentinois, prince de Monaco ; morte au mois de juin 1678.
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mitiés à mademoiselle rie La Vallière , mais elle m'a dit de ne vous rien dire encore * »
Si le surintendant essaya, comme on le prétend, de séduire mademoiselle de La Vallière, en lui promettant vingt mille pistoles , ce fut inutilement. Repoussé à titre d'amant, ilauroit, dit- on, ambitionné le rôle de confident, sans être plus heureux. « Mademoiselle de La Vallière , raconte l'abbé de Choisy, coupa court et s'en plaignit, dès le soir même, au Roi, qui ne l'oublia pas"^. .»
Cependant, le teint admirable, l'esprit, la coquetterie, le charme, et pour parler comme madame de La Fayette, l'agrément extraor-
1. Papiers de Foitquet; loc. cit., p. 87 et 103. Nous ne parlons pas ici d'une prétendue leUre de madame du Plessis-Bellière à Fouquet pour lui annoncer le mauvais résultat des propositions qu'il l'auroit chargée de faire à mademoiselle de La Vallière. Voir, à ce sujet, l'appendice, pièce n» 2, p. 189.
9. Mémoires; p. 248. — L'abbé de Choisy parle aussi des propositions qui auroienl été faites, de la part de Fouquet , à mademoiselle de La Vallière ; I D
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dinaire de madame Henriette d'Angleterre, avoient fasciné Louis XIV. Il l'avoit dédaignée jeune fille, il éprouva une inclination très-vive pour elle dans les premiers temps qu'elle fut mariée, et donna en son honneur, pendant l'été de 1661, dans le parc et sous les ombrages séculaires de Fontainebleau, ces fêtes brillantes quiémerveilloient les contemporains. Du même âge et douée du même genre de beauté que Madame, mademoiselle de La Vallière y fut trèsadmirée. Elle débuta, on peut le dire, sur le théâtre delà cour, dans un rôle de Nymphe du ballet des Saisons , que Benserade fit jouer le 26 juillet 1661 et où elle dansa avec le Roi * . C'étoit le moment où les assiduités
mais c'est, évidemment, d'après la fausse lettre dont il est question dans la note ci-dessus. Sous ce rapport, ses assertions ne paroissent être que des conjectures.
\ . Les OEuvres de M. de Benserade ; Ile partie, p. 221, Paris, 1697. — Rien n'indiquoit encore que mademoiselle de La Vallière fût la maîtresse du
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passionnées de Louis XIY pour Madame frappoient tous les yeux. Monsieur lui-même s'en étant plaint, la Reine mère jugea qu'il étoit temps de remédier aux dangers que cette situation des esprits et des cœurs pouvoit amener. Elle mit en avant, pour faire diversion, mademoiselle de Pons, parente du maréchal d'Albret ^ , mademoiselle de Ghe-
Roi. Voici les vers, fort médiocres, que le poëte lui applique :
Cette beauté depuis peu née.
Ce teint et ses vives couleurs, C'est le printemps avec ses fleurs Qui promet une bonne année.
C'est en 1651, au Palais- Cardinal, que le Roi avoit dansé son premier ballet. Depuis lors, on avoit fait tous les ans pour lui un ou deux ballets.
1. Bonne de Pons, mariée en 1666 à Michel Sublet, marquis d'Heudicourt. Madame de Caylus raconte que le Roi ne vit pas mademoiselle de Pons avec indifférence, et qu'il balança même entre elle et mademoiselle de La Vallière ; mais mademoiselle de Pons avoit un oncle (le maréchal lui-même) qui l'aimoit, s'il faut en croire madame de Caylus, et qui la fil partir à temps de la cour.
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meraiit \ fille d'honneur de la Reine, trèscoquette, et enfin mademoiselle de La Vallière que l'on trouvoit , « fort jolie, fort douce , fort naïve, » et qui l'emporta sur ses rivales. Le comte deGuiche^ commençoit à l'aimer , et il étoit de ceux auxquels on ne résiste guère. En voyant la passion naissante qu'elle inspiroit au Roi, il se retira prudemment, comme avoit faitLoménie de Brienne, et devint amoureux de Madame ' .
1. Mademoiselle de Chemeraut épousa, en 1665, le sieur Portail, conseiller au parlement. Elle ne cessa pas, d'après madame de La Fayette, d'être fort intrigante ; elle avoit un grand pouvoir sur l'esprit de Monsieur.
2. Armand de Gramont et de Toulongeon , comte de Guiche, lieutenant général et colonel des gardes françoises. Né en 1637, mort le 29 septembre 1673, à l'âge de trente-six ans.
3. Madame de La Fayette ; loc. cit.^ p. 56 et suiv. — M. Eœderer dit à ce sujet dans ses Méoioires pour ie/vir à l'histoire de la société polie en France ^^. 191 : ce Si la liaison du Roi avec Madame fut très-intime, elle fut du moins très-courte. Madame, disent les uns, trompa le comte de Guiclie ; selon d'autres, le Roi trompa Madame pour mademoiselle de La Val-
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Le coup de foudre qui brisa le surintendant éclata sur ces entrefaites. Quelques amisavoient cependant prévenu le présomptueux ministre. Un de ses correspondans , anonymes pour nous, mais qui signoient de leur écriture, lui ëcrivoit, le 2 août 1661, pour l'engager fortement à ne pas vendre sa charge de procureur général, s'il ne vouloir se priver d'un point d'appui considérable et se livrer, pieds et mains liés , à la malveillance de ses ennemis. Le correspondant ajoutoit : « Madame de Chevreuse a été ici et l'on m'a promis de m'apprendre des choses qui vous sont de la dernière conséquence sur cela, sur le voyage de Bretagne, sur certaines résolutions très-secrètes du Roi et sur des mesures prises contre vous»...* » Fouquet n'écouta rien. Les ap-
lière. Ce qui est certain, c'est que, quatre mois ou environ après l'arrivée de Madame en France, vers le milieu de la grossesse de la Reine, commença l'intîniité du roi avec mademoiselle de Lavallière, v 1. Papiers de Fouquet; loc cil . , 'p. 117
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parences de la faveur l'aveugloient, et peutêtre croy oit-il que, dans la situation où il se trouvoit, l'audace étoit la plus grande des habiletés. Quinze jours après avoir reçu l'avis qu'on vient de lire, le 17 août 1661, il donna à Vaux cette fête qui a été un événement historique dans le règne de Louis XIV. La jeune Reine ne put y assister à cause de sa grossesse, mais le Roi, la Reine mère, Madame et Monsieur y allèrent avec toute la cour. Six mille invitations avoient été distribuées, non-seulement en France, mais dans l'Europe entière. La fête fut merveilleuse. Madame deScudéry, Pellisson, LaFontaine, l'ont dignement célébrée. Molière y donna, pour la première fois, Les Fâcheux^ et le marquis de Dangeau constata, avec sa profondeur d'observation habituelle, « qu'au dîner du sieur Fouquet, le 17 août 1661, il y avoit une superbe montagne de confiture. » On a dit que Louis XIV ayant aperçu le portrait de mademoiselle de La Vallière chez Fouquet, avoit eu la pensée de faire