‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 71 sur 175 · DE LA VALLIERE. CV · texte numérisé non relu

DE LA VALLIERE. CV

le temps. Qu'il me paroît long et que j'ai d'impatience d'en voir arriver le moment ! » Une maladie qu'elle fit à cette époque abattit momentanément son courage.

« Mes vœux les plus vifs et les plus ardens sont de me donner parfaitement à Dieu; et cependant, je suis comme abîmée dans

les ténèbres Toujours dominée par la

malheureuse habitude du péché , sans aucune vertu, j'ai toutes les foiblesses de l'esprit et du cœur Mes affaires n'avancent

point, et je ne trouve nul secours dans les personnes dont j'en pouvois attendre. Il faut que faie la mortif cation d importuner le maitî^e^ et vous savez ce que c'est pour moi. » Importuner le Roi ! Parler d'elle-même et de ses enfans au Roi ! Lui demander son agrément pour se retirer aux Carmélites! Tel étoit alors le supplice de la duchesse de La Vallière , et ce qui Tempêchoit d'exécuter son projet. En même temps, les traitemens différeas qu'elle éprouvoit lui brisoient le cœur. La hauteur méprisante de

LA DUCHESSE

madame de Moiitespan n'avoit d'égale que la froide indifférence du Roi. « Quand j'aurai de la peine aux Carmélites, je me souviendrai de ce que ces gens-là m'ont fait souffrir, » disoit-elle souvent à madame de Maintenon * . La princesse Palatine raconte en outre, que le Roi , pour aller chez madame de Montespan, traversoit la chambre de madame de La Vallière , à laquelle il disoit , en lui jetant son épagneul : « Tenez, madame, voilà votre compagnie, c'est assez^. » Il falloit être la faiblesse même ^ comme elle le disoit encore le 8 février 1674, pour endurer tant et de si cruels aifronts. Cependant, elle ne lenoïl plus qu à un fil^ et mademoiselle de Blois elle-même, si jolie qu'elle fut, n'étoit plus capable de la retenir ; mais il falloit le consentement du Roi, et chaque jour, malgré les résolutions de la veille, le courage lui manquoit. « Quit-

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