CVIII LA DUCHESSE
vain plaisir et d'une bagatelle la remplit et l'occupe , que les louanges et l'estime du monde lui font tourner la tête et l'enivrent de leur fumée? On lui croyoit peu d'inclination « pour la médisance et pour ces bons mots qui percent le prochain jusqu'au vif, et que le monde compte pour rien , pourvu qu'ils fassent rire. » Ce sont, au contraire, « ses péchés favoris , péchés d'autant plus désagréables aux yeux de Dieu, qu'ils plaisent davantage aux hommes et qu'ils sont de malheureux effets de F amour-propre. » S'il faut l'en croire , nul ne prenoit plus aisément qu'elle les impressions des choses qu'elle voyoit, des personnes qu'elle fréquentoit, et ne faisoit plus facilement le bien avec les bons , le mal avec les méchans. A quoi lui servoit-il donc de pouvoir se glorifier d'être une amie généreuse et pleine de probité, de tendresse et de gratitude, si elle étoit pour son Dieu une créature sans foi , sans amitié et sans reconnoissance :*
Dans ces Réflexions , d'un style quelque-