DE LA. VALLIERE. CXI
écrivoit à son ami qu'avec « un naturel un peu plus fort, une main un peu plus forte, » la duchesse de La Vallière auroit brisé ses liens tout à coup ; qu'il avoit traité de sa -vocation avec madame de Montespan 5 qu'on se soucioit peu de la retraite, mais que les Carmélites faisoient peur, et qu'on avoit d'abord couvert cette résolution dun grand ridicule; que madame de La Vallière avoit beaucoup de peine à parler au Roi, et que M. Colbert, à qui elle s'étoit adressée pour le temporel , ne la tireroit d'affaire que fort lentement , si elle n'agissoit avec plus de vigueur. Colbert, en effet, étoit alors tout dans les intérêts de madame de Montespan et désiroit d'autant plus lui complaire que Louvois , de son côté , ne négligeoit rien pour la persuader de son dévouement^ Dans les mois de février et de mars,
1. Teatio Gallico, o i>evo la monarchia délia real casa di Borboni in Francia sotto il regni de Henrico IV, Luigi XIII, JAiigi XIV, ma piu in particolare del re Luigi il Grande, di Gregorio Leti ; t. I, p. 567. — La
CXII LA DUCHESSE
Bossuet aniionçoil au maréchal de Bellefonds que madame de La Yallière avançoit ses affaires à sa manière, doucement et lentement^ que Dieu ne la quittoit point, et que, sans violence, il rompoit ses liens. Un peu plus tard , au commencement d'avril , toute la cour étoit édifiée de sa tranquillité et de sa joie, qui augmentoit à mesure que le temps approchoil. Ses affaires s'étoient disposées avec une facilité merveilleuse, et elle ne respiroit plus que la pénitence. « Gela me ravit et me confond , ajoutoit le grand évêque, je parle et elle fait; j'ai les discours et elle a les œuvres. » Cependant, ces sentimens de la cour se modifièrent dans les derniers jours, car Bossuet écrivit ensuite : « Sa retraite aux Carmélites leui- a causé
véracité de Gregorio Leti est bien contestée ; il contient pourtant, sur le règne de Louis XIV, des particularités qu'on auroit tort de rejeter systématiquement. Ici, entre autres, son opinion sur le désir de Colbert d'être agréable à madame de Montespan se trouve confirmée par la lettre de Bossuet.