CXXIV LA. DUCHESSE
sa vie, d'une manière noble et charmante, et qu'elle étoit d'une beauté dont tous les assistans furent surpris.
La sœur Louise de la Miséricorde étoit donc enfin à l'abri des peines que le monde ne lui avoit pas épargnées ; mais elle y avoit laissé sa famille, ses enfans, et c'est par eux qu'elle souffrit désormais. Peu d'années après son entrée aux Carmélites, elle perdit son frère, à peine âgé de trente- cinq ans*, qu'elle aimoit beaucoup. Préparée à tout, elle sut maîtriser sa douleur au point de ne pas même la laisser paroître. En 1680, mademoiselle de Blois épousa le prince de Gonti , et madame de Sévigné alla faire , à
\. Voir, t. I, p. 193. Madame de Sévigné nous apprend à ce sujet que sœur Louise de la Miséricorde fit supplier le Roi de conserver le gouvernement de son frère dans la famille, pour acquitter les dettes, ce que le Roi lui accorda en lui mandant que « s'il étoit assez homme de bien pour voir une Carmélite aussi sainte qu'elle, il iroit lui dire lui-même la part qu'il prenoit à la perte qu'elle avoit faite. » f Lettre du 16 octobre 1676 '