DE LA VALLIERE. CXXXIII
gnant toujours que l'expiation de ses fautes ne fût pas complète. Le cinq juin, elle se leva, suivant l'usage, à trois heures du matin; mais s'étant presque aussitôt trouvée mal, elle dut se laisser porter à l'infirmerie. Il fallut la forcer de quitter la serge pour se servir de linge. Bientôt, tout espoir de la sauver fut perdu. Sans faire entendre une plainte, quoique ses souffrances fussent des plus vives, elle répétait à chaque instant : Expirer dans les plus çwes douleurs , voilà ce qui convient à une pécheresse . La pauvre sœur Louise de la Miséricorde vit au moins sa suprême prière exaucée. Elle souffrit jusqu'à la fin, exhortant des yeux, quand elle ne put plus parler, la princesse de Conti , sa fille, qu'on avoit mandée en toute hâte, et faisant signe à l'abbé Pirot, son confesseur, qu'elle s'unissoit de cœur à sa prière. Enfin, le 6 juin 1710, à midi, elle rendit le dernier soupir. L'heure de la délivrance avoit sonné.
La princesse palatine raconte que, depuis