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sœur Louise delà Miséricorde vit bien que sa dernière heure étoit proche ; elle accepta la mort avec joie, et toutes les circonstances qui l'accompagnoienl , répétant plusieurs fois : Expirer dans les plus çwes douleurs^ ifoilà ce qui contaient à une pécheresse^ Malgré cette extrême souffrance, nous avons remarqué avec étonnement qu'il ne lui est pas échappé la moindre plainte. Le mal ayant fait la nuit un progrès fort considérable, elle a demandé ce matin les derniers sacremens. Dieu a tout fait pour moij nous a-t-elle dit; il a reçu autrefois dans ce même temps le sacrifice de ma profession; f espère quil recevra encore le sacrifice de justice que je suis prête à lui offrir. Elle s'est confessée et a reçu le saint Viatique avec toutes les marques possibles de piété et de religion. Elle avoit encore communié dimanche avec la Communauté, et lundi et mardi pour célébrer l'anniversaire de sa prise d'habit et de sa profession. Nous espérions avoir du temps pour tenter de II il
nouveaux remèdes; mais une grande foiblesse nous ayant fort alarmées , quoiqu'elle ait très-peu duré. M, Tabbé Pirot, notre supérieur, qui venoit de sortir de Tinfirmerie après lui avoir donné le saint Viatique, est rentré sur Theure pour lui administrer l'Extrême - Onction , qu'elle a reçue avec, une pleine connoissance, une heure avant sa mort. De temps en temps, elle perdoit encore la parole , mais elle entendoit fort bien , et quand M. Tabbé Pirot lui inspiroit de faire à Dieu cette prière : Seigneur^ si. vous augmentez les souffrances^ augmentez aussi la patience^ elle témoignoit par signe qu'elle faisoit intérieurement, de tout son cœur, la même prière. Elle a expiré aujourd'hui à midi*, âgée de soixante et cinq ans et dix mois, et trente-six de religion, laissant la Communauté aussi affligée de sa perte qu'édifiée \ de sa pénitencey Nous \ous demandons pour