I.ETTRB ATTRIBUEE A LA DUCHESSE DE LA YALLIERE
(Extrait des Mémoires de la baronne d'Oberkirch '. )
« ....Madame de La Vallièrenous dit*, entre autres, que sœur Louise de la Miséricorde avoit porté un cilice plus de trois ans avant d'entrer en religion. La famille possède une lettre d'elle
"1. T. II, cbap. XXX, p. 233.
2. Ce passage des Mémoires de la baronne d'Oberkirch se rapporte à la seconde moitié du xviii* siècle.
Bien que la lettre donnée comme authentique par la baronne d'Oberkirch et qtie nous reproduisons, ait trait à l'époque où madame de La Yallière fut abreuvée de. plus d'amertumes, on peut douter cependant, vu la violence des termes et des pensées , jusqu'à la production de la pièce originale, si elle existe encore, qu'elle Tait réellement écrite.
226 I^TTRE DOUTEUSE.
OÙ elle parle à son confesseur de ce cilice que celui-ci reprochoit comme contraire à sa santé. Elle nous cita ce fragment qu'elle me montra plus tard et qu'elle me permit de copier. Le voici textuellement.
« Ah ! mon père , ne me grondez pas de ce « cilice; c'est bien peu de chose. Il ne morc tiQe que ma chair, parce qu'elle a pénhé, c mais il n'atteint pas mon âme qui a plus péc ché encore. Ce n'est pas lui qui me tue, ce c n'est pas lui qui m'ôte tout sommeil, tout re- « pos : ce sont mes remords. C'est surtout le « lâche désir d'en ajouter d'autres à ceux que j^ai « déjà. Et puis ne les vois-je pas chaque jour? « Mes yeux ne suivent-ils pas leurs yeux? Ne « suis-je pas assise à côté de ma rivale, tandis « que lui est à coté d'elle aussi, mais loin de moi? « N'ai-je pas vu?n'ai-je pas entendu? Ah ! mon a père, que Dieu me punisse si je blasphème ! - Je ne sais ce qu'est l'enfer, mais je ne saurois « en imaginer un plus terrible que celui où est a mon coeur, oij il reste néanmoins, où il se coma plaît, car ne plus le voir seroil un autre enfer c auquel il ne s'accoutumeroit point. »
LETTRB AirrOGRAPHB. 227
No 9.
LETTBE AUTOGRAPHE