‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 164 sur 183 · Mémoires; t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires; t. IV, p

3. Correspondance ; t. V, p. 94. a Cela fait demander à tout le monde, ajoute Bussy, où une fille de treize à quatorze ans peut avoir appris comme il faut que les hommes soient faits pour être bien faits. » De son côté, madame de Sévigné avoit écrit, le 22 mars 4 680, trois jours avant la lettre de Bussy, que le prince de La Roche-sur- Yon ayant dit, en voyant danser la princesse de Conti : <f Vraiment, voilà une fille qui danse bien, » cette folie avoit fait rougir ce panvre frère aîné et l'avoit défait à plate couture.

princesse de Gond éclatèrent dans nne ciroonstance qui lui attira de Tifs chagrins soiris d'humiliations bien méritées. Le prince de Conti étoit allé en Hongrie avec son frère et plusieurs autres seigneurs de la cour, pour prendre part à une campagne contre les Turcs. Pendant son absence, elle lui écrivit des noirceurs contre le Roi et contre madame de Main tenon. Les lettres ayant été saisies et portées à Louis XIV, la princesse de Conti comparut devant lui en criminelle , et ne dut son pardon qu^à madame de MaintenoD qu'elle détestoit. Mais le cœur du Roi étoit profondément blessé, et sa tendresse cessa d'être la même , d'autant plus, ajoute madame de Caylus , « qu'il trouvoit journellement bien des choses à redire dans sa conduite '. >

Le prince de Conti étant rentré en France, la princesse déplora de nouveau , sans doute , l'union qu'elle avoit contractée. Son malheur ne fut pas, au surplus, de longue durée. Le prince de Conti mourut, le 9 novembre 1685, à Fontainebleau, de la petite vérole, qu'il avoit gagnée en soignant sa femme, et dont celle-ci guérit, en

4, Souvenirs; p. 473.

|ier(lant loiiterois une panie de sa beauté. Il ne lâisinit point d'cnfans. I.a jeune princesse elle plu» heureuse depuis? On peut en donler <rn lisant ce ]iassage d'une lettre de la I>iui«e de la Miséricoidc au docteur Dodart, qui vtnil probablement le toédecin de l'une et d l'autre, a J'ai une véritable joie que madame I princesse de Conii entre dans la vérité sur loi ceci. Plaise k la bonté du Tout-Puissant de li en donner toute l'intelligence ! J'espère teai raiip, par voirie aliention, pour- Came aaisi bie» ijup pnar le corps de celle pauvre femme '. »

Quels cloient les troubles auxquels cette IcUw fait allusion? Madame de Cayliis dit que, veuve à dix'huit ans , princesse du saog , Wià riche que belle, la princesse de Conti ent de quoi se consoler; qu'elle avoil beaucoup [Jn à M. le duc , son beau-frère, et que, coihtm il étoit fort aimable, il est vraisemblable qu'il lui ayoit plu aussi. Elle auroît pu épouser le ëU de Monsieur, qui devint plus lard le régent. Ellf répondit à Monsieur qu'elle pré féroil la liberté à lout. Ce n'étoit pa.i, on le voit, pour en faire un

excellent usage. Bonne amie poortant et g« reuse , d'une coquetterie extrême , d'un médiocre, c'est toujours madame de CatIo» <pn la juge, elle avoit une humeur capable de ç3atT les meilleures qualités et rendoit la rcoomioi»sance impossible. Avec cet assemblage dlieiircsx dons et de défauts, elle eut aussi peo d^amaiift fidèles que d'amis reconnoissans^. H faut lire dans les Mémoires du duc de Saint-Simon tontes les intrigues où elle se trouve misérablement mêlée. On comprend alors les regrets et lessooliaits de la sœur Louise de la Miséricorde. Souhaits inutiles ! Il y a de certaines humeurs que la mort seule est capable de soumettre. La princesse de Conti fut jusqu'à la fin ce que ses contemporains des jeunes années nous l'ont montrée. £lle mourut au mois de mai 1739, âgée de soixante-douze ans.

Hélas! Étoit-on assez loin du chef-d'œuvre y bien maniéré toutefois, dont parle madame de Sévigné, et de la Fille des amours, de la sylphide enchanteresse qu'avoit chantée La Fontaine?

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