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des contemporains de madama de La Vallière, le comte de Bussy-Rabutln a dit d'elle.
(dvec beaucoup de vérité : « !^|fe aima éperdument la personne du Roi, et l'on vit bien qu'elle l'eût autant aimé si êï^e eût été une grande reine, ou s'il eût été Un simple gentilhomme*. » Madame de.'Qlaylus a écrit, ae son côté :m Elle étoit imbo tendre et vertueuse ; elle aima le Roi , et ncm 1 a Royauté * !l Cette appréciation, que F assentiment général a consacrée, maintiendra toujours, à la duchesse de La Vallière, une place à part dans l'histoire des favorites célèbres. Avant, comme après elle, la morale eut souvent à déplorer en France Timpudique étalage des passions royales. Agnès Sorel , Diane de Poitiers , Gabrielle d'Estrées et la marquise de Verneuil, la marquise de Montespan, la duchesse de Chàteauroux et tant d'autres à la suite, ont eu leur règne plus
i. Mémoires; I. II, p. 3. (Édition L. Lalanne.) 2. Souvenirs ; p. 3t. (Edit. Asselinean.)
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OU moins public. Seule , malgi'é sa fayeur éclatante, ses grands établissemens , ses en* fans publiquement légitimés , la duchesse de La Vallière semble avoir eu , excepté dans un jour d*égarement, l'opinion même de son temps pour complice. Sans doute, un cœur de femme et d'épouse, celui de Marie-Thérèse, eut à souffrir cruellement et longtemps de Tascendant que la maîtresse avoit usurpé ; mais serons-nous aujourd'hui plus sévères que la Reine elle-même, et ne pardonnerons-nous pas à celle qui ne se pardonna jamais? Quelle vie, à la prendre dès ses débuts, comporta plus d'enchantemens et plus de larmes? Qu'on se figure d'abord, si cela est possible, les joies de la jeune fille d'honneur, quand, chastement (éprise du roi le plus beau et le plus puis- [sant que l'imagination pût rêver, elle comprit qu'elle en étoit passionnément aimée. Quel bonheur ensuite d'être l'âme de tous les carrousels, de tous les ballets, de toutes les comédies de la cour la plus brillante de
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l'Europe, et de recevoir, sans aucune vue d'ambition et de grandeur, le secret hommage de celui à qui s'adressoient tous les hommages! Mais bientôt, que de soucis pour ménager une réputation à laquelle on tient par-dessus toutes choses ! Au risque de la santé, de la vie, on veut ôter à la médisance ses prétextes, à la réalité ses apparences. Cependant, la Reine mère étant morte, le Roi ne connoit plus ni modération dans ses désirs, ni entraves à ses volontés. Il fait de Tancienne fille d'honneur, de la mère de ses enfans, une duchesse, et presque aussitôt, terrible réveil ! le bruit ciT^ule tout bas que la nouvelle duchesse est éclipsee. Une spirituelle et periide amie a détrôné celle qui la première avoit détrôné la Reine. C'est alors que commence un supplice de tous les jours, qui dura sept années. Un cœur plus résolu s'y arracheroit à l'instant même. Parer une rivale pour celui qu'on a aimé avec tant de désintéressement, et que l'on aime encore, quelle expiation et
DE LA YALLIERE.
quel enfer au milieu de la cour et de ses fêtes ! Heureusement, un ami des jours brillans, que la foi a ramené à Dieu, console et conseille la pauvre délaissée; un grand évêque , la gloire et Thonneur de la France, vient à son aide et soutient ses premiers pas dans les voies de la grâce. Peu à peu, les obstacles qui paralysoient sa vocation sont levés , les liens qui Tattachoient au monde se dénouent, et le monde assiste, curieux et touché, à ce spectacle toujours émouvant d'une âme blessée, qui va demander à Dieu, dans les austérités du cloître, le pardon du passé et l'espérance pour l'avenir. Telle fut , en se bornant aux traits principaux , la vie de Louise-Françoise/Vle La
Baume Le Blanc, duchesse de La Yallière. Les détails qui suivent montreroat si ce résumé est fidèle. Elle étoit née lé 6 août
1644, de Laurent de La Baume le Blanc^
seigneur de La Vallière*, dont la noblesse
i . Voir à r Appendice, pièce n® i, p. i de naissance.
son acta