DE LA YALLIERE. LI
passionnées de Louis XIV pour Madame frappoient tous les yeux. Monsieur lui-même s'en étant plaint, la Reine mère jugea qu'il étoit temps de remédier aux dangers que cette situation des esprits et des cœurs pouvoit amener. Elle mit* en avant, pour faire diversion, madeinoiselle de Pons, parente du maréchal d'Albret * , mademoiselle de Che-
Roi, Voici les vers, fort médiocres, que le poëte lui applique :
Cette beauté depuis peu née, Ce teint et ses vives couleurs, C'est le printemps avec ses fleurs Qui promet une bonne année.
C'est en 1651, au palais Cardinal, que le Roi avoit dansé son premier ballet. Depuis lors, on avoit fait tous les ans pour lui un ou deux ballets.
1. Bonne de Pons, mariée en .1666 à Micbel Sublet, marquis d^Heudicourt. Madame de Caylus raconte que le Roi ne vit pas mademoiselle de Pons avec indifférence, et qu'il balança même entre elle et mademoiselle de lia Vallière ; mais mademoiselle de Pons avoit un oncle (le maréchal lui-même) qui Paimoit, s*il faut en croire madame de Caylus, et qui la fit partir à temps de la cour.
LU LA DUCHESSE
meraut*, fille d'honneur de la Reine, trèscoquette, et enfin mademoiselle de La Val- Hère , que l'on trouvoit « fort jolie, fort douce , fort naïve, » et qui Temporta sur ses rivales. Le comte deGuiche* commencoit à l'aimer , et il étoit de' ceux auxquels on ne résiste guère. En voyant la passion naissante qu'elle inspiroit au Roi, il se retira prudemment, comme avoit faitLomènie de Brienne, et devint amoureux de Madame ' .
1. Mademoiselle de Chemeraut épousa, en 1665, le sieur Portail, conseiller au parlement. EXLe ne cessa pas, d'après madame de La Fayette , d*étre
ort intrigante ; elle avoit un grand pouvoir sur Pesrit de Monsieur.
2. Armand de Gramont et de Toulongeon , comte de Guiche, lieutenant général et colonel des gardes françoises. NéenJ637, mort le 29 septembre
1673, à rage de trente-six ans.
3. Madame de La Fayette ; loc, cit,y p. 56 et suiv. •«<- M. Rœderer dit à ce sujet dans ses Mémoires poat servir à r histoire de la société polie en France ^i^, 191 : c Si la liaison du Roi avec Madame fut très-intime, elle fut du moins très- courte. Madame, disent les uns, trompa le comte de Guiclie ; selon d'autres/le Roi trompa Madame pour mademoiselle de La Val-