DE LA VALLIERS. LUI
Le coup de foudre qui brisa le surintendant éclata sur ces entrefaites. Quelques amis avoient cependant prévenu le présomptueux ministre. Un de ses correspondans , anonymes pour nous, mais qui signoient de * leur écriture, lui écrivoit, le 2 août 1661, pour l'engager fortement à ne pas vendre sa charge de procureur général, s'il ne vouloir se priver d'un point d'appui considérable et se» livrer, pieds» et maîns liés , à la malveillance de ses ennemis. Le correspondant ajoutoit : « Madame de Chevreuse a été ici et Ton m'a promis de m'apprendre des choses qui vous sont de la dernière conséquence sur cela, sur le voyage de Bretagne, sur certaines résolutions très-secrètes du Roi et sur des mesures prises contre vous....* » Fouquet n'écouta rien. Les ap-
lière. Ce qui est certain, c'est que, quatre mois ou environ après l'arrivée de Madame en France, vers le milieu de la grossesse de la Reine, commença Tin* . limité du roi avec mademoiselle de La Vallière. » 1 Papiers de Fouquet; loc. cit., p. 117.
LIV LA DUCHESSE
parences de la faveur Taveugloîent, et peutêtre croy oit-il que, dans la situation où il se trouvoit, Taudace étoit la plus grande des habiletés. Quinze jours après avoir reçu l'avis qu'on vient de lire, le 17 août 1601, il donna à Vaux cette fête qui a été un événement historique dans le règne de Louis XIY. La jeune Reine ne put y assister à cause de sa grossesse , mais le Roi , la Reine mère , Madame et Monsieur y allèrent avec toute la cour. Six mille invitations avoient été distribuées, non-seulement en France, mais dans TEurope entière. La fête fut merveilleuse. Madame deScudéry, Pellisson, La Fontaine, l'ont dignement célébrée. Molière y donna, pour la première fois , les Fâcheux y et le marquis de Dangeau constata, avec sa profondeur d'observation habituelle, « qu'au dîner du sieur Fouquet, le 1 7 août 1 661 , il y a voit une superbe montagne de confiture. » On a dit que Louis XIV ayant aperçu le portrait de mademoiselle de La Vallière chez Fouquet, avoit eu la pensée de faire