DE LA YALLIERE. XCIX
étûit loin où, irappée du vertige de la faveur, elle avoit, en face de la cour, coupe de toute la vitesse de ses chevaux, la voiture de la Reine, pour voir le Roi la première. S'il faut en croire mademoiselle de Montpensier, le maréchal Hp Kpllpfnnrts ia~ vit souvent à cette époque, et il lui indiqua, pour la diriger, le P. Sécar, qui lui conseilla de se taire (Carmélite. De son côté, la mère de la duchesse de L>a Vainere
geoit a quitter la cour. Elle auroit voulu
sans doute vers cette époque qu'un contemporain de madame de La Vallière fit un sonnet où elle reproche au Roi son inconstance. Ce sonnet, qui circula alors en manuscrit , paroit avoir été imprimé pour la première fois dans La vie de la duchesse de La Val- Hère, par ***. Cologne, 1693, in-12, p. 299. Nous en citerons seulement quelques vers :
Tout se flétrit , tout passe et le cœur le plus tendre Ne peut d*un même objet se contenter toujours. Le passé n*a point eu d'éternelles amours , Et les siècles futurs n*en doivent point attendre....
Amour, à qui je dois tout mon mal et mon bien , Que ne lui donniez-vous un cœur comme le mien , Ou que ne faisiez-vous le mien comme les autrea?
C liA DUCHESSE
élever les enfans de sa fille, mais Louis XIY s'y opposa formellement. Il estimoit peu la marquise de Saint-Remy, et il n'auroit pas cru en sûreté les pierreries de madame de La Yallière , dont la fortune passoit pour être considérable^. Il ne lui permet- •toit même que très-rarement de la voir. On avoit dit un moment à la cour que le duc de Longueville' en étoit amoureux et vouloit l'épouser ; on avoit parlé aussi du fameux Lauzun , mais ces bruits furent bientôt dé< mentis. Vers la fin de Tannée 1673, les projets de retraite aux filles de Sainte-Marie
i. Elle avoit possédé notamment, à Versailles, un terrain où elle avoit fait élever un payillon donnant sur la rue de la Pompe. Louis XIV racheta ce terrain en 1672 pour y faire construire le» écuries de la Reine. Le pavillon dont il s*agit sert aujourd'hui de magasin pour les grains de la guerre. (Histoire anecdotique des rues de Versailles^ par M. lie Roi; t. I, p. 142.)
2. Charles-Paris d'Orléans, comte de Saint-Paul, puis duc de Longueville. Né le 20 janvier 1649 à l'hôtel de ville de Paris ; mort en juin 1 672 , au passage du Rhin.
DE LA YALLIÈRE. Cl
de Chaillot circulèrent de nouveau. Madame de La Vallière y avoit une amie, mademoiselle de La Motte- Argencourt*, ancienne fille d'honneur d'Anne d'Autriche qui, l'ayant renvoyée de la cour, l'avoit mise dans ce couvent, où elle resta jusqu'à sa mort, avec la libertç toutefois de se promener et de sortir à son gré. Madame de La Vallière avoit songé, dit-on, à se retirer à Chaillot dans ces conditions; mais Louis XIV ne le voulut pas, et il fallut obéir*, au risque de s'exposer aux interprétations les moins charitables. En effet , madame de Sévigné écrit, de son style le plus moqueur, le 15 octobre 1673 : « Madame de
i . Madeleine de Conti de La Motte-Argencourt. £lle aTDit été, dit'On, la première inclination un peu TÎve de Louis XIV. Alarmés de la passion qu*il avoit pour elle, Mazarin et la Reine prouTcrent au Boi , par des lettres achetées, qu'il avoit un rival plus aimé que lui. La fille d'honneur dut entrer, par suite, au couvent de Chaillot. Elle vivoit encore en 1689.