‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 50 sur 183 · DE LA TALLIERE. CXIX · texte numérisé non relu

DE LA TALLIERE. CXIX

et qui TaToit conduite au port, prononceroît le sermon pour la vêture ; maïs Bossuet suivoit alors la cour. A peine entrée aux ^ Carmélites , elle y avoit , écrivit-elle , goûté une tranquillité et une satisfaction si pure et si parfaite , qu'elle étoit dans l'admiration des bontés de Dieu * . L'évangile du jour fixé pour sa prise de voile , étoit celui de la Brebis égarée et du Bon Pasteur. L'évêque d'Aire, qui prononça le sermon, fut réellement éloquent et seconda à merveille l'émotion qui étoit dans tous les cœurs. La cérémonie de la vêture fut des plus touchantes et le sacrifice de sœur Louise de la Miséricorde fit couler plus d'une larme. « Hn présence d'une grande multitude , dit un écrivain du temps, elle reçut l'habit bénit par l'archevêque de Paris. Ensuite, elle se retira avec les religieuses, prit le cilice, mit l'habit blanc de laine grossière sur la chair,

\ . lettre au maréchal de Bellefond», du 22 avril

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et 9 nu - pieds , avec des sandales , elle retourna devant l'autel*. » Quand, au moment fixé, cette ondoyante et blonde chevelure , un des signes particuliers de sa beauté, tomba sous le ciseau /fatal, une pitié douloureuse se peignit sur tous les visages. Parmi les contemporains de la duchesse de La Vallière, c'est assurément la princesse palatine (on ne s'y seroît pas attendu) qui en a parlé avec le plus de cœur. « Je fus bien touchée, dit-elle, de voir cette charmante créature prendre une pareille résolution, et, lorsqu'on la mit sous le drap mortuaire , je me mis à pleurer si amèrement, que je ne pus me laisser voir davantage. Quand la cérémonie fut faite, elle vint me trouver pour me consoler, et elle me dit qu^il falloit la féliciter et non la plaindre, puisqu'elle commençoit, dès ce moment, à être heureuse*.» Un an après,

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