‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 66 sur 183 · PREMIÈRE RÉFLEXION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÉFLEXION

îur les obligation ne tient que de sa miséricorde, et de ne plui retomber dans le péché.

lue TOUS rendrai-je, mon Dieu, Ml ft pour m' avoir rendu la santé et la ■^'t vie, pourm'avoir retirée desportes de l'enfer, pour avoir conservé mon âme, en-

fin pour tant de grâces et de miséricordes dont vous avez usé envers votre pauvre servante?

Est-ce trop, mon Dieu, pour reconnoitre tant de bienfaits, est-ce trop que de vous les rendre? Est-ce trop pour réparer les scandales d*une vie où je n^ai &it que vous offenser, que de l'employer tout entière à vous servir et à vous honorer ? Est-ce trop, pour satisfaire à votre justice,, et vous faire oublier tant de plaisirs profanes, est-ce trop que de m'en priver?

Enfin, est-ce trop, mon Seigneur, pour me garantir d*une éternité malheureuse, que de n'aspirer plus qu'à la félicité éternelle, à la possession de vous-même, à ce torrent de vos voluptés divines' dont vous rassasiez vos élus ?

Maintenant que votre lumière éclaire ma

i. La deuxième édition et les suivantes portent: c de vos bontés divines. » L'Écriture dit, à propos de la félicité dès saints : c Inebriabuntur ab uùerMe domus tu» et t or rente voluptatis tum potabis eas, >

Ps, XXV.

SUR LA MISÉRICORDE DE DIEU. lî

raison , et que votre grâce pénètre mon cœur; maintenant que le souvenir de l'état pitoyable d'où vous venez de me lirer me trouble et m'inspire néanmoins la confiance de vous adresser ma prière, ne souffrez pas, Seigneur, que je retombe dans cette léthargie et ce pernicieux oubli de mon salut, . ou que, sans remords et sans inquiétude, je m'endorme à l'ombre d'une funeste mort.

Que l'image de cette fin dernière, de ce moment affreux où vous jugerez nos justices, et où mon âme toute couverte de crimes, sans pénitence et sans confusion, s'est vue toute prête de recevoir le dernier coup de mort, ne s'efface jamais de ma mémoire, non plus que de mon cœur ces infinies miséricordes qui ont arrêté vos foudres et vos vengeances.

Que la joie que je sens du retour de ma vie ne soit pas une funeste joie qui m'ôte votre grâce et me redonne au monde; que tous ces vains fantômes, qui ne sont

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pas encore bien efTacés de mon esprit, n'y reprennent jamais la place de ces solides vérités que vos miséricordes y viennent de graver.

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